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Le Barrage de Memve’ele sur la dernière phase des travaux

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L’eau du Ntem a repris ses droits dans le lit du bras gauche du fleuve.

Elle y coulera désormais, traversant les immenses ouvertures de l’évacuateur de crues principal. Nous sommes bel et bien là sur le chantier de l’un des principaux ateliers, composante essentielle du projet de construction du barrage hydro-électrique de Memve’ele.

C’est sur ce site où, le temps d’une brève cérémonie, les responsables de l’Unité opérationnelle du projet, conduits par leur directeur Dieudonné Bisso, ceux de Sinohydro, le partenaire technique, amenés par le directeur général adjoint, Chen Gao, ainsi que ceux de groupement Coyne & Bellier/Isl assurant la maîtrise d’œuvre ont, lundi, 23 février dernier, marqué un temps d’arrêt pour dire leur satisfaction de faire démarrer la phase II de construction du barrage. Aussitôt le ruban coupé, tout le monde a regagné son poste de travail. Comme quoi, ici, il n’y a pas de temps à perdre !

 Au-delà du symbole, la phase II de la matérialisation du projet a été physiquement marquée par la dérivation du bras droit du fleuve Ntem. Il s’agit, explique Pedrag Vojsic, chef de mission Coyne & Bellier/Isl, « d’un détournement du cours d’eau ». Une donnée technique qui a pour finalité d’assécher le fleuve afin de permettre que les ingénieurs et ouvriers puissent travailler à sec. La dérivation ainsi obtenue va permettre la construction de la deuxième partie de la digue principale. A cet endroit précisément, ouvriers chinois et camerounais s’activent au travail de soutènement, par la pose de différentes couches homogènes qui vont composer cette partie du barrage. Plus loin, d’autres ouvriers manœuvrent sans cesse de lourds engins, déversant et étalant des tonnes de terre, pour construire les deux batardeaux, l’un en amont, l’autre en aval. C’est à cet endroit que va être construit l’évacuateur de crues secondaire qui, au contraire de celui dit principal, n’aura aucune vanne.

Comme pour mieux exprimer leur satisfaction, tous les responsables interrogés affirment être en avance de six mois. Car, selon le timing arrêté, certains ouvrages qui devaient être exécutés en juin-juillet 2015, sont en cours ou en finition aujourd’hui. On parle ainsi de la digue principale, achevée à 99,8%, car il ne reste que des travaux de finition sur la crête. Idem pour les structures de prise d’eau, à l’entrée du canal d’amenée.

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Ce tunnel à ciel ouvert en forme de trapèze et d’une longueur de 3 150 mètres, qui devra conduire l’eau du réservoir principal au réservoir-tampon, reçoit déjà des plaques de béton sur sa base et sur ses parois. Pendant ce temps, le gros œuvre des composantes essentielles de l’usine reçoit ses coulées de béton, en attendant l’arrivée prochaine des quatre turbines Francis qui seront alimentées en eau par quatre conduites forcées. Une eau qui, après avoir fait tourner les turbines, retrouvera le Ntem. Nous serons alors au mois de septembre 2016, pour la mise en service de l’unité de production, en attendant la fin des travaux, prévue le 30 juin 2017.

Ce qu’est une dérivation dans un barrage 

Ce n’est pas la première fois qu’on parle de dérivation dans le cadre de la mise en œuvre du projet de construction du barrage hydro-électrique de Memve’ele. La première avait déjà eu lieu lorsqu’il s’est agi de procéder à la construction de l’évacuateur de crues principal qui dispose, à sa droite, du début de la digue principale et, à sa gauche, de la prise d’eau principale qui s’ouvre sur le canal d’amenée. En réalité, lorsqu’on parle de « dérivation », on évoque une vaste opération d’ingénierie qui consiste à « dévier » le cours de l’eau d’un fleuve, d’une rivière ou même d’une retenue d’eau, tel un lac.

Le but recherché ici est d’assécher cette partie du fleuve afin de permettre la construction d’un ouvrage spécifique. La dérivation consiste donc en la construction d’un batardeau ou de plusieurs batardeaux. Ainsi, un point donné du fleuve, à l’endroit même où doit être érigé un ouvrage, est asséché. Les ouvriers peuvent alors travailler à sec. A la fin des travaux, les batardeaux sont détruits. A Memve’ele, au niveau de l’évacuateur de crues principal, des vannes ont été installées. Celles-ci ont pour rôle de permettre une régulation du débit et du niveau d’eau, rendant permanente la quantité nécessaire à alimenter l’usine proprement dite, située à plus de 3 km plus en aval.

Aimé-Francis Amougou

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