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Le concurrent de Camair-co bientôt au Cameroun

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Cette nouvelle compagnie canadienne vient manifestement pour mettre fin aux jours de la compagnie camerounaise. Camra Regional Airlines, une compagnie de navigation canadienne dont nous avons déjà évoqué le nom et les ambitions pour le Cameroun, vient de publier dans son site son réseau de navigation dans le ciel camerounais: Bafoussam, Bamenda, Batouri Bertoua, Douala, Garoua, Maroua, Ngaoundéré et Yaoundé.

Outre ces destinations, elle envisage de desservir les villes comme Bangui, Lagos, Libreville, Malabo, et N’djamena. A l’observation, ces destinations correspondent exactement au réseau de Camair-Co, même si pour l’instant elle ne sont pas systématiquement desservies par la compagnie nationale, pour des raisons techniques liées aux équipements au sol.

Jay Vom Vadiveloo, président de cette compagnie, avait signé officiellement avec Louis Paul Motaze, Ministre secrétaire général des services du premier ministre, représentant le Cameroun, un protocole d’entente pour la création au Cameroun d’une compagnie aérienne, baptisée «Camra regional Airlines». Siège social, Yaoundé. Pierre Tankam, Directeur général de l’autorité aéronautique du Cameroun, avait d’ailleurs fait le déplacement du Canada pour apporter sa caution à la création de cette compagnie. Le Cameroun, dans ce protocole, s’était engagé à «apporter les facilités d’ordre administratif  nécessaires à l’accomplissement des objectifs de cette compagnie, notamment la collaboration avec les Adc, l’accès à l’aéroport de Yaoundé-Ville…s’assurer de la libre concurrence parmi les compagnies aériennes opérant au Cameroun, protéger les investissements conformément à l’accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (Apie) entre le Canada et le Cameroun, appliquer la politique régissant les exonérations et les avantages aux investisseurs conformément à la loi fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun, accorder à Camra Regional Airlines Sa  l’exemption de la double taxation». Les étapes visées par cette compagnie sont celles qui viennent d’être confirmées.

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Le lancement de cette compagnie étrangère est donnée comme pour mettre fin aux jours de Camair-Co, si l’on s’en tient à certaines manœuvres au sein du sérail camerounais. Dans le Cameroon tribune du 11 septembre 2015, le ministre des finances lance un «avis d’appel à manifestation d’intérêt (…) pour le recrutement  d’un consultant chargé d’auditer et d’accompagner la Camair-Co dans l’élaboration d’un plan de restructuration et de relance». Voilà le côté cour. Mais il y a le côté jardin. Dans le même temps, le ministre des finances, selon des sources de la Nouvelle Expression, reçoit un «message-fax» d’une autorité du Premier ministère qui propose un autre volet bien curieux dans l’élaboration du plan de relance: «compte tenu du caractère urgent et spécial de ce dossier, bien vouloir solliciter du ministre des marchés publics l’autorisation de gré à gré pour le recrutement du Cabinet Abs Consulting dans le cadre d’un contrat distinct d’assistance à maitrise d’ouvrage…».

Les mêmes autorités savent pertinemment que le management de Camair-Co négocie avec succès, depuis quelques temps, un partenariat stratégique avec le géant Boeing pour rééquiper  ses aéronefs, enrichir sa flotte et surtout, construire à Douala un atelier de maintenance comme il le fait déjà avec des compagnies africaines de renommée internationale comme Ethiopian Airlines ou Kenya Airways. Comment logiquement des personnalités qui ont reçu le mandat du président de la République peuvent-ils balayer d’un revers de main un tel partenariat pour chercher des solutions de seconde zone? Il y a certainement des coulisses qu’il faut savoir.

Les responsables de Camair-Co avaient pourtant déjà  sauté de joie lorsque le président de la République avait ordonné le déblocage des 25 milliards de Fcfa pour solder nombre de ses problèmes et acquérir des aéronefs incontournables pour sa survie. Mais l’enthousiasme s’est rapidement estompé lorsque des pontes du pouvoir ont sorti de nulle part l’exigence de l’audit dont on ne précise pas les contours. Un audit, même fait dans les règles de l’art et avec célérité, ne rendra pas sa copie avant six mois, renseigne un spécialiste. Pendant ce temps, la compagnie est plombée. Son concurrent désigné, Camra Regional Airlines, peut aisément s’installer à Douala et prendre son envol. «Il faut s’étonner de l’entêtement avec lequel certains pontes du régime défient le chef de l’Etat dans cette affaire. Et surtout comment ils tiennent à une compagnie privée pour détruire ce que leur boss les a investi de la mission de relancer ce qu’ils appellent, sans y croire, l’Etoile du Cameroun. Il ne faut pas exclure que de telles manœuvres de proches collaborateurs du président de la République rentrent dans les batailles de succession qui font rage dans le sérail», explique un haut fonctionnaire qui suit avec attention le dossier Camair-Co.

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