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Le dur quotidien de l’homosexuel au Cameroun

Homosexuels-cameroun

Au Cameroun jusqu’à présent, il n’est pas bon d’être soupçonné d’homosexuel. La répression, la marginalisation des transgenres, des gays et le rejet total des homosexuels à ne pas confondre avec les pédophiles, n’offre pas un terreau propice à l’épanouissement des libertés des uns.

D’après plusieurs témoignages, lorsqu’un individu, femme ou homme est reconnu dans un quartier comme pratiquant de telles pratiques sexuelles, la première réaction ou direction se trouve du côté de la police ou de la gendarmerie qui s’aventure dans la grande majorité des cas dans une sorte de tentative d’escroquerie ou un harcèlement récurrent suivie de menaces d’incarcération.

Si l’on peut noter plusieurs cas d’arrestations et de condamnation, n’en demeure pas moins que l’interrogation reste sur les éléments juridiques sur lesquelles se basent en général certains juges pour prononcer les verdicts. Tout le monde ne peut ignorer l’article 347 bis du code pénal qui stipule « Est punie d’un emprisonnement de six mois à cinq ans de prison ferme et d’une amende de 20 000 à 200 000 Fcfa toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de même sexe », condamnant dans le cas d’un flagrant délit les personnes qui s’adonnent à de telles pratiques. Mais peut-on seulement apporter les preuves de ce flagrant délit au tribunal ? Jusqu’à présent, les procès des présumés homosexuels ont toujours drainé un très grand nombre de curieux qui, découvrant, les personnes soupçonnés les « marquent d’un fer rouge » pour ainsi les stigmatiser dans la société dans le cas où ceux-ci voudraient également s’épanouir. Ce qui occasionne le plus souvent l’évolution en vase-clos, les « stigmatisés » fuyant la répression de leur entourage. La peur dans le ventre, certains d’entre eux avouent agir en cachette car lorsqu’ils sont en présence des membres de leurs familles ou d’un entourage très proche le mieux serait de faire semblant d’aimer ce que les autres vous imposent ; se meurtrissant au passage afin de jouir de ses vices en présence des « compris ».

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Aujourd’hui, malgré tous les appels au respect des ratification des conventions internationales scandé par plusieurs ONGs tels que ADHEFO de la très célèbre Alice Nkom, le gouvernement reste de marbre lorsqu’un cas de violation de droit est perpétré sur une personne parfois seulement soupçonné de pratiquer l’homosexualité. Fuyant dès lors tout cet environnement malsain, certains camerounais actuellement ont pu avoir pour refuge le Canada où grâce aux efforts d’un Organisme à but non lucratif nommé Arc en ciel Afrique, le vieux souvenir d’une maltraitance psychologique leur donne la possibilité de s’épanouir sans risque de se voir interpeller.

D’après plusieurs sources, plusieurs africains recherchés dans leurs pays respectifs s’exhibent et défilent chaque année au Canada dans le cadre des activités de la plateforme Arc en ciel Afrique. Ces derniers qui, malgré la dénonciation par un reportage de France 24 à Mondovision sur le quotidien des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres au Cameroun, ne sont prêts pour rien au monde à revenir dans leur pays pour subir le même calvaire. Egalement pour ceux resté au pays, la peur d’être démasquée hante leur quotidien. Heureusement ! Parmi les exceptions existent la « go » de l’avenue germaine déjà connue et qui a pu se familiariser avec les habitués des bars, snacks bars dancings et autres débits de boissons de ce côté de la ville de Yaoundé. Ce travesti d’après ses dires et témoignages reconnait le sacrifice d’avoir été tabassé, molesté, jeté en prison plusieurs fois, etc. afin  d’ « imposer » son statut aux yeux de tous.

© Camer.be : Yannick Ebosse

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