Economie

La Douane au front contre l’Insécurité aux frontières

Journée-internationale-de-la-Douane

Une journée de réflexion sur la gestion coordonnée des frontières organisée jeudi à Yaoundé. En prélude à la célébration de la Journée internationale de la Douane, le 26 janvier 2015, les Douane camerounaises ont organisé jeudi à l’Institut des Relations internationales du Cameroun (Iric), en partenariat avec l’EIFORCES, une journée de réflexion sur le thème : « Les Douanes camerounaises face au défi de la gestion coordonnée des frontières en conjoncture d’insécurité ».

Selon Minette Libom Li likeng, Dg des Douanes, l’expression gestion coordonnée des frontières désigne une démarche coordonnée des services de contrôle aux frontières à la fois sur le plan national et international, dans leurs efforts visant à améliorer leur efficacité en matière de gestion des échanges commerciaux et des flux de voyageurs, tout en préservant l’équilibre par rapport aux nécessités du contrôle. Elle permet notamment d’améliorer l’efficacité aux frontières et de renforcer la gestion des risques. Cet évènement se déroule dans un contexte dominé par le conflit en République centrafricaine (RCA), la piraterie maritime sur le plan d’eau et les attaques de la secte Boko Haram dans l’Extrême-nord. Dans cette veine, au cours de l’année 2014, la Douane a effectué 3804 saisies de marchandises aux frontières. Celles-ci ont généré des droits compromis d’environ 1,2 milliards de F et des amendes de plus d’un milliard et demi de francs.

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L’objectif de la journée de réflexion est notamment de montrer l’apport technique non négligeable des Douanes au dispositif sécuritaire national. Selon Jean Marie Wetondieu, chef secteur des Douanes de l’Extrême-nord, on note un déclin de l’embellie des Douanes dans la région. « Avant, en termes de recettes fiscales, nous réalisions environ 5 milliards de F par an. Le gros des recettes provenant des postes douaniers de Fotokol et de Kousseri. Certaines unités ont reçu des obus des forces ennemies. Décision a été prise de suspendre les activités dans certains postes comme ceux de Fotokol, Kolofata, Dabanga, Limani, Mblamé », explique-t-il. Et d’ajouter que, « pour l’exercice 2014, nous avons réalisé 3,9 milliards de F de recettes, grâce à l’excellent comportement du poste de Fotokol au premier semestre. Mais les chiffres ont chuté à partir de juillet avec le bombardement de ce poste par Boko Haram ».

Dans l’Extrême-nord, les Douanes ont dû trouver des mesures palliatives par une réadaptation de ses missions par rapport à la nouvelle conjoncture et l’instauration d’une plate-forme de lutte contre la contrebande. Ainsi, l’appui porté par les Douanes aux forces de maintien de l’ordre a permis la saisie d’effets militaires, d’armes et de munitions. Du côté du poste des Douanes de Garoua Boulaï, la situation sécuritaire laisse également songeur. Selon Pierre Ngankam, chef du bureau principal des douanes de Garoua Boulaï, les locaux de cette administration sont en général la première cible des incursions des groupes rebelles. Mais surtout, cette journée de réflexion sert à exposer l’importance de la coopération entre les services présents aux frontières pour prévenir et combattre les différents trafics et commerces illicites faisant l’objet de prohibitions ou de restrictions.

Steve LIBAM

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