Société

Le résultat de la présidentielle nigériane est une bonne nouvelle pour des camerounais

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Un fait peu habituel, au lendemain de l’annonce de la désignation du nouveau dirigeant nigérian suite au scrutin présidentiel tenu samedi et dimanche, le chef de l’Etat camerounais Paul Biya a félicité Muhammadu Buhari pour sa « brillante élection » face au président sortant Goodluck Jonathan dans un message officiel lu mercredi par la radio publique (CRTV).

A 72 ans, l’ancien général de l’armée Muhammadu Buhari est porté au pouvoir cette fois au terme d’un vote démocratique après trois tentatives en 2003, 2007 et 2011, dans un contexte marqué par l’insécurité dans le Nord du pays due aux activités terroristes de la secte islamiste Boko Haram.

Il a fait de cette menace son principal thème de campagne avec le redressement de l’économie nationale actuellement mal point, avec une forte dépréciation du naira, la monnaie nationale, au point de s’attirer la sympathie d’une bonne partie des électeurs nigérians, qui lui ont par conséquent préféré au président sortant Goodluck Jonathan.

Ce dernier était accusé de passivité tant par les populations du Nord du Nigeria que par certains pays voisins comme le Cameroun, très touché par les exactions du groupe terroriste.

Entre le président Paul Biya et son homologue, une atmosphère de tiédeur se manifestait dans les relations bilatérales, à cause justement de la gestion de ce dossier, à en croire des sources proches du pouvoir à Yaoundé.

Au sein de l’opinion publique camerounaise, bien des personnes considèrent l’élection de Muhammadu Buhari comme une bonne nouvelle pour la lutte contre Boko Haram.

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« On peut considérer que le nouveau président étant du Nord et étant musulman peut mieux gérer le problème de Boko Haram », a estimé à Xinhua le géostratège Joseph Vincent Ntuda Ebodé.

Pour l’universitaire, la casquette de militaire de formation est autre argument pour penser que le successeur de Goodluck Jonathan pourra aussi mieux comprendre le sens de l’Etat de la stabilité.

« Cela étant, si le Nigeria a au Nord Boko Haram, il a aussi au Sud la piraterie maritime », nuance-t-il, cependant, évoquant un phénomène qui fragilise le Delta du Niger au Sud-est du Nigeria qui s’est souvent transporté vers le Cameroun par des attaques et des prises d’otages menées par des groupes armés nigérians.

Les deux pays, qui partagent une longue frontière commune de plus de 2.000 km, avaient été opposés par un long conflit frontalier et armé qui avait pris en 2008 après la rétrocession officielle au Cameroun, en application d’une décision de la Cour internationale de justice (CIJ) basée à La Haye aux Pays-Bas, de la presqu’île de Bakassi, revendiquée par le Nigeria et envahie par son armée en 1993.

La normalisation des relations bilatérales consécutive à la résolution de cette crise a permis l’accroissement des échanges commerciaux, à tel point que le Nigeria est classé depuis 2012 premier fournisseur du Cameroun.

© Source : Xinhua

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