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La Conac enquête sur le projet sucrier de Batouri

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A la suite des dénonciations des actes de corruption autour de ce projet, la Commission nationale anti-corruption (Conac) s’est autosaisie du dossier. Une source bien placée au sein de la Conac a confirmé ce mardi, 03 mars 2015 à « Mutations » que « nous avons effectivement décidé de nous auto-saisir de ce dossier au vu des allégations graves de tentatives de corruption publiées çà et là ».

Notre source cite ainsi « plusieurs articles de presse parus sur le projet sucrier de Batouri qui révèlent ces tentatives de corruption orchestrées par des hautes personnalités de l’Etat ». En effet, on se rappelle que, dans son édition n° 402 du 10 décembre 2014, l’hebdomadaire privé « Repères » avait accordé une interview exclusive à Dieudonné Mirabeau Dong Thry Dong, le promoteur du projet de construction d’un complexe agro-industriel sucrier à l’Est. A l’occasion, l’interviewé avait nommément indexé Emmanuel Bondé, le ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique (Minmindt), comme l’un des fossoyeurs de ce projet. « Le ministre exige sa part », avait-il déclaré en appuyant cette sortie par la dénonciation d’une tentative de corruption sous la forme de « l’exigence de l’octroi gratuit de près de 4 milliards de francs Cfa, soit 25% des actions, comme condition de facilitation d’implantation du projet ». Dans le même temps, Dong Thry Dong exposait des manœuvres similaires de la part d’autres membres du gouvernement et hautes personnalités de la République du Cameroun. Dans la même lancée, d’autres articles de presse s’étaient largement étendus sur ces micmacs autour du projet sucrier de Batouri.

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C’est donc au vu de la gravité des dénonciations contenues dans la presse, précise notre source citée plus haut, que « la Conac a décidé de s’autosaisir du problème ». Cette source confirme que « nous avons déjà identifié les différents acteurs de ce dossier et nous sommes passés à la phase des convocations et demandes de renseignements et d’informations ». Tout comme au Conseil national de la communication (Cnc) où le journal « Repères » a été traduit par Paul Martin Momeny Mindjos, le directeur de l’Industrie au Minmindt. Ce dernier, dans sa plainte, dont les termes sont transcrits dans la convocation datée du 09 janvier 2015 envoyée à « Repères » par le Cnc, arguait de ce que « votre journal [Repères] a publié des déclarations non appuyées sur des preuves concrètes l’indexant nommément ». Après une première comparution le 21 janvier 2015, des sources proches de ce journal et du Cnc affirment que « « Repères » s’est retrouvé une fois de plus devant le Cnc ce mardi 03 mars 2015 ».

Toutes ces procédures se déroulent au moment où le projet sucrier de Batouri connaît une autre tournure avec la désignation d’un repreneur, en l’occurrence l’entreprise marocaine Cosumar. Une procédure que Justin Sugar Mills Sa, selon des sources internes, conteste en continuant la mise en œuvre de son projet selon le chronogramme et les termes définis par le protocole d’accord du 13 avril 2012 entre l’Etat du Cameroun et cette entreprise privée.

Source : Mutations

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