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La délivrance de la CNI coince toujours

CNI-Carte nationale-d’identité-nationalité-camerounaise

Dans les différents points agréés de Yaoundé, de nombreux usagers peinent à récupérer  ce précieux document depuis plusieurs mois. Se débarrasser du récépissé de la Carte nationale d’identité (CNI) est devenu un chemin de pour certains usagers. « C’est depuis deux ans que je cours après ce précieux document sans succès au Commissariat d’Odza.

Les nombreux rendez-vous de retrait se soldent toujours par un renvoi sans raison valable. La seule réponse qu’on donne, c’est qu’elle n’est pas disponible. Les autorités rallongent juste la date d’expiration du récépissé », explique Cécile Ngo Missé, femme de ménage. C’est aussi le cas de Bienvenu Kassissou qui court également depuis deux ans après sa CNI. « Une erreur s’était glissée sur le lieu de naissance et depuis lors le calvaire a commencé. A chaque fois, on procède au renouvellement de mon récépissé qui n’est pas une carte nationale d’identité. Là, je viens de réussir au concours de Douanes et je dois partir en formation et on exige ma carte. Je ne sais plus quoi faire. J’ai introduit une nouvelle requête et j’attends », ajoute le jeune homme désemparé. En guise de preuve, entre ses mains, il tient une photocopie de son acte de naissance et de son récépissé dont l’aspect physique a perdu de son éclat.

Comme lui, de nombreux usagers font le pied de grue tant dans le bureau des récriminations des services du Système de sécurisation de la nationalité camerounaise (Senac), situé au quartier Mvan à Yaoundé que dans les différents commissariats. C’est ainsi que, certaines personnes, dans l’impossibilité d’entrer en possession de ce précieux sésame font face aux difficultés dans leurs opérations bancaires : retrait du salaire et d’argent envoyé. « Je ne parviens pas à faire certaines transactions dans ma banque faute de la  CNI », indique Hélène B. A sa suite, c’est Alain Mbida, cadre d’administration qui a vu son salaire séquestré dans sa banque faute de cette pièce d’identité depuis quelques mois.

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Face à cette situation devenue monnaie-courante, l’Equipe de CT s’est rapprochée des responsables de la Senac qui n’ont laissé filtrer aucune explication. « Il nous faut l’aval de la hiérarchie pour vous dire quoi que ce soit. Nous sommes désolés », a laissé entendre un responsable. Mais, d’après certaines discrétions, l’on apprend que c’est pour des raisons de sécurité. « Nous avons des problèmes de double nationalité. C’est-à-dire que quelqu’un qui prend l’acte de naissance d’un membre de sa famille pour se faire une pièce d’identité qui lui permet de passer des examens. Nous avons également des problèmes d’empreintes digitales qui très souvent ne sont pas bien apposées ou encore des photos qui sont floues », confie un ordinaire des lieux. « Les enquêtes prennent du temps. Lorsqu’une personne est née à Kousséri par exemple, il faudrait vérifier la souche de son acte de naissance à la mairie de la ville natale afin de confronter les informations pour voir si elles sont exactes. Il est arrivé des fois que certaines personnes aient une double personnalité et d’autres qui ne se reconnaissent pas dans les pièces mis à notre disposition. Pour des raisons sécuritaires, on travaille avec minutie », conclut-il.

Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG

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