Economie

Le Cameroun exploite moins de 5% de son potentiel hydroélectrique

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Deuxième potentiel hydroélectrique en Afrique subsaharienne évalué à 13 700 MW, le Cameroun ne fournit l’électricité qu’à 3 millions de ses plus de 20 millions d’habitants.

Pendant une très longue période, le Cameroun, placé sous ajustement structurel, ne pouvait pas s’engager dans les chantiers d’investissements. Comme conséquence, pendant près de trois décennies, les projets énergétiques n’étaient pas envisagés avec engagement et sérieux. La situation de la production de l’énergie au Cameroun se caractérise par un déséquilibre entre une offre instable et inégale d’une part, et une demande croissante d’autre part. Le développement industriel préconisé à travers la vision nécessite une production et une distribution énergétique adéquate qui est un intrant commun à toutes les entreprises et un facteur essentiel du fonctionnement de l’économie et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Deuxième potentiel hydroélectrique

Le Cameroun dispose du deuxième potentiel en hydroélectricité en Afrique subsaharienne après la RDC. 19,7 GW de potentiel technique équitable, pour un productible de 115 TWH/an, selon l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel). Un potentiel aujourd’hui valorisé à moins de 5%, car moins de 1000 MW de puissance sont installés. Le groupe américain AES, concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun depuis 2001, revendique une capacité de production installée de 929 MW dont 732 MW de capacité hydroélectrique et 197 MW de capacité thermique. La centrale thermique à fuel lourd de Dibamba, mise en place par un producteur indépendant, produit 88 MW, alors que des auto-producteurs d’électricité produisent 412 MW (dont 362 MW fonctionnant au gasoil et 50 MW installés en mer fonctionnant au gaz). Les réserves pétrolières connues du Cameroun apparaissent modestes à la fois en valeur absolue et par rapport à celles des pays voisins aux frontières Ouest, Nord et Sud du pays.

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Le niveau de production de la centrale à gaz de Kribi est bien plus bas. Toutes choses qui viennent ainsi corroborer la persistance des perturbations observées dans la distribution de l’électricité au Cameroun, aussi bien en fin d’année dernière qu’au cours de ces trois dernières semaines. Mieux, un rapport de mission du «Comité de suivi et d’évaluation des grands projets structurants par le ministère des Finances» daté du 15 janvier 2014, révèle que depuis la mise en service commercial de ladite centrale à gaz, la puissance moyenne maximale injectée dans le réseau par cette dernière n’a jamais été au-delà de 118 MW, sur les 216 MW de capacité installée. Et analyse faite, le déficit de production moyen de la centrale à gaz de Kribi depuis lors avoisine 100 MW, soit la capacité de production cumulée des quatre centrales du Programme thermique d’urgence (PTU), que le gouvernement camerounais a transféré partiellement à Aes Sonel, le concessionnaire du service public de l’électricité dans le pays.

Chez Kribi Power Development Corporation (Kpdc), l’entreprise qui gère cette centrale, l’on explique ce, déficit de production quasi-permanent par le fait que «la quantité d’énergie produite est fonction de la demande exprimée par Aes Sonel avec qui Kpdc dispose d’un contrat d’achat d’énergie». Cette demande, apprend-on de bonnes sources, s’est même quelques fois limitée à «30%» de la capacité installée de la centrale, soit environ 67 MW sur les 216 MW attendus.

L’Arsel estime qu’en dehors du pétrole, le Cameroun possède des gisements de gaz naturel aujourd’hui estimés à 6,6 TCF, soit environ 186 milliards de m3. En effet, les potentialités sont nombreuses. En ce qui concerne l’énergie solaire, le Cameroun dispose d’un potentiel abondant et disponible surtout dans sa partie septentrionale. L’insolation moyenne dans la partie nord du pays est de 5,8 kWh/m2/jour et dans la partie sud 4 kWh/m2/jour évalue l’Arsel. Pour elle, on observe une insolation moyenne de 4,9 kWh/m2/j pour l’ensemble du pays. Mais son exploitation reste faible. Le potentiel éolien du Cameroun est non négligeable et économiquement exploitable dans les régions de l’Ouest du Cameroun et de l’Adamaoua. Autant de potentialités et d’opportunités à saisir. Des projets dans ces différents secteurs énergétiques sont désormais disponibles et le Cameroun est à la recherche des partenaires en vue de leur concrétisation.

© MICHEL CYRILLE TSOUNGUI | L’Anecdote

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