Arts'Plastiques

Le Musée national renaît

Un temple d’histoire à Yaoundé. L’édifice de 5000 m² revit enfin après plus de cinq ans de travaux de réhabilitation. Des moments-clés de l’Indépendance aux instants les plus intimes capturés par un flash, dans une salle des fêtes lors d’une valse, quelque part dans les années 60. Le Musée National ouvre une brèche dans les couloirs du temps. L’histoire du Cameroun court sur des murs, se décrypte à travers des portraits en sépia ou en noir et blanc d’hommes et de femmes. L’exposition des archives-photos au premier étage de l’édifice de 5000 m² est un retour dans le passé captivant et intriguant. D’un geste de la main presque machinal, le guide indique l’entrée de la salle. « Ici, vous retrouvez les figures marquantes de l’histoire de notre pays », dit-elle avant de dérouler son texte. C’est que la leçon est bien maîtrisée.

Pour vous tenir la main dans cette foison d’informations, ils sont là, les guides. Ils sont jeunes, mais surtout géographes, archéologues, historiens, tous pétris à l’école du savoir de professionnels camerounais ou étrangers. L’aventure débute au rez-de-chaussée. Lydienne, membre de l’équipe du musée, briefe les visiteurs, qui pour l’occasion sont les reporters de CT, privilégiés d’un tour inédit, en attendant la réouverture officielle des portes ce vendredi 16 janvier. « Tout le monde derrière moi, on va y aller », propose Lydienne.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

L’embarquement est enclenché. Se retrouver nez-à-nez dans une salle avec Um Nyobe, Martin Paul Samba, Charles Atangana et Rudolf Dualla Manga Bell, il n’y a que la magie du musée pour offrir ces minutes uniques. Celles-là qui vous replongent à Washington aux côtés du président Ahidjo échangeant une poignée de mains énergique avec John Fitzgerald Kennedy. Vous propulsent à Bamenda en 1985 à la création du RDPC et vous expédient dans cette salle de l’Assemblée nationale le 6 novembre 1982 pour la prestation de serment de Paul Biya. Divisé en décennies, de 1960 à nos jours, le voyage photographique ramasse les périodes phares de la vie politique, socio-économique et culturelle du Cameroun. Les femmes s’invitent. Julienne Keutcha, première députée du pays, Nene Etula, Miss Nigeria/Cameroun 1959, entre autres, titillent la curiosité.

Si elle est l’une des attractions majeures du Musée, cette étape faite de clichés et de souvenirs n’est pas le seul détour du premier étage. Le voyage continue toujours plus haletant, transportant le visiteur dans les abysses de l’histoire. Atterrissage : plus de huit siècles avant Jésus-Christ, à l’âge de la pierre polie. A l’époque des métaux, le guide révèle avec fierté que les ancêtres, oui nos ancêtres, étaient des victimes de la mode, façonnant des bijoux en fer. Des bracelets vieux de 3000 ans et d’autres objets aussi impressionnants qu’une pierre taillée il y a 50.000 ans, une calebasse de plus d’un siècle… sont protégés par des vitres. D’autres trésors comme la chaise sur laquelle la Reine Elizabeth II d’Angleterre s’est assise en 1959 quand elle a visité le Cameroun, ou ce porte-bébé avant-gardiste en peau d’antilope arboré par une Fang-Béti il y a plus de 80 ans, donnent à voir. Et avec un peu de chance, vous décollerez pour d’autres cieux, grâce à l’exposition sur l’Egypte ancienne, en fin de parcours.

Monica NKODO

Populaires cette semaine

To Top