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La fête de la Tabaski se célèbre ce samedi

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Même si le prix du mouton est élevé dans certains marchés, la tradition de La fête de la Tabaski  sera encore respectée cette année.

C’est ce samedi 4 octobre, que la communauté musulmane au Cameroun  se retrouver pour célébrer l’Aïd-el-kebir. Communément appelée Fête du mouton, c’est la plus grande fête de l’islam, après celle qui sanctionne la fin du Ramadan. Elle commémore la soumission d’Abraham, père des croyants, à Dieu par l’acceptation du sacrifice de son fils. Le Seigneur, voulant éprouver la foi, la fidélité et l’amour d’Abraham à son endroit, lui a fait passer une épreuve dans laquelle il devait tuer Isaac, son enfant. Voyant son serviteur répondre favorablement à la demande, l’Eternel va envoyer son ange le stopper net et lui donner un mouton à la place, pour le sacrifice.

A quelques heures de l’événement, les préparatifs se déroulent à plusieurs vitesses, relativement au prix du mouton. Selon que l’on se trouve dans le septentrion ou le Sud du pays. En effet la fermeture des frontières d’avec le Nigéria, dans le cadre de la prévention contre le virus de l’Ebola et la lutte contre Boko Haram, a provoqué la baisse des prix de la bête. En l’absence de grands négociants nigérians, les moutons se négocient à des prix défiants toute concurrence sur les marchés de la région.

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« Ces derniers jours, au marché du Comice à Maroua, les prix vont de 15 000 F à 120 000 F. L’année dernière, dans la même période, un gros mouton de la race Ouda se vendait à 200 000F et le plus petit à 45 000F »,

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assure Hamadou Abdou, vendeur. Sali Hassana, acheteur, se réjouit de la conjoncture : « Je viens d’acheter mon mouton à 50 000 F. L’année dernière, j’ai dû débourser au moins 75 000 F pour en avoir un de qualité acceptable ». Au marché de Founangue à Maroua, la même tendance baissière est observée. Les vendeurs qui viennent des localités environnantes comme Bogo, Pette, Gazawa, Kousseri sont quelque peu déçus par les prix à la bourse des moutons à Maroua. Pour Abba Kariwa, vendeur venu de Bogo, les pertes sont énormes. « J’ai acheté ces animaux quand les prix étaient très élevés. J’ai dû les engraisser avant de les amener au marché mais je perds au moins 20 000 F sur le prix de chaque animal ». Dans les marchés de Yaoundé, les prix de belles bêtes restent prohibitifs, entre 100 et 200 mille francs au bas mot. Du coup, les fidèles musulmans attendent la dernière minute, espérant voir les commerçants baisser les prix sur la dernière ligne droite.

La fête du mouton est aussi une occasion de parade vestimentaire pour les musulmans. Les hommes ont ainsi l’obligation de parer leurs enfants et leurs épouses avec de nouveaux habits. Cette année, les prix des pièces de pagne ont pratiquement doublé sur les marchés. « Avant, on se ravitaillait à Maiduguri, Kano et Lagos. Les frontières avec le Nigeria étant fermées, la plupart des commerçants s’en vont s’approvisionner au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Sénégal», révèle Bouba Shehou, commerçant au marché central de Maroua. Les dépenses que génèrent ces longs déplacements sont répercutées sur les prix de vente. Dans les ateliers de couture, la pression est à son comble. Les couturiers s’affairent à livrer les commandes avant le jour J. Certains ont perdu le sommeil, d’autres ont recruté de la main d’œuvre occasionnelle. Plus qu’un simple événement religieux, cette fête est l’occasion pour les familles, amis et connaissances de se retrouver.

© Yvette MBASSI-BIKELE, Grégoire DJARMAILA | Cameroon Tribune

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