Société

La ville d’Ebolowa est sans eau depuis 13 jours

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Les populations d’Ebolowa paient le lourd tribut de l’absence d’ eau potable dans les robinets de la quasi-totalité des ménages de la plus grande ville de la région du Sud, pendant que qu’en face, les entreprises Camwater et Eneo se rejettent la faute dans un jeu de ping-pong interminable par média interposés.

« Vous voyez vous-même comment il y à des bidons dans ma voiture. Ça fait une semaine déjà qu’Ebolowa n’est pas alimentée en eau potable ; alors je suis prêt à aller à travers la ville pour chercher là où je peux avoir un point d’eau pour approvisionner la maison et cet exercice on le fait depuis une semaine et quelques bidons d’eau ça ne suffit pas pour une famille d’environ quatre cinq personnes. Les odeurs pestilentielles, c’est le calvaire que nous vivons. »

« Nous sommes plutôt résignés parce qu’on ne sait plus ce qu’il y a lieu de faire par rapport à cette question d’eau. On avait cru qu’au moment du comice on devait avoir de l’eau courante, un château d’eau. Ebolowa n’a pas de château d’eau, on ne comprend pas ce qui arrive. ».

« C’est très pénible ; On est exposé aux maladies en se ravitaillant de part et d’autres. Ce qui est marrant c’est que la Camerounaise des eaux ne communique même pas pour nous donner une quelconque information. ».

«  Le problème d’eau à Ebolowa c’est un calvaire. Non seulement on ne peut pas avoir de l’eau à Ebolowa 7 jours sur 7, mais aussi les responsables à ce niveau manquent même d’expliquer au client ce qu’il en est et pire encore parmi ces agents il y a des arnaqueurs… en réalité c’est une société qui ne respecte pas son client. Ils n’en font qu’à leurs têtes, ils s’en foutent. La preuve en est qu’après la grande pénurie de la semaine passée, ils nous ont servi l’eau pendant deux jours juste pour laisser au client de venir payer leurs factures ; dès qu’ils ont perçu leur argent, ils ont encore arrêté. ».

Comme on le constate à travers les réactions de quelques habitants d’Ebolowa pris au hasard, la colère dans la ville est telle que les autorités administratives de ville craignent qu’on en arrive à des troubles sociaux ; ce d’autant que la seule fois om l’eau a coulé dans les robinets comme par miracle, c’était à l’occasion de la présence à Ebolowa d’un Ministre. Curieusement, après le départ de ce dernier, l’eau courante s’est de nouveau volatilisée ; confirmant la rumeur selon laquelle c’est la présence de « son excellence » en ville qui était à l’origine du retour assez furtif du précieux liquide.

L’eau c’est la vie ! Un adage qui semble ne pas s’appliquer à la ville d’Ebolowa, qui, ironie du sort, ne possède même pas un château d’eau en dépit de son statut dans la région du Sud, mais surtout du fait qu’elle a accueilli en 2011, le Comice agro-pastoral, soit l’unique évènement pensé pour que chaque ville qui l’accueille se dote au passage d’importantes d’infrastructures de nature à changer non seulement la physionomie de la ville mais également la vie des populations.

Le Secrétaire général des Nations Unies, S.E Ban Ki Mon disait récemment ; « Water is energy and energy is water ».

Pour ne rien arranger du tout, les populations assistent impuissante à un jeu de ping-pong verbal entre Camwater et Eneo. A Camwater, lorsqu’on decide de parler, c’est uniquement pour accuser Eneo, qui naturellement se defend. En effet les agents de la Cameroon water utilities corporation (Camwater) se plaignent de e que les coupures d’électricité sont en partie responsable de la pénurie d’eau dont les machines de traitement ont besoin de courant ; pendant que chez Eneo, on se plaint des actes de vandalisme sur le réseau électriques, mais surtout de la faible pluviométrie qui ne permet pas de faire tourner les turbines à plein régime et donc de produire suffisamment d’électricité. Entre temps, les populations vivent des arnaques sur le terrain de la part des agents qui se présentent pour soi-disant dépanner la situation ; lorsque ce ne sont pas les factures qui pleuve à fréquence régulière alors que l’eau est à peine disponible une fois tous les sept jours.

