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La préservation de la paix au Cameroun, seule affaire de l’Etat ?

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Face aux menaces de toutes sortes qui mettent à mal la paix et la sécurité dans notre pays, il est urgent que les populations se mobilisent pour soutenir l’Etat dans ce combat.  A travers les médias, notamment la radio, la télévision et la presse écrite, les citoyens sont informés de la situation d’insécurité en crescendo qui règne dans la Région de l’Est du Cameroun avec les troubles en RCA, et dans la Région de l’Extrême Nord du Cameroun avec l’organisation terroriste Boko Haram.

Ces nouvelles ne sont pas de nature à rassurer quand on sait que certains de nos compatriotes ou étrangers vivant sur notre territoire ont été violentés, tués, privés de leurs biens, ou enlevés par des ravisseurs particulièrement féroces. Face à cette situation, le gouvernement de notre pays s’est engagé sur plusieurs fronts pour la protection de notre pays, dans le but de mettre fin aux enlèvements d’étrangers sur notre territoire. Pour vaincre les bandits qui sèment l’insécurité chez nous, de nombreuses actions stratégiques sont mises en action par nos forces armées. A côté des actions purement militaires, les citoyens de notre pays, sans exception, doivent apporter leur contribution, car la paix et la sécurité requièrent le concours de tous.

Il s’agit donc pour chacun de nous de se poser la question de savoir quels sont les devoirs du chrétien envers la patrie ? Quels sont ses devoirs en tant que citoyen? La réponse à cette question fait appel à la notion de patriotisme, car le patriotisme est inhérent à la nature même de l’homme. Nous naissons dans une patrie, nous sommes nés au Cameroun, nous n’avons pas choisi de naître au Cameroun. Jean Ousset, dans son ouvrage Patrie, Nation, État, l’exprime de cette manière : « De même qu’il nous faut un père et une mère pour naître, il n’est pas d’homme qui ne doive à une patrie sa première et fondamentale expression d’animal politique ».

La patrie n’est ni un club, ni un parti politique.

C’est dans la patrie, notre patrie le Cameroun, et par elle à travers mes parents, que je reçois la vie et les aliments nécessaires pour le corps et l’âme : l’éducation, la culture, la langue, la foi, toutes les caractéristiques qui déterminent ce peuple concret dans lequel Dieu m’a placé. La patrie, dans ce sens, est un facteur d’unité si naturel qu’il est antérieur et supérieur à tous les autres facteurs d’unité artificiels qui divisent les hommes. C’est pourquoi la patrie doit être au-dessus de tous les partis politiques, même si on ne semble pas le comprendre au Cameroun.

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Rappelons pour l’histoire que la guerre de 1914 fit la preuve de l`erreur fondamentale d’un slogan marxiste : « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ». Pour les marxistes, la patrie était une invention de la bourgeoisie pour opprimer le prolétariat. En 1914, l’Internationale Socialiste fut dissoute et fractionnée, car les prolétaires allemand, français, italien, autrichien ou anglais réagirent dès le début en tant qu’Allemands, Anglais, Italiens, Français ou Autrichiens et non en tant que prolétaires. Nous voulons par là dire qu’un homme peut changer de classe sociale, quitter la classe sociale à laquelle il appartient. Il peut progresser et s’ouvrir un chemin dans l’existence. Il peut perdre tout ce qu’il a et se prolétariser, mais il ne pourra pas échapper à l`empreinte indélébile que sa patrie laisse à jamais dans sa personnalité. On est d’abord Camerounais avant d’appartenir à une classe sociale ou à une idéologie déterminée, à un parti politique, à une tribu. Ma patrie le Cameroun est donc ce que j’ai en moi, au fond de moi et c’est pourquoi le patriotisme, avant toute autre chose, apparaît comme un sentiment très élevé d’attachement à la terre de nos ancêtres.

Dans notre vie familiale, personne n’est venu nous expliquer que c’est un devoir, une obligation ou une vertu que d’aimer et d’honorer ses parents. Nous les aimons de manière naturelle, cela vient spontanément du fond de nous. De la même façon naît le patriotisme. Il est possible que nous n’ayons pas l’occasion immédiate de le prouver, mais il apparaît comme un sentiment très fort dans les moments de crise ou de difficultés, ou lorsque nous nous trouvons hors de notre patrie. Le patriotisme est, en premier lieu, un sentiment naturel issu de l’appartenance naturelle à cette patrie où nous naissons et vivons, et que nous n’avons pas choisie.

Cette appartenance nous impose des obligations, comme nous en avons envers notre famille et nos parents. C’est avec la prise de conscience de cette appartenance et des obligations qui en découlent, que le patriotisme devient vertu. Tout d’abord vertu naturelle, vertu humaine. Il est certain que pour être patriote, il n’est pas nécessaire d’être chrétien, il est suffisant d’être un homme, un citoyen. Le patriotisme apparaît donc dans son premier aspect comme une vertu humaine. Si le patriotisme est une vertu, qu’est ce qui peut expliquer que nos propres frères soient soupçonnés d’être en complicité avec des bandes terroristes qui mettent la vie des personnes et des biens en danger à l’Extrême Nord de notre pays ? Qu’est ce qui peut expliquer que des intermédiaires locaux se portent garants de négocier avec les ravisseurs s’ils n’y trouvent pas leurs comptes ? Qu’est ce qui peut expliquer que des nationaux soient soupçonnés d’organiser eux-mêmes les enlèvements de personnes ? Ici, nos dirigeants doivent prendre leurs responsabilités et éduquer les Camerounais à la notion de citoyenneté et de patriotisme. Eduquer les Camerounais, c’est aussi durcir les lois, faire preuve de fermeté, tourner le dos à la complaisance et punir sévèrement ceux qui par leurs actes malveillants mettent la paix et la sécurité de notre pays en péril.

Sylvestre Ndoumou

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