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la Banque mondiale doute des capacités de Camtel à rentabiliser le mobile et la 3G

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Dans un rapport daté de novembre 2014 et dont des extraits ont été révélés le 3 décembre 2014 par l’hebdomadaire camerounais Repères, la Banque mondiale émet des réserves sur la capacité de la Cameroon Telecommunications (Camtel), l’opérateur historique des télécoms, à rentabiliser la technologie 3G qu’elle exploitera dès 2015 grâce à la licence de mobile que lui a délivré le gouvernement camerounais cette année.

«Camtel se contente d’offres minimum et de mauvaise qualité. L’entreprise n’a pas su exploiter la technologie CDMA (avec le Ctphone notamment, Ndlr) qui est équivalente à la technologie 3G», tranche l’institution de Bretton Woods dans son rapport.

Fort de ce postulat, poursuit la Banque mondiale, «l’attribution, probablement sans contrepartie financière en raison sans doute de la dégradation des finances de l’entreprise, d’une licence 3G à Camtel semble exclusivement politique, sachant que Camtel ne semble pas avoir des compétences humaines pour mettre en œuvre un réseau de qualité».

A cette peinture, résistera difficilement la note financière «BBB» récemment attribuée à l’opérateur public des télécoms par l’agence de notation panafricaine Bloomfiled Investment.

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Les états financiers de Camtel au 31 décembre 2013 révèlent en effet un déficit de trésorerie de 4,9 milliards de francs Cfa, un endettement abyssal estimé à 141,2 milliards de francs Cfa à fin décembre 2013 (contre 91,7 milliards en 2012), malgré un résultat net d’un peu plus de 3 milliards de francs Cfa enregistré en fin d’année.

Mais plus globalement, analyse la Banque mondiale, le Cameroun qui ambitionne d’exploiter 4 licences 3G en 2015 (Nexttel, MTN, Orange et Camtel), pourrait passer du statut de «l’un des rares Etats d’Afrique à ne pas avoir de licence 3G à un des Etats à en avoir le plus». Une situation qui ne rassure pas la Banque mondiale, qui analyse : «avec 4 licences 3G, il est fort probable que le marché de 20 millions d’habitants ne soit pas suffisant pour que les quatre opérateurs rentabilisent les nécessaires investissements liés à la migration tout en ayant des offres 3G performantes».

Agence Ecofin

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