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De nombreux investissements et contrats sont pourtant réalisés quasiment tous les mois dans les bureaux feutrés des ministères à Yaoundé autour de l’eau et de l’énergie ; mais il semble que plus l’on contracte des prêts via des décrets pour tel ou tel adduction, réhabilitation, augmentation de capacité, réfections diverses ou projet dans le domaine de l’eau, plus la situation empire sur le terrain. Approché par nos confrère de la Crtv, voici par exemple ce que déclare M. Hurbert Abega Abega, le Directeur des services techniques de Camwater : « …il ne suffit pas d’avoir la production, il faut pouvoir la distribuer. Il faut que le réseau soit structuré, que cette eau soit transférée dans tous les coins de la ville… ».

Du côté des autorités qui doivent avoir des forages à leurs disposition dans les résidences d’Etat ou dans certains services publique à défaut d’être ravitaillé en priorité grâce aux réserves ; le gouverneur de la région du Sud, Jules Marcelin Njaga, se lance plutôt dans la langue de bois au micro de Freddy Melingui de la Crtv Sud : « Dans un tout proche avenir, les problèmes d’eau dans la ville d’Ebolowa seront tout simplement un triste souvenir. Parce que à l’heure actuelle, le gouvernement a confié le marché de réhabilitation de l’adduction d’eau d’Ebolowa à une entreprise qui devrait s’atteler à travailler, sur un financement banque mondiale, un financement important ; et l’entreprise a déjà commencée à travailler… » et de poursuivre en essayant d’instrumentaliser voir d’intimider les médias : « … Donc, c’est dire que vous devez en tant que journaliste vous employer à rassurer les populations. Encore une fois, même à Yaoundé, capitale politique du Cameroun, l’eau n’arrive pas partout. Les Camerounais vivent effectivement les problèmes d’eau dans toutes les villes du Cameroun, dans toutes les régions du Cameroun. Dans notre région, il n’y a pas que la ville d’Ebolowa, il y à la ville de Kribi qui a également un programme de réhabilitation de l’adduction d’eau et de construction de châteaux d’eau. ».

Les paroles du gouverneur sont confirmées par Epié Ngone, Directeur régional Camwater pour le Centre, Sud et Est « La Camwater construira trois châteaux d’eaux pour absorber et équilibrer la distribution de l’eau dans la ville d’Ebolowa. » ; mais aussi par son collègue de la Communication, Serges Nicolas Atangana Mbarga, qui souligne que « La Cameroon water utilities corporation (Camwater) qui est charge de la mise sur pied des infrastructures ne ménage aucun effort pour que toutes les villes puissent avoir de l’eau… sur financement de la   Banque africaine de développement (Bad) par la Banque mondiale, il y a déjà le projet de réhabilitation de la station d’Ebolowa par l’entreprise Fifer ; et la durée des travaux est de 18 mois. Nous avons essayé d’impliquer la population, de leur expliquer que ça va prendre un peu de temps. Dans 18 mois, Ebolowa ne connaîtra plus ce genre de travers. ».

 De bonnes nouvelles en perspectives, mais effectives dans18 mois ; encore qu’il ne s’agit là que de prévisions. Entre temps, les habitants de la ville d’Ebolowa et ses environs devrons tous les jours se ravitailler comme ils peuvent en luttant au pour ne pas perdre la santé, trop d’argent voire leur dignité à cause des maladies hydriques qui envoient déjà beaucoup d’entre eux dans les formations sanitaires de la ville où la prise en charge des malades est également affectée par la pénurie de l’eau potable.

Patrick Dongo

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