Aux États-Unis, l’idée n’est plus si baroque qu’il n’y paraît. Alors qu’en 2001, seulement 7 % des américains voyaient dans la polygamie une pratique « moralement acceptable », ils sont aujourd’hui 16 % à la considérer favorablement, selon le sondage Gallup. Depuis le début des années 2000, cet institut prend le pouls de la population sur des sujets de société sensibles aux États-Unis, comme l’euthanasie, l’avortement ou la peine de mort.
Certes, ces 16 % de la population à considérer la polygamie comme « moralement acceptable » représentent toujours une minorité. Mais parmi les dix-neuf « tabous » évoqués dans le sondage, il est celui qui a connu la plus grande évolution vers l’acceptation. Dans les résultats de l’enquête publiée le 26 mai dernier, la polygamie arrivait en cinquième position des thèmes controversés dont l’image s’était améliorée, juste après les relations homosexuelles, le fait d’avoir un enfant et des relations sexuelles hors mariage, le divorce et la recherche médicale sur les cellules souches obtenues à partir d’embryons humains. Aujourd’hui aux États-Unis, il est même plus acceptable d’être polygame que d’entretenir des relations extra conjugales (ce que seuls 8 % des américains jugent moralement admissible).
Certains attribuent cette évolution à « une vision libertaire, à un laissez-faire des jeunes américains en ce qui concerne le sexe, le mariage et la vie de famille » tandis que d’autres y voient un « effondrement des valeurs » ou une conséquence du lobbying. L’origine de ce changement est peut-être plus complexe, car la pratique polygame se trouve à la croisée des chemins de plusieurs influences américaines. Aujourd’hui, les polygames seraient entre 50.000 et 100.000 et, pour la plupart, musulmans et mormons fondamentalistes, en précisant que la majorité sont polygynes (un homme avec plusieurs femmes) et non polyandres (une femme avec plusieurs hommes). Source : madame.lefigaro.com