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Kribi : Un marin ouvre le feu sur une mère de famille

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Au moment où l’armée camerounaise est engagée sur plusieurs fronts, le quartier maitre Medou Medou préfère plutôt terroriser les paisibles citoyens a Kribi avec son arme de service dont il s’est récemment servi pour briser la jambe à une femme sans histoire. La victime attend toujours désespérément que justice soit faite.

Madame Chantal Ntyam Zo’o n’est pas prête d’oublier le cauchemar qu’elle a vécu dans la nuit du 30 au 31 juillet 2014.Une soirée que cette brave commerçante d’une quarantaine d’années avait décidé de passer accrochée au poste national. Un choix fait en raison de l’annonce de la lecture des résultats du probatoire de l’enseignement général. Examen que ses deux fils ont présenté un mois plus tôt. C’est donc une ambiance un peu lourde qui s’installe dans cette petite maison familiale sise au village Eboundja II au moment où les noms des admis commencent à se faire entendre du transistor. C’est le moment que choisit le quartier maitre Medou Medou pour s’inviter dans ledit domicile. Les quatre occupants de la maison bien que surpris par cette visite inattendue à une heure tardive (entre une et deux heures du matin) finissent par ouvrir leur porte à l’homme en tenue. Une hospitalité que l’on peut comprendre quand on sait que le jeune marin en service à la base navale de Kribi (Bank) est bien connu dans le village où il est détaché depuis un moment.

En effet le soldat est affecté dans cette localité située à une vingtaine de kilomètres du centre-ville de la cité balnéaire pour assurer la sécurité du personnel et des engins de la China Harbour Engineering Company (CHEC). Cette entreprise chinoise y effectue les travaux de bitumage d’un lot de la voie d’accès au complexe industrialo portuaire de Kribi dont elle a également réalisé les travaux de la première phase. Un détachement très sensible qui vaut donc au quartier maitre et à ses collègues de disposer d’un véritable arsenal de guerre pour parer à toute éventualité. La preuve c’est qu’en s’éloignant de son poste de garde cette nuit-là, notre soldat est armé d’un fusil d’assaut de type Kalachnikov avec une centaine de munitions dans ses chargeurs. Une puissance de feu qu’il vante à ses hôtes d’un soir qui ne tardent pas à devenir inquiets. Inquiétude justifiée quand ce visiteur gênant reconnait avoir consommé du chanvre indien ceci avant de se lancer dans une manipulation maladroite de son arme.

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Arme qui finalement se fera entendre par une bruyante déflagration qui déchire le silence de la nuit. Nuit qui devient subitement plus sombre pour madame Ntyam touchée à la jambe gauche. Son bourreau quant à lui repartira comme il est venu malgré les cris de douleur et les appels à l’aide de la victime et de ses enfants. Heureusement pour ces derniers qu’ils ont été entendus tout comme le coup de feu par les frères d’arme de Medou Medou qui investissent aussitôt les lieux. Ces autres marins vont aussitôt alerter leur commandant le tout en se gardant de désarmer leur collègue qui sous l’emprise de la drogue ne cache pas son envie de faire un carnage. La réaction du Capitaine de vaisseau Eboulou Alain Marcel, commandant de la Bank, ne se fait pas attendre. L’officier supérieur de la marine nationale dépêche des renforts sur place avec pour consigne d’évacuer la blessée et de neutraliser le tireur.

C’est ainsi que la victime va être rapidement prise en charge à l’infirmerie de garnison de Kribi (IGK) tandis que son bourreau va retrouver la cellule de la brigade territoriale de gendarmerie de Kribi. Une cellule qu’il connait bien pour y avoir séjourné l’année dernière après le cambriolage dont il s’était rendu coupable dans la résidence du bord de mer de l’ancien ministre Michel Meva’a Meboutou. Le quartier maitre fera même de la détention préventive à la prison principale de Kribi pour cet autre forfait commis toujours au village Eboundja II. Il bénéficiera par la suite d’une liberté provisoire alors que l’affaire est toujours pendante devant les tribunaux de Kribi. Une liberté qu’il est également prêt de retrouver si on s’en tient à plusieurs témoignages concordants qui annoncent pour bientôt la fin de sa garde à vue du côté de la gendarmerie. Une éventualité qui est loin d’enchanter sa dernière victime.

Un forfait de plus, un forfait de trop

Madame Ntyam Zo’o de son lit d’hôpital se souvient qu’avant de lui tirer dessus son bourreau lui a affirmé que le jour où il aura à se retrouver devant l’actuel secrétaire général du Senat, Meva’a Meboutou, il se fera un plaisir de le cribler de balles car celui-ci l’a envoyé injustement en prison. A ce douloureux souvenir viennent également s’ajouter de nombreuses questions sans réponses pour l’instant. Effectivement cette brave commerçante n’arrête pas de se demander si elle retrouvera un jour l’usage complet de sa jambe gauche tout comme qui va lui payer ses manque à gagner et préparer la rentrée de ses deux garçons qui ont réussi au probatoire. La seule assurance qu’elle a pour l’heure est la prise en charge de ses frais médicaux par le commandant de la base navale de Kribi (combank). Cependant de nombreux observateurs avertis trouvent que la hiérarchie militaire sur le plan local devrait de toute urgence prendre des mesures appropriées pour mettre définitivement hors d’état de nuire ce soldat qui assurément n’a pas fini de faire parler de lui dans les rubriques de faits divers.

© Aurore Plus : Damien Tonyè

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