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Le CIPCRE à l’avant-garde du droit des veuves au Cameroun

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A travers le premier  atelier de sensibilisation pour l’humanisation des rites de veuvage organisé ce 08 Avril 2015 à Bafoussam, le CIPCRE (Cercle Internationale pour la Promotion de la Création) a dévoilé ses ambitions. La société civile créée en 1991 très engagée pour cette noble cause, entend canaliser et orienter la mutualisation des moyens des acteurs impliqués à tout niveau.

La salle de conférence de l’hôtel Mbatkam qui a servi  de cadre à cet important événement, l’on ne pouvait s’en douter de la qualité des personnalités à tout palier et d’horizons divers ayant fait le déplacement de Bafoussam. Les présences de la représentante de l’Union Européenne, de SM David Simeu, roi des Bapa, des autorités administratives et communales à tout rang et prérogatives en disaient long. Il est vrai que malgré l’implication des autorités suscitées et les efforts consentis par elles, les réclamations des veuves demeurent une moue sans cesse recommencée. Pour ce projet doté heureusement d’un sérieux partenariat avec le CMO (Club Media Ouest) et l’ALVF (Association de Lutte contre les Violences Faites aux Femmes), nous sommes tout de même en droit de nous poser la question de savoir si  l’implémentation des droits des veuves par le CIPCRE ne restera pas toujours un simple bruit de couloir ou un pavé dans la mare dans une société qui se plait dans de tels actes odieux au détriment des femmes devenues vulnérables du fait d’avoir perdu leurs conjoints ?

Contexte et justification

Des communications données tour à tour par le Pasteur Jean Blaise Kenmogne, Directeur Général du CIPCRE, de Mathieu Foka, coordonnateur du projet, de la représentante de l’Union européenne, de Jean Claude Nzuafo, du délégué régionale du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille pour l’Ouest, de SM Simeu, roi des Bapa, les participants parfois au bord des larmes suite aux différents exposés, ont d’une voix communes, stigmatisé cette pratique culturelle qui on ne dira jamais assez, est barbare. Assimilées aux tortures, quelques clichés sous tendent les acharnements aux victimes. « Parmi les violences figurent en bonne place les veuves exclues du processus de liquidation des biens.

Considérées comme risées, elles sont parfois expulsées de la maison conjugale avec les orphelins sans aucune forme de procès. Plus grave quand la veuve est considérée comme un être impur après la mort de son défunt mari et qu’il faut la purifier contre son gré », Le pasteur J B K présentait ainsi la situation. C’est pour cette raison que le brillant facilitateur de l’atelier Thomas Tankou, DP D’Héraut National pense qu’il faut « tordre le cou à cette gangrène qui mine la société camerounaise en générale et Grassfield en particulier ». Pour le gardien des traditions, roi des Bapa, « il faut établir un parfait équilibre entre les composantes des communautés, en y extirpant tout ce qui est déshumanisant avec un choix à faire entre couper les liens avec les traditions séculaires ou davantage y rester solidement liés ». Cela passe aussi par un programme scolaire au niveau primaire qui intègre le non discrimination de sexe pour éviter que plus tard, les femmes subissent seules le poids des éléments dévalorisants des rites de veuvage.

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Participants:camer.be

Le vin est tiré…

La source des rites de veuvage dits déshumanisants est claire, le diagnostic du CIPCRE est établi, reste que la volonté politique emboite le pas. Toutefois la pauvreté, l’ignorance des veuves, la faiblesse d’une législation spéciale au Cameroun, le fond de commerce institué par les officiantes, sont autant de maux qui entretiennent la mauvaise pratique de ces rites.

La leçon générale à tirer au terme de cet atelier a été ressortie du message de fin du Directeur Général du CIPCRE (ONG d’écologie et de développement durable). Il s’agira de « transcender la perversion et donner du poids au vrai symbole des rites de veuvage ». La phase des questions-réponses a permis de mieux cerner les contours de compréhension du projet. Si bien que d’une manière plus efficace, les voix se sont élevées au cours d’un brainstorming et un arsenal de résolutions ont été proposées par les participants pour améliorer au mieux les conditions des veuves dans une société mondiale qui s’uniformise. Concrètement, il sera question entre autres de « renforcer les synergies avec les medias pour l’information aux droits des veuves, signaler les difficultés rencontrées au niveau des juridictions compétentes, établir la synergie avec les autorités administratives et les sectoriels des ministères concernés. Les veuves doivent se constituer en GIC ou Coopératives pour bénéficier des programmes gouvernementaux. Les chefs traditionnels de l’Ouest comptent codifier les rites de veuvage et mettre sur pied un observatoire pour signaler des cas de non respect les résolutions édictées ».

Après de mot de clôture donné par la représentante du Préfet de la Mifi, un climat de convivialité avec une volonté pour chacun de jouer pleinement son rôle dans cette exaltante mission, a mis un terme à cet atelier.

Alain NDANGA

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