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Le père du bébé volé raconte les circonstances de l’enlèvement

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Vincent Kamgang le père du nourrisson enlevé le 29 mars, quelques heures après sa naissance au Centre médical de la Police à Yaoundé, veut en savoir davantage sur l’enquête en cours.

C’est un Papa abattu que nous avons rencontré le dimanche 5 avril. Plus d’une semaine après l’enlèvement de son bébé, il n’a toujours aucune nouvelle de celui-ci. Avant toute chose, Vincent Kamgang a tenu à revenir sur les circonstances de cet enlèvement. « Mon épouse a été admise au Centre médical de la Police le mercredi 25 mars. Elle en est ressortie le samedi 28 mars à 10h, ceci parce que la gynécologue qui la suivait a dit qu’elle ne serait pas présente au Centre durant le week-end. Elle avait donc suggéré à ma femme de revenir mardi (31 mars, Ndlr). Curieusement dans la même nuit de samedi (28 mars), les contractions ont commencé.

Nous sommes retournés au Centre vers 1h. Ma femme a accouché dimanche aux environs de 10h40. Après son accouchement, nous avons été conduits dans une salle où, accompagnés du nouveau né et d’une de mes filles, nous avons passé une partie de l’après-midi. Aux environs de 14h, j’ai demandé à ma fille d’aller à la maison chercher de quoi manger. Au regard des difficultés que mon épouse a eues pour accoucher, pour nous deux, c’était une victoire. Au lieu de rentrer directement, j’ai décidé d’assister à la dernière messe. La paroisse la plus proche était celle de Christ roi de Tsinga. J’ai quitté l’hôpital à 17h55 pour ladite paroisse. J’ai laissé ma femme dans la salle avec une autre dame.

A peine la messe a commencée, je vois mon téléphone vibrer. Lorsque je décroche, j’entends des pleurs. Quelqu’un d’autre arrache le téléphone et me demande de rentrer immédiatement à l’hôpital. À l’instant, j’ai cru que l’enfant était décédé. Lorsque j’arrive à l’hôpital, ma femme me dit que l’enfant n’est pas décédé mais qu’on l’a plutôt enlevé », raconte le papa encore sous le choc. Selon certains témoins, après le départ de Vincent Kamgang pour l’église, Judith Viviane Djuala, la mère du bébé enlevé, et la dame avec qui elle partageait la salle se sont endormies. C’est lorsque la mère du nourrisson se réveille pour décrocher son téléphone aux environs de 18h20 qu’elle constate que le bébé a disparu.

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« Juste après cet enlèvement de mon bébé, Martin Mbarga Nguélé, le délégué général à la Sûreté nationale, nous a assuré qu’il ferait tout pour retrouver le bébé dans les 48h qui suivaient. Nous sommes aujourd’hui (5 avril. Ndlr) à sept jours et je ne sais plus quoi faire, surtout que depuis lundi mon épouse est enfermée dans une des salles de ce même Centre médical de la Police. Et depuis vendredi (3 avril), on m’empêche de la voir », confie Vincent Kamgang.

Privée de son bébé et de sa liberté

Jointe au téléphone hier, Judith Viviane Djuala confirme les dires de son époux. «Depuis lundi (30 mars), je suis gardée dans une chambre du bloc chirurgie du Centre médical de la Police. Je suis avec ma cousine. Le directeur du Centre m’a fait savoir que c’est pour ma sécurité. Je reçois des soins, mais il n’autorise personne à me voir, même pas mon mari. Je ne me sens vraiment pas bien. Je suis triste. Ma fille aînée est malade et est internée à la fondation Chantal Biya. La deuxième, je ne sais même pas où elle passe ses journées. Ici, on ne me dit pas quand je vais être libérée », explique la mère du bébé d’une faible voix. Selon l’époux de celle-ci, cette « garde à vue » n’est en réalité qu’une façon de distraire la famille du véritable objectif qui est de retrouver le bébé. « Au départ, j’ai cru que c’était pour éviter que la presse ne la dérange. Mais lorsqu’on m’empêche, moi, son mari, de la voir, je commence à m’inquiéter.

J’ai fait confiance au Dgsn mais je suis en train de me rendre compte qu’on me distrait. Parce qu’actuellement tout le monde ne se préoccupe plus du fait que ma femme soit enfermée et encore moins du bébé enlevé. Je ne sais pas à quel niveau se trouve l’enquête. Tous les jours je suis à la Police judiciaire pour des interrogatoires. Je constate que l’enquête n’évolue pas », déclare Vincent Kamgang. A la direction régionale de la Police judiciaire, l’inspecteur de police principal en charge de ladite enquête a refusé de se prononcer sur le sujet. Cependant, des sources policières font savoir que certains personnels du Centre médical de la Police auraient été interpelés dans le cadre de cette affaire. Vincent Kamgang souhaite que l’enquête soit retirée à la Police pour être confiée à la Gendarmerie. Ceci parce que, pense-t-il, « un service de la police ne peut pas faire une enquête sur la police de façon neutre. » Il l’a d’ailleurs fait savoir  au procureur et attend encore une réponse.

Le Jour : Bravo Tchundju

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