Alors que l´opération Rescue Finale piétine à Sambisa, les Nigérians ont sollicité les militaires camerounais pour une autre opération. Jeudi dernier, les populations et les voyageurs sur la route nationale N°1 entre Maroua et Mora ont assisté à un déploiement de force inédit. «Au niveau du carrefour Meri, un convoi est passé vers 16h30. Il y avait au moins sept blindés, des canons attelés, des hélicoptères d´attaque (Mi24 ndlr) et de nombreux camions transportant des militaires. Le convoi se dirigeait vers Mora et probablement vers la frontière», témoigne Abdou un commerçant. D´autres sources ont confirmé ce franchissement de la frontière par les troupes d´élite de l’opération Alpha du Bir. Les militaires du Bir étaient alors en train de faire la mise en place de l´opération Thunder 1. Elle a commencé le19 décembre 2016.

C´est clairement la plus grosse opération organisée par l´armée camerounaise en territoire étranger. Elle a pour but la reconquête de Gwoza et de ses alentours. Gwoza est une ville nigériane présentée en septembre 2014 par Abubakar Shekau comme la capitale du « sultanat  » de Boko Haram. Les autorités nigérianes avaient déjà annoncé la reprise de cette ville, mais ne s´y sont pas installées et les membres de la secte l´ont tranquillement réinvestie. Le Bir s´est donc élancé dans cette reconquête audacieuse, sans doute avec l´accord des autorités nigérianes. Il ne pourrait en être autrement, tant on les sait très sourcilleuses sur les questions de leur souveraineté.

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Thunder 1 était déjà en place quand des sources de première main nous ont appris que, «le chef des opérations nigérian les a sommés de revenir sur Bama pour finir le travail». Difficile de savoir ce qui a motivé la décision du général nigérian. L´on se souvient que le président nigérian Muhamadu Buhari avait annoncé qu’aucun chef-lieu de circonscription administrative n´était plus aux mains de Boko Haram. De même qu´il avait annoncé la fin de Boko Haram pour bientôt. Pour concrétiser ses dires, il avait autorisé l´opération Rescue Finale pour ratisser la forêt de Sambisa, réputée être le sanctuaire du commandement de Boko Haram.


Des militaires nigérians et camerounais du secteur N°1 de la Force multinationale mixte notamment y sont engagés. Ils annonçaient la fin de la secte comme imminente. Seulement, la semaine dernière, les militaires nigérians ont entrepris une grogne. L´opération s´est figée en «des bombardements aériens d´avions et de drones». Certes, dans le souci de ne pas voir mourir cette opération, les forces armées nigérianes annoncent l´affectation d’une cinquantaine de militaires pour renforcer la 21ème brigade. C´est celle qui est en première ligne de l´opération et devait « nettoyer le camp zéro », le poste de commandement de Boko Haram. En proie à la grogne de certains de ses éléments, elle a dû quitter sa position de Bula Bello pour une autre à Bama. L´on promet qu´elle va reprendre sa position à Bula Bello et que, bientôt l´assaut final va reprendre. Entre temps, l´aviation nigériane a détruit un véhicule suspecté par des services de renseignements à Gorgo lundi dernier. L´armée nigériane annonce aussi avoir tué 15 combattants de Boko Haram lors du ratissage de Masa et Gulumba Gana, des localités nigérianes. Un militaire des forces armées nigérianes a aussi été tué et un autre a été blessé lundi dernier. Du matériel de guerre aurait aussi été récupéré.

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