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Opération épervier: La malédiction des DG de la CRTV

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Nombre de yaoundéens ont cru faire un cauchemar. C’est que les choses sont allées très vite en cette matinée de vendredi pour Amadou Vamoulké. Au point où son entourage immédiat n’a, à aucun moment, envisagé tournure aussi vertigineuse des événements. Tout est parti d’une convocation du juge d’instruction reçue le mercredi 27 juillet 2016 par l’ancien Dg.

Dans la fébrilité que peut charrier une telle nouvelle, Amadou Vamoulke, qui sent le roussi, contacte aussitôt Me Ngnié Kamga, son avocat. C’est flanqué du Bâtonnier de l’Ordre national des avocats qu’il se rend au cabinet du juge pour recevoir notification de son mandat de détention avant d’être écroué à la prison centrale de Kondengui, accusé de détournement de deniers publics. En attendant d’y voir plus clair dans les prochains jours, les sources proches du cabinet du juge font état d’un détournement de l’ordre de 2,8 milliards Fcfa ensemble et de concert avec Gervais Mendo Ze, son prédécesseur, relativement à la gestion de la redevance audiovisuelle. Les faits de la cause remonteraient à 2005 au lendemain de la prise des rennes de la Crtv par Amadou Vamoulke. L’on parle d’écarts relevés à l’époque entre le montant de la redevance déclarée reçue par le top management de la Crtv et la somme décaissée effectivement par le trésor public et mise à la disposition de l’organisme audiovisuel.

Si les écarts observés en 2005 se limitaient à 1,2 milliard Fcfa, ceux-ci passeront à 1,6 milliard Fcfa l’année suivante. En tout état de cause, et si l’on en croit une source réputée proche du volumineux dossier d’accusation, Amadou Vamoulke devra, à l’information judiciaire, se justifier sur le trop perçu à lui imputé, relativement à cette redevance audiovisuelle dont l’enveloppe reversée par la Crtv aurait été délibérément gonflée. Un bref rappel : pour être écroué à la prison centrale de Kondengui aujourd’hui, Amadou Vamoulke avait fait l’objet d’une longue traque depuis le 17 février 2015. Ce jour là et pour la première fois en 10 années de règne, le Dg avait été longuement auditionné par le juge d’instruction Noëlle Bahounoui. La machine judiciaire venait de se mettre inexorablement en marche. En l’espace de sept mois, Vamoulké se présentera par quatre fois au cabinet du magistrat instructeur. Mais c’est le 28 août 2015 que son sort fut scellé. Au terme de plusieurs heures d’exploitation, le Dg de la Crtv avait reçu notification de deux chefs d’accusation, dont l’un en rapport avec des avantages jugés illégaux qui culmineraient autour de 59 millions Fcfa.

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L’autre chef d’accusation mis à sa charge concernerait la gestion de la Cameroon marketing and communications Agency (CMCA), la régie publicitaire de l’Office pour un montant de malversations de l’ordre de 398 millions Fcfa, de concert avec Antoinette Essomba, l’ex-directrice de ladite agence, inculpée le 17 novembre 2014 avant de prendre ses quartiers à la prison centrale de Kondengui. Les dépositions de l’ex collaboratrice confrontées à celle du Dg avaient été assez édifiantes pour le juge d’instruction et suffisamment accablantes pour un Vamoulke encore en fonction. Ce jour là, Antoinette Essomba s’était mise à table pour dévoiler des tripatouillages et autres prestations fictives ayant eu cours à la CMCA. Une authentique histoire de l’arroseur arrosé, lorsqu’on se souvient que c’est sur les dénonciations d’Amadou Vamoulke qu’Antoinette Essomba sera prise dans les serres de l’Epervier. Après Mendo Ze et Vamoulke, des augures malveillants font, d’ores et déjà, miroiter un destin tout aussi funeste à l’actuel directeur général.

Qu’il y prête une oreille attentive ou pas, Charles Pythagore Ndongo est fondé à travailler dans cet environnement souillé et hanté, frappé du sceau de la malédiction de ses prédécesseurs. Réussira-t-il à s’armer de suffisamment de sérénité pour exorciser ces vieux démons qui hantent la maison Crtv depuis la chute de l’inamovible auteur de la chanson à succès «Assimba» au terme d’un bail ininterrompu de 17 ans ? C’est tout le bien qu’on puisse lui souhaiter.

Sources : CameroonOnline.org

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