Culture'Urbaine

Kareyce Fotso: Nouvel album, elle passe à autre chose…

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Kareyce Fotso a chanté les différences, les douleurs, les exils, les relations entre hommes et femmes, les violences et les déracinements de toutes sortes. Le constat est fait. Le cri de révolte ou de dénonciation a été modulé. Elle passe aujourd’hui à autre chose, une phase de construction.

Croire en ses rêves. Croire au possible de chaque chose, de chaque rêve…Se dire qu’aucun sort n’a jamais été jeté sur l’Afrique, se dire qu’on peut prendre position…La chanteuse n’oublie jamais l’environnement dans lequel elle a grandi. Bamiléké élevée chez les Béti, enfant d’un coin du pays fondue dans la masse des peuples et des cultures mélangées dans la grande ville.

Le quartier Mvog-Ada à Yaoundé lui a offert un regard sur des dizaines de coutumes entremêlées, il lui a ouvert les oreilles à de multiples langues. De quoi s’épanouir dans l’enfance, puis de quoi se perdre dans les logiques adultes, de quoi se rejeter les uns les autres comme c’est souvent le cas dans ces énormes villes cosmopolites. De quoi entendre parler d’autochtones et d’allogènes, de tribalisme et d’exclusion.

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A moins de poser un regard sain sur cet entrelace de populations et de se dire qu’au contraire, on a la chance de connaître le vrai enracinement. Non pas celui qui vous lie à une seule culture, à l’exclusion de toutes les autres. Mais celui qui vous lie à un ensemble, un pays, un vaste tissage entre fibres d’horizons divers. La patrie, au sens humain du terme, l’emporte alors sur les ethnies. Et soudain croire et croître vont aller de pair.

Kareyce Fotso construit alors son nouveau répertoire comme s’il était le Cameroun lui-même. Un espace d’harmonie, une plaque tournante pour la rencontre et l’amour entre tous ses peuples. Plusieurs régions habitent ce disque, huit langues différentes le font résonner naturellement. Qu’elle parle, qu’elle chante, qu’elle siffle, qu’elle chuchote, qu’elle danse, joue de la guitare ou des percussions, Kareyce déplie devant nous, bien plus qu’un petit coin de la carte du monde.

On est pris par la main pour cheminer sur des pistes qui ramènent vers les terres d’Afrique, loin des mirages miroitant dans la confusion des rêves inaccessibles. Comme si la chanteuse n’avait qu’une seule chanson, déclinée en multiples mélodies et idiomes et que cette chanson disait simplement qu’on peut croire en ses rêves en Afrique: point n’est besoin de partir.


Daniel Ngoh

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