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La Guinée Équatoriale n’abandonnera pas le franc CFA

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La Guinée Équatoriale n’abandonnera pas le franc CFA n’en déplaise aux pays francophones de la CEMAC. Alors que les pays francophonies, anciennes colonies françaises d’Afrique, débâtent, sans courage et sans issu, sur la pertinence de continuer ou non à utiliser le Franc CFA comme monnaie, la Guinée Équatoriale, seul pays hispanophone ayant aussi le CFA comme monnaie, continue son développement remarquable sans se soucier de la couleur de sa monnaie.

En effet, mieux nantis par habitant que les autres pays dont elle partage les destinées de la sous-région CEMAC, la Guinée Équatoriale, pays ami du Cameroun, n’envisage pas, du moins pas pour le moment, d’abandonner le Franc CFA pour créer sa propre monnaie. En tout cas et pour le moins qu’on puisse savoir, cela n’est pas dans l’agenda proche du gouvernent Équato-guinéen qui ne fait pas de la couleur de la monnaie une priorité ou un obstacle pour son développement. Son souci premier étant le développement, avec pour point focal l’investissement massif dans l’infrastructure durable d’abord par soucis du bien-être de sa population. La monnaie, on verra après !

Si la monnaie semble n’être pas un frein à l’atteinte des objectifs bien planifiés par les dirigeants de ce pays, on peut tout de même constater que s’il y a un pays de la zone CEMAC qui peut amorcer le virage radicale vers la création de sa monnaie, c’est bien la Guinée Équatoriale.

Situé au Sud du Cameroun, la nature a tout donné à cet Émirat africain. Sa position géographique dans en Afrique Centrale, son sous-sol regorgeant d’énorme quantité de ressources surtout du pétrole et du gaz. Ce qui fait de cet Eldorado un candidat idoine pour la création de sa propre monnaie souveraine. Moins d’un million d’âmes, 740 743 habitants (en 2015) occupent cet archipel constituée de deux parties, l’une continentale, bordée par le Cameroun et le Gabon, l’autre insulaire avec l’île de Bioko (où se trouve la capitale Malabo) et l’île d’Annobón, pour une superficie totale de 28 051 km2. Elle est aussi caractérisée par un taux de chômage relativement bas de 8 % (2013).

Ce pays, qu’on appelle le Koweït africain, est riche et connaît une croissance ascendante et un développement panoramique comparable aux émirats du golfe. Pourtant, elle ne pense pas, ou du moins, à ce qu’on ne sache pas, n’envisage pas de créer sa propre monnaie. Alors que le Cameroun, la Congo, le Tchad, le Gabon, la RCA sont des anciennes colonies Françaises, la Guinée Équatoriale a été colonisée par l’Espagne d’où sa culture hispanophone. La langue majoritaire de la Guinée équatoriale est l’espagnol, maîtrisée par 88 % de la population. Bien que deuxième langue officielle (1997), seulement 10% de jeunes tentent de s’exprimer en Français.

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On se serait attendu que, dans ce désir ardent et toujours insistant et de pression sur les anciennes colonies Françaises, que ce pays plutôt hispanophone porte le flambeau d’une nouvelle monnaie, qui sera source d’inspiration pour les autres pays qui soit hésitent, soit sont hyper corrompus, soit gèrent la longévité au pouvoir par la modification constitutionnelle à la place des vraies affaires. Soit ses États n’ont pas la création de leur monnaie souveraine à leur agenda ou tout simplement dorment au feu rouge les deux mains sur leur volant et attendent le feu vert de la France pour prendre l’autoroute de leur monnaie souveraine, source de liberté, croient et chantent désormais, du levée au couchée du jour, tous les experts de la monnaie souveraine comme source de développement.

La question qu’on peut se poser est celle de savoir, si la France, comme le prétendent certains experts de la monnaie souveraine, pays colonisateur embrigaderait par la force le Cameroun, le Congo, le Tchad, la RCA et le Gabon dans la monnaie des Coloniales Françaises d’Afrique (CFA), pourquoi la Guinée équatoriale, plutôt hispanophone, car colonie Espagnole s’y maintient également. Elle qui n’a ni le français comme langue, ni un passé coloniale avec la France, ni un dépôt aux trésors de l’hexagone avant peut être de rejoindre le CFA. Qui plus est, elle a souvent, plus que les autres pays de la zone CFA, eu des relations en dents de scie avec la France.

Alors que se cache-t-il finalement derrière le CFA ? Pourquoi aucun pays francophone ne veut faire le saut de libération définitive et préfère rester dans la gueule du méchant CFA? Ne dit-on pas que la liberté s’acquière, ne se donne pas ? Le pays qui peut se retirer du CFA aujourd’hui est bien la Guinée Équatoriale compte tenu de son passé, de sa richesse, de son développement exponentiel, de sa gestion et de son avenir.

Peut-on conclure en disant que certains observateurs ont-ils raison de dire que le développement et le bien être d’un peuple n’est pas forcement lié à la couleur de sa monnaie mais aux hommes qui dirigent les destinées des gouvernés et qui ont un plan et savent où va la voiture dont y conduisent ?

Malheureusement comme les Guinées ne se ressemblent pas, on peut se demander en termes de développement et de bien-être, où en est aujourd’hui, la Guinée Conakry, pays qui a sa monnaie souveraine, le franc guinéen créée en 1960 (1 EUR = 8448.9746 GNF Franc guinéen), par rapport à sa sœur la Guinée Équatoriale qui a pour monnaie le CFA (1 EUR = 655.9570 XAF)?

Martin Stéphane Fongang

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