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le lamido et sénateur de Banyo accusé d’acharnement par un Nigérian

Fotokol-lamido-Cameroun

Sa propriété est située de part et d’autre du Cameroun et du Nigeria.

Le lamido Hassana Hamadou vit désormais caché. Ce Nigérian né vers 1965 traduit en justice par Bobbo Mohamadou, chef du village Horé Taram Foulbé pour «trouble de jouissance, injures publiques et dénonciation calomnieuse» a été condamné à cinq ans de prison ferme. Condamnation à laquelle le tribunal de première instance de Banyo a adjoint le paiement des dommages et intérêts de 500.000 Fcfa à la partie civile.

Une sentence qu’Hassana Hamadou met sur le compte d’un acharnement judiciaire. Pour lui, c’est le lamido et sénateur de Banyo, Mohaman Gabdo Yahya qui voudrait arracher «ses terres». Et de fait, Hassana Hamadou possède un grand patrimoine dans la région de Banyo. Patrimoine foncier curieux tant il s’étend sur 20 mètres en terre nigériane et au Cameroun sur plusieurs kilomètres. N’empêche qu’ Hassana Hamadou a toujours loué ses terres aux bergers et éleveurs nigérians.

«Il ne vit que de ça, car il n’a même pas une chèvre ni un champ», croit savoir un de ses voisins. Vrai ou faux ? Toujours est-il que dans une correspondance adressée le 27 juin 2014 au procureur général (Pg) de la cour d’appel de l’Adamaoua, Hassana Hamadou demande au Pg d’intervenir au sujet de la torture et autres abus que le lamido de Banyo lui fait subir au quotidien. Outre le procureur général de la cour d’appel de l’Adamaoua, Hassana Hamadou a également porté ses problèmes à l’attention de l’Association des Wawa du Cameroun (Awacam).

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Laquelle a confié son cas à un certain Abdoul Karim. «C’est bien moi Abdoul Karim je suis à Yaoundé. J’ai mis mon numéro dans le dossier, car Hassana ne sait ni lire ni écrire», va-t-il confier. Non sans nous dire qu’il est le porte-parole du sieur Hassana Hamadou. Problème : dans la ville de Banyo, tout le monde sait que le père d’Abdou de son vivant a eu des antécédents avec l’actuel lamido de Banyo. «Vous comprenez que le fils a gardé cette rancune et il veut maintenant nuire au lamido et venger son défunt papa», explique un habitant de Banyo.

Faux rétorque Abdoul Karim. «Je le défends en ma qualité de vice-président de l’Association des Wawa du Cameroun. Mon soutien pour Hassana Hamadou n’a rien à voir avec ce qui s’est passé avec mon père», a répliqué Abdou Karim. «J’apprécie très sincèrement la posture de votre journal consistant à recouper par vous-même ces informations fantaisistes. En guise de réaction, je dirais qu’aucune action humaine n’est parfaite, notamment en matière de gouvernance. Je suis à la tête de ce lamidat depuis 18 ans et je pense que mes censeurs seuls peuvent objectivement apprécier ce qui a été fait», a tout simplement déclaré le lamido de Banyo Mohaman Gabdo Yahya. Et le sénateur du Mayo Banyo de conclure en ces termes : «si chacun est libre d’écrire des inepties, il est cependant naïf de sous-estimer l’intelligence des lecteurs camerounais. La justice ayant été saisie pour ces affabulations. Attendons son verdict et ne préjugeons pas».

© L’Oeil du Sahel : FRANCIS EBOA

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