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Le trophée du football Mondial féminin présenté à Yaoundé

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Bernadette Anong observe avec curiosité tout ce petit monde qui s’agite dans l’une des pièces de l’hôtel la Falaise à Yaoundé. De mémoire, l’ex-internationale, aujourd’hui sélectionneur adjoint des Lionnes indomptables, n’avait jamais vu autant de représentants de médias réunis pour l’équipe du Cameroun de football féminin.

De quoi sentir de fortes larmes monter. Capitaine des Lionnes jusqu’en 2005, elle n’a jamais pu participer au Mondial féminin comme joueuse. A 79 jours du Mondial de football féminin (Canada, du 6 juin au 5 juillet prochains), le trophée du vainqueur poursuit son tour du monde. Après la tournée sud-américaine, le Cameroun est la première étape du périple africain avant le Nigeria et la Côte d’Ivoire, autres pays qualifiés du continent. C’est la première fois que cette tournée en 80 jours, sur les traces de Phileas Fogg, est organisée autour du projet « Live your goals». Pour sa première participation, le Cameroun occupera la poule C (Vancouver) avec l’Equateur, le Japon (tenant du titre) et la Russie.

Leila Garga, officier de développement et chef de la délégation de la Fédération internationale de football association (Fifa), escorte le trophée en or massif à la texture fine et courbe, supplanté d’un ballon doré. L’événement a glané du monde. Outre des membres du Comité de normalisation, des joueuses du championnat local, des promoteurs suspendus pour cinq ans, des promoteurs en fonction et d’anciennes gloires. De Mike Ndoumou en passant par Marie Machengue dit Kunde, Rosalie Mateng à Bessong et autres Salomé Joëlle Abodo Tenga, l’on a assisté à une grande communion. On se bouscule. Chacun veut avoir son moment avec la « coupe ».

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Marie-Aurelle Awona, internationale camerounaise, qui a dit oui à la sélection, passe ses premiers jours dans la tanière. Le regard perdu, de nombreuses pensées se bousculent dans sa tête. « Je suis fière pour les filles. Je suis désolée de ne l’avoir pas fait avec elles. J’aurais aimé être là pendant la qualification. J’aurais dû vivre ce moment. Voir le trophée sous mes yeux, c’est énorme », raconte-elle à CT. La présence du trophée lui offre-t-il une occasion de sentir une pression supplémentaire à quelques mois du mondial ? Pas du tout. Les mains dans les poches de son survêtement, elle fait le tour du joyau présenté hier au cours d’une matinée d’échanges autour de la discipline.

Plus loin, Augustine Edjangue Siliki, Gabrielle Aboudi Onguéné et douze autres coéquipières sont sans voix. Pour elle, la coupe du monde a commencé. Ce tournoi sera une occasion en or pour Christine Patience Manie, Annette Flore Ngo Ndom, Grâce Ngock Yango… de confirmer les dires du sélectionneur sur leurs capacités. Le défi sera immense puisque pour la première fois, 24 pays, contre 16 en 2011, seront présents au Canada. Elles iront dans ce pays d’Amérique du Nord avec un appétit d’ogresse, celui d’apprendre le maximum. Mais avant, elles ont la tête au match du week-end. Dimanche, elles affrontent en effet l’Ethiopie à Addis-Abeba, en match aller du dernier qualificatif des 11es Jeux africains. Médaillées d’or en 2011, elles veulent y être. De son côté, Enow Ngachu peut ressentir les attentes autour de son équipe. C’est clair : « les choses sérieuses ont commencé ».Le Mondial servira à valider les progrès sportifs des Lionnes qui ont connu une ascension épique depuis sa prise de fonction en 2008.

Le football féminin prend son envol au Cameroun. Malgré le retour du championnat à 10 (disputé à 14 l’an dernier), la polémique autour de la rétrogradation de huit et la suspension des promoteurs, le football féminin donne envie.

Angèle BEPEDE

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