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Le nouvel essor de l’aquaculture au Cameroun

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L’aquaculture, d’après la définition de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), renvoie à la culture d’organismes aquatiques, y compris poisson, mollusques, crustacés et plantes aquatiques. Le terme « culture » implique ici qu’il y a une intervention (notamment de l’empoissonnement à intervalle régulier, l’alimentation, la protection contre les prédateurs, etc.) dans le processus d’élevage en vue d’améliorer la production et une propriété individuelle ou juridique du stock en élevage.

Ainsi donc, les produits de l’aquaculture sont ceux récoltés par un individu ou une personne juridique sur une propriété tout au long d’une période d’élevage. Ceci, en comparaison avec les produits de la pêche, qui sont exploités publiquement en tant que ressource de propriété commune, avec ou sans licences appropriées.

C’est en 1948 que l’aquaculture a été introduite au Cameroun. Plus de six décennies après, les produits de l’aquaculture au Cameroun (Tilapia, silure, carpe, Kanga) ne pèsent que 0,1% dans la production nationale de poisson, soit environ 1 000 tonnes, sur une offre annuelle évaluée à 180 000 tonnes. Pour combler les besoins estimés à plus de 400 000 tonnes l’an, le Cameroun, classé parmi les dix premiers pays consommateurs de poisson en Afrique, mise désormais sur le développement de l’aquaculture pour réduire les importations. Celles-ci pèsent plus de 200 000 tonnes et coûtent chaque année à l’Etat, un peu plus de 100 milliards de F. Au Cameroun, le poisson assure 44% des apports en protéines animales des ménages et notamment des couches de la population les plus défavorisées. De plus, une étude récente indique que les familles enquêtées incorporent du poisson dans un repas sur deux. Soit une consommation annuelle de poisson frais par personne comprise entre 34 et 37 Kg.

Si récemment le gouvernement a multiplié les attentions en direction de la filière aquacole, c’est que, son seul potentiel, suffit à couvrir ces importations. En effet, une étude réalisée, il y a quelques années déjà, a fixé le potentiel aquacole camerounais à 170 000 tonnes de poisson l’an. En comparaison avec la production actuelle, il y a encore tout à faire. D’après Emma Belal, directeur des pêches, de l’aquaculture et des industries halieutiques au ministère des Pêches, de l’Elevage et des Industries animales (Minepia), le pays dispose de potentialités naturelles favorables au développement de l’aquaculture avec un réseau hydrographique dense d’une superficie totale de 4 millions d’hectares et des conditions climatiques propices. En fin de semaine dernière, une conférence-débat sur l’avenir de la pisciculture au Cameroun a été l’occasion pour les participants de reparler des obstacles au développement de ce type d’élevage au Cameroun.

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Au rang des obstacles au développement de la filière aquacole au Cameroun, figurent l’absence des infrastructures modernes, la pratique de techniques de production à faible rendement, le manque de formation, l’insuffisance d’intrants (alevins) et d’aliments de qualité et l’absence de financement, entres autres. Même pour les promoteurs privés encouragés par le gouvernement à INVESTIR dans ce secteur, l’équation du financement reste le principal blocage.

Les incitations mises en place par le gouvernement au profit des opérateurs privés intéressés par l’aquaculture vont de l’appui technique à l’apport en intrants (alevins). La formation n’est pas en reste, avec la création de l’Institut des sciences halieutiques de Yabassi, une pépinière active pour les jeunes désirant se lancer dans l’aquaculture. Par ailleurs, des projets visant à développer une aquaculture commerciale sont en cours à travers le pays.

C’est le cas du Projet d’intensification écologique des systèmes piscicoles extensifs (SyPiEx) familiaux, en Afrique centrale et de l’Ouest et centrale. Mis en œuvre depuis 2012 par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF/WECARD), le projet devrait permettre de tripler la production piscicole et de réduire de 15% les importations. En février 2014, le Minepia a inauguré à Meyomessala dans la région du Sud, une unité-pilote d’aquaculture intensive au profit des jeunes de cette localité, censée produire 17 tonnes de silures. A Logbaba à Douala (région du Littoral), c’est un centre-pilote d’aquaculture intensive en circuit fermé qui a également été créé pour relever l’offre locale en poisson. Les résultats escomptés se verront dans le panier de la ménagère et dans les caisses de l’Etat, en termes de recettes.

Josiane TCHAKOUNTE

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