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Le sous-préfet de Bétaré-Oya scelle Aes/Sonel pour cause de délestage

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La mise hors service d’un des deux transformateurs entraîne la fermeture temporaire de la centrale thermique de Bétaré-Oya la ville aurifère.
Mercredi 19 février 2014, alors que les employés d’Aes/Sonel en service à la centrale thermique de Bétaré-Oya arrivent sur leur lieu de travail, c’est un gros cadenas qui les accueille au portail principal. Des témoins affirment que «c’est le sous-préfet qui est venu sceller cet endroit pour protester contre l’obscurité qui enveloppe sa résidence depuis quelques jours». Des propos confirmés par un employé de la radio locale qui accompagnait Simon Etsil au cours de cette descente musclée dans laquelle le chef de terre avait également embarqué «tout son état-major». Pourtant, à Aes/Sonel, on estime que « le sous-préfet de Bétaré-Oya n’avait pas à se déplacer pour un incident dont [elle] n’est pas responsable» et pour laquelle elle est en train d’apporter des solutions.En effet, souligne John Sanyi, le sous-directeur régional de cette entreprise à l’Est, « Aes Sonel a expliqué au sous-préfet que tout était mis en branle pour remplacer le transformateur en panne. Mais n’ayant pas ce type de matériel dans nos magasins de Bertoua, il [lui] a fallu passer la commande à Douala».

Finalement, atteste Christian Fils Bahiengnaga, le conducteur de la centrale thermique de Bétaré-Oya rencontré vendredi 28 février 2014 en début de soirée, «c’est un transformateur de 160 Kva qui va remplacer celui de 100 Kva hors d’usage depuis la nuit du 21 février 2014». Comme en novembre 2012 lorsque l’autre transformateur, de 100 Kva également, avait cramé du côté de la mission catholique. Et, selon des sources concordantes approchées dans les deux camps, « Simon Etsil avait exigé qu’on remplace le transformateur en panne par celui de la mission catholique».

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Au courant de ce projet, les populations concernées se préparaient déjà à s’opposer à la mesure du chef de terre. Dos au mur, Simon Etsil a alors usé de son « autorité » pour mettre la pression sur Aes/Sonel. En scellant la centrale thermique isolée, il lançait un ultimatum allant dans le sens de « sa réouverture une fois sa résidence éclairée». De manière sous-jacente, des sources bien introduites évoquent « des soupçons de collusion entre les responsables locaux de Aes/Sonel et les commerçants, surtout propriétaires des débits de boisson et de restaurants ». Mais une descente sur place montre plutôt qu’en plus du quartier administratif, le centre commercial était touché, dont la plupart des débits de boisson et de restaurants dont les promoteurs auraient corrompu les agents de Aes/Sonel de Bétaré-Oya.

Dénouement

Finalement, « l’énergie électrique a été rétablie le 1er mars 2014 aux environs de 18 heures », indique John Sanyi, le sous-directeur régional d’Aes Sonel. Au terme d’un déploiement « qui nous coûte à peu près 15 millions FCfa». Ces dépenses viennent s’ajouter aux «24 millions FCfa représentant la consommation mensuelle de carburant estimée à 1.600 litres». Des chiffres dévoilés concomitamment par Seydou Moundé, le chef de centre commercial de Garoua-Boulaï, avec compétence sur Bétaré-Oya, et Christian Fils Bahiengnaga, le conducteur de la centrale thermique de Bétaré-Oya. Ce dernier explique que «cette centrale thermique ouverte produit 380 Kw d’énergie électrique avec une pointe de 350 Kw de 18 h 30 à 21 h ». Dans le même temps, souligne Seydou Moundé, «au plus 4 millions FCfa rentrent dans nos caisses. Ce qui revient à un gap de 21 millions par rapport aux dépenses effectuées mensuellement. L’incivisme des clients est très caractérisé et ce à double titre. D’abord, ils rechignent à payer ce qu’ils nous doivent et nous sommes toujours obligés de faire de la répression. Ensuite, il y a une exagération du phénomène de fraude sur nos lignes. Au point qu’elles sont immédiatement rétablies après un balayage. Cela s’explique par le retour dès le lendemain, et sans que les concernés aient réglé leurs dettes, des pointes maximales».


Ange-Gabriel OLINGA B.

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