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La victoire finale pour Kamzong Abossolo au Tour cycliste du Cameroun

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Le coureur camerounais a conservé son maillot jaune de la première étape jusqu’à la ligne d’arrivée dimanche à Yaoundé. Dimanche, au Boulevard du 20 mai à Yaoundé. Il est un peu plus de 14h. La voix du speaker domine difficilement les cris hystériques d’un public qui célèbre son champion.

Le tour cycliste international du Cameroun vient, en effet, de livrer son vainqueur. Clovis Kamzong Abossolo, coureur de la SNH vélo club, est littéralement porté à bout de bras par le président de la Fédération camerounaise de cyclisme, Honoré Yossi, et une foule pressante qui le tire de toutes parts. Celui qui a su arborer et conserver le maillot jaune depuis la première étape du tour, le 14 mars dernier, traverse triomphalement l’avenue, pour s’approcher du podium. Derrière lui, l’équipe du Burkina Faso célèbre, un peu moins bruyamment, la seconde place au classement général de sa flèche, Rasmané Ouedraogo. Pour compléter le podium, le Rwandais Emile Bintunimana n’est pas moins fier.

Ainsi s’achève une semaine intense, au cours de laquelle les impressions et les sentiments se seront entremêlés ; les joies et les déceptions se seront succédées ; avant que l’anxiété, aussi bien des organisateurs, des officiels que des athlètes et leurs supporters, ne cède le pas au soulagement. Juste satisfaction, au bout d’un parcours riche en enseignements. Au bilan, sur le double plan technique et de l’organisation, il y aura naturellement eu des choses à retenir, d’autres à bannir et, bien sûr, celles qu’il faudra entretenir, pour les perpétuer.

Leçons

Au nombre des satisfactions, il faut entre autres compter l’organisation quasi parfaite, selon divers avis, de l’étape Limbe-Douala, couronnée par le critérium de 49 km à l’intérieur de la capitale économique. Sécurité irréprochable, populations disciplinées, logistique assurée… A l’occasion, Douala la rebelle, Douala la frondeuse, aura fait mentir tous ceux qui s’en tiennent très souvent à ces préjugés. Le contre-pied aura été tellement bien fait que le commissaire de l’Union cycliste internationale suggère que lors des prochaines éditions soit programmé un critérium plus long à Douala. L’idée est lancée, mais il faudra encore concilier les intérêts économiques – ce n’est pas du tout évident de bloquer la circulation toute une journée dans une ville essentiellement commerçante – et les enjeux sportifs.

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Sur le terrain sportif, justement, la performance des coureurs camerounais, vainqueurs de cinq étapes sur huit, est un motif de grande satisfaction. Le maillot jaune de Clovis Kamzong Abossolo, distinction suprême qui récompense le premier au classement général au temps, n’est alors que la juste récompense d’une cohésion d’équipe, qui lors des derniers évènements cyclistes, a cruellement manqué aux représentants du Cameroun.

Promesses

Faut-il dès lors croire à une renaissance du cyclisme camerounais ? Certains avis n’en sont pas loin. Ils s’appuient notamment sur les faits que, mis à part les soucis liés à l’état de certains axes routiers empruntés ; la résistance de quelques atavismes dans l’organisation des évènements au Cameroun, comme les retards accusés une ou deux fois lors des départs des courses ; l’incivisme de certains usagers qui a, par exemple entaché d’un accident la première étape de la course, lorsqu’un conducteur de moto, sorti de nulle part, a embouti le vélo d’un cycliste, etc., il y a comme un bourgeonnement de talents au sein des clubs, et de volonté chez les officiels et dirigeants du cyclisme.

Il est clair que, avec l’émergence de jeunes coureurs comme Gérémie Francis Nzeke de l’équipe nationale du Cameroun, vainqueur de trois étapes sur les huit, la tenue parfaite de Clovis Kamzong Abossolo, Hervé Raoul Mba, etc., ce sont les talents qui manquent le moins. Si à la Fécacyclime, on ne s’avance pas trop sur les actions à venir pour entretenir cette flamme naissante, il y a des images, comme celle du sultan roi des Bamouns, qui est sorti de son palais de Foumban pour acclamer la caravane du tour ; l’enthousiasme des milliers d’anonymes amassés le long des routes parcourues, ou le zèle de tous ces partenaires et sponsors engagés dans l’aventure, qui laissent penser qu’avec juste un peu plus d’engagement et de sérieux dans l’organisation de cet évènement, il y aura certainement autre chose que le football pour enchanter le cœur des Camerounais.

Serges Olivier OKOLE

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