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Le Cameroun, berceau du virus du Sida depuis les années 1900?

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Selon un article paru dans Science, le virus qui a donné naissance à l’épidémie du Sida aurait contaminé l’homme dans les années 1900, au Cameroun, avant de remonter le réseau ferré africain

C’est l’histoire d’un voyageur. Un voyageur qui aurait quitté le Cameroun pour se rendre à Léopoldville, au Congo belge [devenu la république démocratique du Congo (RDC)]. Il a emmené avec lui un rétrovirus, que lui avait probablement transmis un singe. Ce virus, c’est le VIH. C’est ce que relate un article de virologie publié dans Science le 3 octobre. Selon les travaux de l’équipe dirigée par Oliver Pybus, de l’université d’Oxford, le virus se serait ensuite répandu le long des voies de chemins de fer, avec les mouvements de population.
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Les scientifiques ont reconstitué son parcours en utilisant la phylogénie, discipline qui permet de reconstituer les origines d’un organisme, notamment en se fondant sur l’étude de son génome. Leurs travaux se sont orientés uniquement sur l’étude des séquences de gènes VIH stockées au laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique (Etats-Unis).

L’arbre généalogique du virus du Sida

L’idée initiale de l’étude était de comprendre pourquoi le virus du sida avait pu créer une véritable pandémie. Les chercheurs en sont venus à reconstituer l’arbre généalogique du HIV à partir d’échantillons de sang contenant le virus : 348 provenant de RDC, et 466 des pays voisins. Leurs analyses ont confirmé que tous ces virus avaient un ancêtre commun remontant aux années 1920, comme l’avaient déjà suggéré des études précédentes.
La nouveauté, c’est que le chemin de fer aurait joué un rôle majeur dans la propagation du virus, expliquent les chercheurs, qui sont parvenus à dater précisément l’arrivée des variantes du VIH dans les villes de RDC. L’article explique également le grand déploiement de l’une des variantes du virus – le groupe M – présent à Kinshasa [capitale de la RDC], par deux causes : une industrie du sexe plus importante qu’ailleurs dans cette ville, et, peut-être, des campagnes de santé publique dans lesquelles les équipements servant aux injections n’étaient pas correctement stérilisés. Des scénarios qui restent encore à démontrer.

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