Features

La France répond aux soupçons de complicité avec Boko Haram

La-France-Laurent-Fabuis-Boko-Haram-Cameroun

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est venu au Cameroun pour tenter de faire taire les soupçons de complicité avec Boko Haram

L’entrevue entre Laurent Fabius et Paul Biya, le chef de l’Etat Camerounais, s’est déroulée à huis clos. Mais à la sortie, le chef de la diplomatie française a fait savoir qu’il était chez Paul Biya pour «une visite de solidarité et d’amitié profonde avec le peuple camerounais» qui traverse une période difficile marqué par la guerre contre Boko Haram, la secte islamiste d’origine nigériane.

Solidarité ? Le mot, tel une pilule, est difficile à avaler par une bonne partie du peuple camerounais. Dans les émissions interactives, sur la toile et dans la presse locale, des compatriotes de Paul Biya, ne cachent plus leur ressentiment contre l’ex colonisateur qui brille par son absence sur le terrain de la guerre conte Boko Haram. Cette guerre qui dure depuis neuf mois et qui a déjà fait des milliers de victimes. Afin de défendre le territoire camerounais et finir au plus vite avec les insurgés, des camerounais espéraient que sur la base de certains accords, la France avait le devoir de s’engager militairement aux côté des soldats camerounais comme elle l a fait en 2013 au Mali dans la guerre conte le terrorisme au Sahel. L’absence de la France sur le terrain des opérations à l’Extrême-Nord du Cameroun, a même amené une certaine opinion à la soupçonner de complicité avec le groupe terroriste Boko Haram.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

En réaction, Laurent Fabius a d’abord tenu à faire savoir qu’il était bien au parfum de ce ressentiment du peuple camerounais exprimé à travers la presse. « Nous avons suivi que la France aurait quelque tolérance envers Boko Haram. Ce n’est pas possible parcqu’elle n’a rien à faire avec des égorgeurs. Nous défendons devant la Communauté internationale, la nécessité de lutter contre le terrorisme ». Il a ensuite expliqué pourquoi son pays ne peut pas s’engager militairement dans la guerre contre Boko Haram. «Nous n’avons pas à nous substituer à l’armée camerounaise. Les Africains mènent déjà ce combat. Mais, nous sommes totalement engagés à vos côtés et il n’y pas ambiguïté à ce niveau » Apres ce propos qui sonne comme une mise au point, le chef de la diplomatie française s’est pressé de préciser que, bien qu’étant absent au front, la France soutien autrement le Cameroun dans cette guerre contre ce qu’il a présenté comme un groupe de faux religieux et vrais criminels.

Sur le type d’engagement de la France aux cotés du Cameroun dans la guerre contre les insurgés, Laurent Fabius a fait savoir qu’il porte sur les dons, le lobbying et le renseignement.  « Nous avons commencé à mettre à la disposition de nos amis (l’armée camerounaise), un certain nombre de renseignements. Le renseignement qui n est pas quelque chose de marginale parce que si on veut lutter efficacement, il faut savoir quels sont les mouvements des troupes de l’ennemie. Notre engagement s’exprime aussi sur d’autres aspects sur le plan matériel et aussi la mobilisation pour le soutient international aussi bien au niveau européen parce qu’il y a des aides à donner qu’au niveau des Nations Unis. C’est la France membre permanente du conseil de sécurité des Nations Unis qui va défendre la proposition africaine, la proposition du Cameroun qu’il y ait cette force interafricaine » indique le chef de la diplomatie française qui a bouclé samedi  par le Niger, ce périple de deux jours qu’il a commencé par le Tchad, suivi du Cameroun.

Ces trois pays limitrophes du Nigeria, bastion de Boko Haram, attendent impatiemment la réaction de l’ONU à la demande de l’Union Africaine et autres organisations internationales d’envoyer les moyens matériels, financiers et humains pour contribuer à éradiquer Boko Haram.

Adeline ATANGANA

Populaires cette semaine

To Top