Features

Le prisonnier Enoh Meyomesse malade

Enoh-Meyomesse-maquis

Condamné à sept ans de prison par le tribunal militaire de Yaoundé, l’homme politique soufre des problèmes nerfs et de douleurs articulaires, selon ses proches.

Selon les sources à la prison centrale de Yaoundé, Enoh Meyomesse, le président du parti de la Renaissance nationale (Parina), est actuellement dans un mauvais état de santé. Condamné en 2012 à sept ans d’emprisonnement ferme par le tribunal militaire de Yaoundé, pour complicité de braquage à main armée et vente illégale d’or, Enoh Meyomesse, 57 ans, a obtenu vendredi dernier de la part du régisseur de la prison centrale de Yaoundé, une autorisation d’aller dans un hôpital pour se faire consulter. Rendu le même jour à l’hôpital de la garnison militaire, le candidat recalé lors des élections présidentielles, tenues en octobre 2011, a regagné sa cellule où il séjourne depuis novembre 2011, année à laquelle il avait été arrêté à l’aéroport international de Yaoundé.

Un an plus tard, l’accusé avait été condamné à sept ans d’emprisonnement ferme et avait ensuite écopé d’une amende de 200.000F.Cfa. Il était poursuivi pour vente illégale d’or et complicité de braquage à main armée. Jointe hier au téléphone, Bergeline Domou, membre du collectif pour la libération de l’écrivain et homme politique, a expliqué qu’Enoh Meyomesse s’est effondré dans les toilettes de la prison centrale de Kondengui, dans la nuit de mercredi dernier. D’après des proches de l’homme politique, il souffre des problèmes de nerfs ainsi que des douleurs articulaires. Enoh Meyomesse ira à nouveau ce jour, rencontrer un neurologue à l’hôpital de la garnison militaire de Yaoundé. Bergeline Domou explique que le régisseur de la prison est en train de tout faire pour qu’Enoh puisse être hospitalisé ce jour.

Liberté provisoire attendue

Le 27 décembre 2012, Enoh Meyomesse est condamné par le tribunal militaire de Yaoundé, à sept ans d’emprisonnement ferme. Quelques mois après la décision rendue au tribunal militaire, son avocat a décidé d’interjeter appel. L’affaire est encore pendante devant la Cour d’appel du Centre. Le 4 septembre dernier, le tribunal devait décider sur la demande de mise en liberté provisoire que son conseil a introduite au lendemain de sa condamnation. C’est plutôt le 18 septembre prochain que la Cour d’appel devra se prononcer .

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Me Beling, le conseil d’Enoh Meyomesse, s’indigne pourtant du fait que la procédure n’avance pas depuis quelques mois « Depuis la condamnation d’Enoh Meyomesse, la défense essaie de tout faire pour prouver son innocence. Depuis que nous avons fait appel, le ministère public ne présente aucun témoin à charge. Chaque fois que nous allons au tribunal, les choses n’avancent pas. Nous avons observé plusieurs irrégularités au tribunal militaire de Yaoundé, lors de cette procédure », explique l’avocat.

La défense soutient également qu’Enoh Meyomesse était poursuivi pour complicité de vol à main armée. Il n’était pas poursuivi comme l’auteur. « Le principal accusé a écopé de deux ans d’emprisonnement ferme alors que le complice en a eu sept ans, cela n’est pas normal, nous allons utiliser tous les moyens légaux pour montrer que la procédure montée contre Enoh meyomesse, n’est basée sur aucun fondement juridique », relève Bergeline Doumou, membre du collectif pour la libération de l’écrivain.

Le début de l’affaire

Le 22 novembre 2011, Enoh Meyomesse est interpellé par les gendarmes à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen alors qu’il revient de Singapour. L’homme politique avait été conduit le même jour au Secrétariat d’Etat à la défense, en charge de la gendarmerie. Dans la nuit du 23 novembre, Enoh Meyomesse avait été conduit à la légion de gendarmerie de Bertoua, où il a été placé en garde à vue pendant un mois, avant d’être transféré à la prison de Kondengui. Son Kanga, un gendarme avait écopé neuf mois d’emprisonnement ferme dans la même affaire.

Benoît Ndi et Bernard Manda, les deux autres accusés ont écopé de deux ans emprisonnement pour le premier et de trois ans pour le second. L’écrivain et homme politique Enoh Meyomesse, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Il dénonce un procès politique qui commence au lendemain de la déclaration de sa candidature lors de la dernière élection présidentielle au Cameroun. C’est pour cette raison que quelques personnes ont décidé de mettre en place un collectif pour sa libération. Le collectif dénommé « CLe », est constitué d’écrivains, d’étudiants et de militants des droits de l’homme.

© Le Jour : Prince Nguimbous

Populaires cette semaine

To Top