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L’ armée toujours d’attaque contre Boko haram

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Dans les deux régions interarmées du septentrion, l’objectif reste plus que jamais de garder l’ennemi hors de nos frontières, malgré quelques incursions de lâcheté. C’est au cours d’une démonstration aérienne que l’équipe de journalistes nationaux et internationaux a mis pied dans la troisième région militaire interarmées (RMIA3) mercredi.

C’est dans le cadre d’une campagne de communication sur la zone de conflit organisée par le ministère camerounais de la Défense. Aux commandes de l’Alpha jet, le commandant de base 301 de Garoua en personne, le colonel Barthélémy Marie Tsilla.  C’est que la RMIA3 occupe une position stratégique dans ce combat. « Ces engins apportent un appui d’inspection, un appui surveillance et un appui feu à la RMIA4. Aucune force ne peut engager un combat sans profondeur  », indique le général Frédéric Ndjonkep, commandant de la RMIA3. Cette Région est en effet une sorte de base arrière du dispositif, et met à la disposition certains de ses vecteurs de combat. C’est ainsi qu’une patrouille d’Alpha Jet a été mise à contribution pour appuyer les troupes à Achigachia il y a quelques mois, boutant des combattants qui avaient attaqué massivement et investi cette localité. La Région est un verrou et mène, de concert avec le niveau stratégique et dans le cadre de l’opération « Emergence 3 », sa part de croisade contre l’insécurité.

Ici, les équipes s’entraînent régulièrement. Preuve que toute l’ armée est encore mobilisée pour vaincre définitivement l’ennemi. Même la gendarmerie, pas très visible selon certains, est très présente en matière de renseignements. Et des équipements de pointe sont mis à disposition. Le colonel Tsilla, dans une ambiance de détente qu’on n’aurait pas pu imaginer en pareille circonstance, affirme : « On a tout ce qu’il faut pour réussir notre mission. Il suffit que l’ordre nous soit donné pour que nous utilisions notre artillerie ». D’ailleurs, dans des locaux appropriés, des engins sont bichonnés par des dizaines d’hommes, certains prêts à lancer l’assaut à la moindre alerte. Avec des hommes gonflés à bloc. Et pour le confirmer, rien de mieux que d’aller à leur rencontre, dans les postes de combat.

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C’est ainsi que la troupe de journalistes, conduite par le colonel Didier Badjeck, de la division de la communication au ministère de la Défense a, à nouveau, embarqué dans le C130 de la Cameroon Air Force pour la RMIA4. D’entrée de jeu, le général Jacob Kodji, affirme que la secte, acculée de toutes parts par le Cameroun, le Nigeria et le Tchad, dans des actions concertées, « est en déroute, mais que cela peut constituer des risques pour les forces de défense, car les terroristes cherchent à faire n’importe quoi désormais ». D’où les attaques kamikazes. La vigilance est donc de mise.

Dans les postes de combats, les soldats restent en alerte. C’est le cas à Mabass, une localité située à environ 25 km de Mokolo, chef-lieu du département du Mayo-Tsanaga, en montagne. Les derniers accrochages ont été enregistrés il y a quatre mois, mais  nos soldats gardent l’œil ouvert ; se relayant sans cesse. « Tout est calme pour le moment, mais vous ne savez jamais quand ils peuvent attaqués. Un tireur est installé sur sa mitrailleuse 12,7, prêt à neutraliser tout intrus, juste à dix mètres de ce poste est planté une borne de délimitation entre le Cameroun et le Nigeria. Dans un petit village nigérian en contrebas nommé Drive, les habitants ont fui pendant un moment, mais ils reviennent peu à peu », explique un soldat de ligne du front. Ces militaires sont aidés par les populations locales. Les comités de vigilance ont en effet été réactivités partout et chacun est fier d’y participer, même dans le camp des réfugiés de Minawao, également visités au cours de la journée de mercredi. « Dès qu’on a une information ou qu’on voit quelqu’un de suspect, on alerte vite les forces de défense, parce que notre vie en dépend », souligne Ndahou Riskou, membre du comité de vigilance de Mabass.

Pendant les trois jours de visite au front, des descentes sont également prévues dans d’autres postes de combat, notamment à Amchidé, pour prendre le pool de la situation sur le terrain, tant sur le plan des équipements que du moral des troupes.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

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