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La police aux trousses de l’ONG « Cameroun O bosso »

Charles_Ateba_Eyene

LE MARCHÉ SANDAGA de Douala a connu une effervescence toute particulière jeudi le 23 octobre 2014. Difficile pour les commerçants de vaquer à leurs occupations et surtout d’être davantage sensibilisés sur leurs droits.

Ils se sont dispersés à cause de l’arrivée brusque sur les lieux des hommes en tenue. Le but de ces derniers étant d’empêcher les commerçants de se mobiliser autour des acteurs de l’organisation citoyenne « Cameroon O’ Bosso ». Ces derniers qui ont effectué une descente dans l’optique d’éduquer les commerçants sur leurs droits et devoirs.

Cette descente intervient quelques jours après que des tracts ont été distribués aux vendeurs par les mêmes acteurs de la société civile. Le marché Sandaga fait de plus en plus parler de lui ces dernières semaines à cause du différend qui oppose les commerçants à leur régisseur. Celui-là même qui, aux dires des vendeurs, n’a plus autorité d’agir vu que cela fait des années que la Communauté urbaine de Douala a rompu toute forme de concession dans cet espace marchand, dit-on. « Au lieu de quitter les lieux, il gère le marché au gré de ses fantaisies, impose des taxes injustifiés et met véritablement mal à l’aise les vendeurs », dénoncent les plaignants mécontents que la police ait interrompu la rencontre de jeudi dernier avec les membres de « Cameroon O’ Bosso ».

Rappelons que l’action entreprise par l’organisation évoquée supra fait suite à la tenue d’un atelier de formation des commerçants du Marché Sandaga, le jeudi 9 octobre 2014 dans la salle de manifestation de l’Orphelinat Saint Gérard de Deïdo à Douala.Actualiser des stratégies de défense des intérêts des associations au regard du contexte socio-économique, mobiliser des ressources multiformes pour l’exécution du plan d’actions, mettre en oeuvre le plan d’actions en mettant les groupes en prise directe avec les autorités au niveau local et national. Etaient là les objectifs de cet atelier de formation initiée par « Cameroon O’Bosso ».

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Une activité qui s’est tenue dans le cadre de son projet « Citizen Action » en partenariat avec la fondation Friedrich Ebert Stiftung. Un projet qui vise à renforcer les organisations à la base et les accompagner dans la promotion de leurs intérêts dans l’interaction avec les centres de décision au niveau local. Car, la qualité du pouvoir dépend de la qualité des contre-pouvoirs. La mobilisation est d’autant plus importante « qu’à l’heure actuelle, le Cameroun est en train d’accélérer la mise en oeuvre du processus de décentralisation à travers lequel bon nombre de questions économiques et sociales seront désormais traitées au niveau local », observe les organisateurs. Ces derniers attendent ainsi former au moins 100 personnes représentant au moins 3 secteurs d’activités sur la situation actuelle au sein de leur secteur d’activités : les ressources gouvernementales disponibles, la quantité et la qualité des services auxquels ils ont droit, lien entre les taxes et les services, la prestation de services, etc.

Des actions qui interviennent dans un contexte où le Cameroun sort d’un cycle électoral assez long qui s’est étendu sur trois ans et qui a vu les Camerounais/es renouveler leur leadership aussi bien au niveau national que local. Des élections présidentielles de 2011 jusqu’aux législatives et municipales de 2013 en passant par les sénatoriales, la participation des citoyens à ces élections reste insatisfaisante, selon « Cameroon O’ Bosso ». Cette corporation ajoute comme tous les peuples du monde, les Camerounais /es restent très préoccupés par leurs conditions de vie. Ils restent très soucieux de l’amélioration de leur pouvoir d’achat, de l’accès aux services sociaux de base, de la mise en place des infrastructures de qualité et de l’amélioration de la gouvernance publique. Ils sont particulièrement assoiffés de changement.

« Mais ce changement au vu des expériences ne sera possible que par une organisation et une mobilisation des groupes ou des secteurs d’activité en vue d’agir sur les cercles de décision au niveau local », insiste l’organisation citoyenne. Cette dernière travaille dans l’objectif de permettre aux différents groupes de la société camerounaise :d’identifier leurs intérêts politiques, économiques et sociaux, de s’organiser par rapport à ces intérêts, définir les voies d’action politique et agir, afin d’obtenir et de construire un changement durable dans le système de gouvernance camerounais qui intègre ces intérêts de manière définitive.

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

 

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