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La gare routière de bépanda tonnerre interdite

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Les chargeurs des agences de voyages, mécontents de cette décision du sous-préfet de Douala 5ème, demandent l’indulgence de l’autorité administrative. Bépanda Tonnerre. Il est 11h. L’ambiance n’est pas celle des jours ordinaires.

C’est le calme ici. Les coasters habituellement stationnés ici pour embarquer les passagers à destination de la région de l’Ouest du Cameroun sont invisibles. Les passagers également. Seuls quelques chargeurs sont visibles. Ils sont identifiables grâce à leur chasuble de couleur verte ou rouge. Cette ambiance rompt avec celle des jours ordinaires où des véhicules de transports en commun et passagers investissent ce lieu. Cette nouvelle ambiance du carrefour Bépanda obéit au communiqué daté du 15 avril 2015 et signé de Jean Marie Tchakui Noundie, sous-préfet de l’arrondissement de Douala 5ème.

Dans ladite note, « le sous-préfet de l’arrondissement de Douala 5ème informe tous les transporteurs par cars et autobus qui chargent sur la voie publique au quartier Bépanda, lieu-dit « carrefour Tonnerre » qu’ils ont jusqu’au mercredi 06 mai 2015, délai de rigueur, pour rejoindre la gare routière de Sodiko/Bonabéri. Passé ce délai, tous les véhicules trouvés sur place seront immobilisés à l’aide des sabots avant d’être tractés à la fourrière de la Communauté urbaine de Douala à Youpwé ».

Même si les chargeurs reconnaissent travailler sur la voie publique, ils ne cachent pas leur colère. Le mécontentement se lit sur leur visage et même dans leur voix. « On a été informé il y a près de deux semaines. C’était au cours d’une descente mixte sur le terrain d’une délégation composée du préfet du département du Wouri qu’accompagnait le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala et le sous-préfet de Douala 5ème. Ils nous ont dit de nous installer à la gare routière de Bonabéri et nous avons dit qu’il y a trop d’insécurité à Bonabéri », explique un chargeur. Pour un autre, « c’est vrai qu’on charge sur la voie publique, mais, on peut s’organiser de manière à ne plus perturber la circulation. Cette situation ne nous arrange pas. Parce que beaucoup de personnes trouvent leur compte ici et cela fait baisser le banditisme qu’il y avait ici dans le passé ».

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Françoise Foning

A en croire les chargeurs, plusieurs activités sont pratiquées sur cet espace. Tenez par exemple. Chaque laveur gagne 500 Fcfa par véhicule lavé, les chargeurs ont 200 Fcfa par véhicule déchargé. Toutes choses qui permettaient d’occuper les sans-emploi de ce quartier. «S’il n’y a personne pour nous soutenir, ce carrefour va devenir encore plus dangereux qu’avant avec les vols et agressions en pleine journée», s’accordent à dire les transporteurs avant de poursuivre, « tout cela a commencé après le décès de Françoise Foning. De son vivant, elle s’est plusieurs fois opposée à notre déguerpissement de ce lieu. Maintenant, nous sommes abandonnés à nous-mêmes».

D’après les chargeurs, les véhicules stationnés sur ce lieu n’avaient pas d’agence de voyage sur place. Ils ont donc regagné leurs différentes agences de voyage réparties dans la ville. Les chargeurs dénoncent par ailleurs l’insécurité à la gare routière de Bonabéri qui, disent-ils, n’est pas éclairée dans la nuit, n’est pas entretenue et est dangereux pour les voyageurs de nuit et les passagers qui vont s’exposer aux agressions. Ils plaident toutefois pour le retour à Bépanda Tonnerre tout en promettant de s’organiser afin de ne plus occuper la voie publique.

Blaise Djouokep

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