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Le maire de Lolodorf sur la mort de Charles Ateba Eyene: «S’il y a eu main humaine, des règlements de compte auront lieu»

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Nguiamba Loutsiri, maire de Lolodorf Sur le déces de Charles Ateba Eyene : «S’il y a eu main humaine, des règlements de compte auront lieu»

Charles Atéba Eyene était mon fils. J’ai perdu un fils et cela me fait très mal au cœur. Très mal. Si c’est Dieu qui a voulu ainsi, nous lui remettons tout. Mais, je crois que s’il y a eu une main humaine dans cette affaire, les règlements de compte auront lieu. Parce que c’est une grande perte pour notre pays. Charles Atéba Eyene était un grand intellectuel qui représentait notre commune partout. En toute circonstance, il était là. Et puis, je ne parle pas seulement de l’arrondissement de Lolodorf ou du département de l’Océan : Charles représentait le Cameroun. Il disait toujours haut ce que les autres pensaient tout bas. Et il le disait avec beaucoup de conviction. C’est une grande perte parce qu’il était intellectuellement callé. Il pouvait discuter de n’importe quel domaine comme un spécialiste, avec beaucoup de véracité. C’est une grande perte et à l’heure où nous parlons, j’ai encore de la peine à y croire.

Pr. Tetanye Ekoue, Agrégé de médecine: «Son décès a quelque chose de choquant»

Le décès de Charles Atéba Eyene a quelque chose de choquant dans sa brutalité, dans son caractère inattendu. On peut penser tout ce que l’on veut. Mais c’était une personne qui ne laissait pas indifférent. Personnellement, et sachant qu’il est originaire de mon département, je vis cela comme un grand deuil. Et comme il était une personnalité turbulente, je pense que c’est une grande perte pour le Cameroun. Je regrette beaucoup, mais je pense qu’il a fait son parcours. Il n’a rien à regretter là où il est. Charles Atéba Eyene représentait ce que nous avons de truculent, d’impétueux, et de véridique. Dans le département de l’Océan, nous sommes des gens sincères. Et même à ceux que nous aimons, nous savons dire la vérité. Charles Atéba Eyene représentait ce caractère de notre département.

Grégoire Mba Mba, sénateur de l’Océan: «C’est une très grande perte pour le Cameroun»

C’est hier soir [vendredi 21 février 2014, Ndlr] que j’ai appris le décès de mon frère Charles Atéba Eyene. C’est une très grande perte pour l’Océan. C’est une très grande perte pour le monde de la communication. C’est une très grande perte pour le monde politique. C’est une très grande perte pour la société camerounaise dans son ensemble. C’est une très grande perte pour le Cameroun. C’était un homme engagé, qui s’avait défendre becs et ongles ses convictions. Il préférait ne pas courir après les postes de responsabilité dans l’appareil étatique pour défendre ses convictions. Il était convaincu de ce qu’il faisait, autant dans ses interventions que dans ses œuvres littéraires. Nous avons regretté aujourd’hui qu’il n’ait pas pu assister à notre cérémonie [financement de microprojets dans le département de l’Océan, Ndlr]. Mais, nous souhaitons simplement que la terre de nos ancêtres lui soit légère.

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Ann Cillon Perri (écrivain): «Sa mort interpelle sur la santé au Cameroun»

Il est mort trop jeune. C’est ce qui fait le plus mal. Une grosse perte pour le Cameroun. Un intellectuel qui meurt à cet âge, ça fait vraiment mal. Il était un auteur très prolixe et courageux parce qu’il assumait ses choix politiques et ses idées. D’aucuns pensent qu’il a été broyé par le système qu’il a servi mais je préfère faire confiance à la science qui nous fait savoir qu’il souffrait d’une insuffisance rénale. Je pense que sa mort doit nous amener plutôt à interroger sur la qualité des soins dans nos hôpitaux. Quand quelqu’un arrive et qu’on s’occupe de lui de façon quelconque, ça donne les résultats qu’on a avec Ateba Eyene. Sa mort interpelle le gouvernement sur la qualité des soins dans nos hôpitaux. De nombreux Camerounais en souffrent en silence tous les jours et meurent dans les mêmes conditions.

Valsero (artiste engagé): «Sa mort m’a rappelé celle de Pius Njawé»

Je suis comme tout Camerounais, choqué par cette mort subite. C’est une des plus grosses douleurs que j’ai eues ces dix dernières années. Même pour notre démocratie, nous reculons au moins 10 ans. Pour que notre pays soit émergent, il faut qu’il soit développé mais si on tue tous les soldats qui sont comme éclaireurs de conscience, on n’y arrivera pas. J’entends dire qu’il était malade et qu’il est mort d’une insuffisance rénale, mais c’est trop facile comme excuse dans le contexte qu’on connaît et que je vis aussi. Sa mort m’a rappelé celle de Pius Njawé. Plus tard, on a maquillé les faits en parlant d’accident comme on parle d’insuffisance rénale pour Ateba Eyene. La mort de cet ami, aîné et compagnon de lutte m’a fatigué, découragé et épuisé. J’en ai pris un grand coup.

Etoundi Zehang (Promoteur Théâtre): «Il avait le mérite de bousculer les lignes»

(Silence… !) On s’est vu, il y a deux semaines. Il m’a rappelé comme à son habitude, de rejoindre les rangs du Rassemblement démocratique du peule camerounais (Rdpc). Et vendredi, j’apprends qu’il est décédé. Je suis moi-même allé ce soir-là au Chu me rendre compte que c’est vrai. C’était malheureusement vrai. C’est dommage qu’il parte au moment où on a le plus besoin de lui parce que le pays est à un tournant décisif. Il exagérait parfois un peu mais il avait le mérite de bousculer les lignes.

Propos recueillis par Adeline TCHOUKAK et Alain NOAH AWANA

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