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Le Cnc en toute illégalité contre Afrique Média

Afrique-Média-Cnc

Ils sont nombreux dans le monde qui contestent la sanction du Conseil national de la communication (Cnc) infligée, sans coup férir, à la chaîne de télévision équato-guinéenne et bien d’autres organes de presse. Le 4 juin dernier, le Cnc a annoncé des sanctions contre certains organes de presse et des journalistes. Visée, la chaîne de télévision privée « Afrique Média », pour sa part, s’en est sortie avec une suspension temporaire.

La première conséquence de cette main lourde du Cnc à l’encontre de ce média équato-guinéen à forte audience est la mise au chômage technique de l’ensemble de son personnel. Pour de nombreux avis qui condamnent avec la dernière énergie ces résolutions, les responsables de la Cnc, aveuglés par leurs seuls intérêts, ne se sont pas souciés des charges des entreprises qui emploient de nombreux chefs de famille à travers l’Afrique et ailleurs. Pire, pour eux, Peter Essoka et son monde insensibles aux maltraitances que vivent les journalistes au quotidien, ne se sont pas souciés de l’image de marque du Cameroun, faisant planer de lourdes menaces sur l’image du pays de Paul Biya.

À entendre bon nombre, il y a déjà un parallélisme de forme dans cette valse de sentences, car en principe, la tutelle des médias au Cameroun n’est autre que le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (Minatd). Et même, en matière professionnelle, selon l’article 10 de la Charte de Munich (1971) sur les droits et devoirs du journaliste, tout journaliste digne de ce nom n’accepte que la juridiction de ses pairs à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre. Or, le Cnc n’est, à l’évidence, qu’une émanation du gouvernement.

Dans les faits, le Cnc n’a jamais mis un point d’honneur à la notion de contradiction. C’est le cas de le dire avec la chaîne de télévision Afrique Média. Plus grave, Peter Essoka et sa clique n’ont jamais publié un manuel de procédure (une sorte de nomenclature) qui précise les démarches et les formalités qui conduisent aux sanctions. Plutôt, les observateurs avertis constatent que cet organe s’illustre uniquement sur le terrain répressif, relayant au second plan, le rôle de sensibilisation ou de renforcement des capacités. « Pour une structure truffée d’éditeurs et de journalistes en fonction, comment pourrait-elle prétendre être impartiale pour gérer la concurrence?

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Du coup, ces sanctions à tête chercheuse ne sont pas loin de l`épuration médiatique, du musèlement de la presse et une incitation à la révolte. De même, elles ne manquent pas de confirmer les appréhensions de certains syndicalistes au sujet du mandat de ses responsables. Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), nous renseigne par exemple que Peter Essoka pilote le navire en toute illégalité. En d’autres mots, le Cnc est hors la loi et ses sanctions ne méritent pas d’être respectées. Comme quoi, le retraité de la Cameroon radio and television (Crtv) doit dorénavant éviter d’usurper le titre de président de cet organe et que la sanction contre Afrique Média est nulle» note, pour le regretter, un professionnel de la communication.

Usurpation

Il faut rappeler que c’est au lendemain de la sanction contre Afrique Média, que dans son communiqué du 11 juin dernier, le Snjc a eu à récuser le Cnc dont le fonctionnement est rendu impossible et illégale, la vacance de la présidence ayant dépassé le délai de 6 mois. « Le Snjc déclare nulles et de nul effet toutes les décisions prises par le Cnc à compter du 4 décembre 2014, date de la forclusion de l’intérim assuré par M. Essoka Peter. Le Snjc conseille vivement à M. Essoka Peter, de ne plus usurper le titre de président du Cnc, sous peine de poursuite judiciaire pour usurpation de titre. Le Snjc engage la responsabilité des membres du Cnc, pris individuellement, pour prise d’intérêt, complicité de musèlement de la presse et incitation à la révolte. Le Snjc demande à la Fédération des éditeurs de la presse, de condamner ouvertement, puis de récuser le Cnc actuel dont le mandat du président par intérim est forclos », peut-on y lire.

Voilà donc une institution sensée réguler le secteur de la communication au Cameroun, mais qui perd chaque jour ses procès devant les juridictions. C’était le cas avec le groupe de presse L’Anecdote de Jean Pierre Amougou Belinga et le journal La Nouvelle de Jacques Blaise Mvié à qui le tribunal administratif a donné gain de cause. Ainsi caricaturé, le Cnc est désormais étiqueté comme un bras armé au service des lobbies et des gourous, de tueurs en série des libertés. Hélas !

camerounlink.com

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