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Le clan Marafa à l’assaut de Kribi

kribi

Depuis quelques temps, la cité balnéaire fait peau neuve. Les édifices sont peints, les rues et les ponts refaits. Ici la sécurité est renforcée. Tout passager en partance ou en provenance de Kribi doit se faire identifier à l’entrée et à la sortie de la ville. Signe qu’on hôte de marque est attendu.

A mboamanga, un quartier chaud de la ville, on le dit sans fermer la bouche « Nous attendons le président de la république chez nous. Ce sera l’occasion pour poser nos problèmes. Notamment dénoncer tous ces prédateurs qui nous ont volé nos terres ».

Pire encore, «  les emprises maritimes, héritages non cessibles des peuples Batanga et Mabi font l’objet de toutes les convoitises ». Il faut que justice soit faite et le président devra trancher. De fait, avec l’inauguration prochaine du port en eau profonde, Kribi deviendra la prochaine destination économique. Du coup des hommes d’affaires et autres lobbies ont pris d’assaut la cité et se l´ont partagée. Et Mboamanga s’insurge, « nous n’avons plus rien. Si rien n’est fait, nous n’auront que nos yeux pour pleurer ».

Le clan Marafa et acolytes

Et pourtant, dans son rapport publié en novembre 2012, la Commission Nationale Anti-corruption (Conac) avait indexé Marafa dans une affaire de délit d’initié liée aux indemnisations sur le site du port de Kribi. «L’occasion faisant le larron, nombre de Camerounais pourvus d’un flair affairiste et moralement pas du tout intègres et sans doute informés à travers des réseaux mafieux, se sont rués dès 2008 sur la zone destinée à être expropriée», dénonçait la Conac. Rien n’y fit, au contraire le prisonnier, ancien de l’administration territoriale et de la décentralisation précise : « Il est exact que je détiens deux parcelles dans un lotissement approuvé par les administrations compétentes de l’Etat, sur un domaine privé.

Seulement, je les ai acquises il y’a 15 ans, comme en atteste le titre foncier n°1702/0 en date du 02 Juillet 1997. Ces  deux parcelles ont fait l’objet d’un morcellement ayant abouti à la  délivrance en ma faveur des titres fonciers n°1715 et 1716 en date du 10 septembre 1997 » et se défend : «D’ailleurs, il n’est pas certain que les travaux d’aménagement du port en eau profonde de Kribi s’étendent jusqu’à ces parcelles » .Faux rétorque- t-on à Kribi ! « Ce sont des techniques administratives bien connues. La machine était bien huilée pour déposséder les riverains du port de leurs terres ». Il ne faut pas oublier que Marafa était ministre en charge du territoire, donc coutumier de ce genre de manœuvre. Malgré son emprisonnement, le clan continue cette manœuvre.

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La résistance de l’auberge Tara Plage

Il se dit à Kribi que le clan Marafa a des ramifications qui vont au-delà des frontières et s’étend dans tous les secteurs de l’activité économique. Notamment l’hôtellerie qui est une des ressources de la cité touristique. L’hôtel le phare, la Merina, San Marco et le golfe de Kribi sont quelques établissements gérés par le groupe. Bien plus, toutes les emprises maritimes sont dans le collimateur du clan. Avec la complicité d’une aristocratie régnante à l’ouest du Cameroun et les trafics d’influence de toutes sortes. D’ailleurs, dans une affaire qui l’oppose  à Tara Plage, Pierre Tantchou se bombe le torse d’avoir des « hauts gradés autour du Président ».

De fait, il ne serait que le bras séculier d’une maffia dont les ramifications vont au-delà de la ville. Les chefs traditionnels Mabi ont écrit une lettre à la haute hiérarchie pour dénoncer l’expropriation de Tara Plage sans suite. Les riverains et les clients de ce qui reste de Tara plage expriment leur ras-le-bol face à la menace des chiens berger allemands postés sur le site querellé et prêts à mordre. A Ebome, on confesse que la conspiration contre Tara Plage date du jour où, Angelbo, Marafiste et ancien consul honoraire de France à Kribi à voulu acheter Tara Plage. Face au refus du principal dirigeant de l’auberge, le clan multiplie des manœuvres pour arracher l’auberge Tara Plage.

Devant cette menace d’expropriation qui dure déjà assez longtemps, le village Ebome s’insurge. « Il faut que la président tranche. Nous voulons être rétablis dans nos droits. L’emprise maritime qui abrite Tara plage est une propriété ancestrale. Elle ne doit être cédée sous aucun prétexte ».

Franck Bafeli, de retour de Kribi

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