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Kaïsa Pakito : « J’ai été choqué par les propos de Petit Pays sur Samy Diko

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Le Golden Boy de Deïdo faisait partie de la deuxième promotion des Sans Visas (1996), après celle de Samy Diko, Njohreur ou encore Jojo Moussio (1994). Trois albums solo à son actif, Kaïsa Pakito se souvient du chemin très périlleux, surtout après son départ des Sans Visas pour les Sans Avis, avant de se lancer en solo. Ce dernier revient sur la fameuse guerre Petit Pays-Samy Diko, non sans évoquer ses propres péripéties.

Pour ceux qui te redécouvrent, peux-tu leur dire d’où est-ce que tu viens, tout en dressant succinctement ton parcours ?

Mon nom d’artiste c’est Kaïsa Pakito, je suis né le 1er Avril d’une certaine année à Libreville au Gabon. Je suis issu d’une fratrie de six dont 4 filles et 2 garçons ; malheureusement j’ai perdu mon seul frère.Je reviens au Cameroun vers la fin des années 1980 et je m’installe à Deïdo, un quartier qui m’a tout donné et tout appris surtout musicalement. Voilà pourquoi il m’est difficile de m’en séparer. Pas mal de grands m’ont inspiré, déjà un monsieur comme Douleur, c’est de loin celui qui me marque, tout ce qu’il a toujours dit dans ses chansons me touche toujours au très fond, et quand je me mets à interpréter ses titres, on dirait lui carrément. Il y a également Ben Decca qui est mon tonton que j’aime et apprécie énormément, Guy Lobé, on se charrie de temps en temps, Toto Guillaume, bref ils sont nombreux. Au-delà des frontières il y a Koffi Olomidé, Michael Jackson, Bob Marley, c’est des gens qui jusqu’ici influencent mon parcours.

Bien sûr, tes premières gloires sonnent quand tu brilles au sein des Sans Visas de Petit Pays… Raconte-nous cette expérience.

En fait j’intègre les Sans Visas en Décembre 1996 ; je précise déjà que le groupe a été créé en 1994 et tous ses membres étaient des amis et camarades de classes. Alors il s’est posé un problème de chanteur dans le groupe, Samy Diko et Njohreur ayant plié valises et Jojo Moussio (le chanteur principal) ayant dégoté un contrat du côté de la Côte d’Ivoire ; c’est comme ça qu’on fait appel à moi dans le Sans Visas comme chanteur principal…

Combien de temps y as-tu passé, et pourquoi as-tu quitté l’école ?

Les Sans Visas une école ? (il éclate de rire) Désolé si je ris mais, les Sans Visas, une école ?! Bref, si vous le dites ; dans les Sans Visas j’étais un temporaire car je travaillais à la tâche. Après chaque spectacle on me payait, après chaque album on me payait également. Pour tout vous dire, quand j’entrais dans les Sans Visas, j’avais un plan de travail ; je m’étais dit que j’y ferai deux ou trois albums, puis un album en duo avec Petit Pays avant de poursuivre ma carrière en solo. Et c’est ce que j’ai fait : On a fait l’album « Evangile » en 1997, puis en 1998 on a fait « Pakito et Samantha », et en 1999 on a fait « Alaoubadé ». Après cet album je suis parti, parce que j’estimais que j’avais donné ce que je pouvais pour ce groupe, et qu’il fallait déjà que je donne pour ma propre personne. Je suis quelqu’un de très pieux, je crois en Dieu et j’ai la conscience tranquille.

Pourquoi ce départ a-t-il fait problème ? On sait que Petit Pays les digère difficilement ?

Ecoutez, c’est légitime ; quand vous élevez votre enfant, au moment de son départ c’est toujours difficile à encaisser. Mais mon départ a fait du bruit parce que certains médias ont amplifié les faits, c’est vrai que quelque part aussi Petit Pays n’y est pas allé de mains mortes, mais bon… Je suis resté zen.

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Comment sont vos rapports aujourd’hui, Petit Pays et toi ?

On se rencontre de temps en temps, on se charrie même, mais les gens ne sont pas au courant ; c’est vrai, n’eut été certaines de ses déclarations dans les médias de nature à choquer ma modeste personne… Bref, Petit Pays reste un être humain, qui a ses qualités et ses défauts. Je préfère garder ses qualités.

C’est quoi ta position dans la fameuse histoire d’empoisonnement dont a été victime Petit Pays ? Connaissant personnellement Samy Diko, crois-tu ce dernier capable d’un tel crime ?

Effectivement je connais Samy Diko, c’est d’ailleurs un frère de longue date ; ensemble on a commencé dans les concerts scolaires, avec les Sergeo Polo, et les autres… Je connais Samy comme quelqu’un de très réservé, de très timide même à la limite. Vraiment je ne saurais prendre le parti d’un des deux ; mais j’ai moi aussi lu l’interview de Petit Pays sur le net (internet) et vraiment, j’ai été très choqué par les propos et leur dureté. Dans tous les cas, Petit Pays sait de quoi il parle, c’est un monsieur mature qui peut à tout moment répondre de ses actes. Moi je n’ai aucun avis à donner, déjà que le « monde » qu’il prétend lui avoir révélé cette histoire n’est pas le mien, je ne connais pas « ces » gens, je crois en Dieu tout puissant.

On va à présent parler de la Socam…

C’est vrai que j’attendais un peu ce crochet, car je suis un artiste et c’est aussi de mon avenir qu’il s’agit ; vous savez, les vrais problèmes de la musique commencent quand les artistes demandent à être libre or ils ignorent la vraie définition et les conséquences de cette liberté. Aujourd’hui on est instrumentalisé et l’univers musical est politisé. On a fait croire aux artistes que pour faire ci il faut être ça ; voyez-vous, quand je regarde les télés étrangères, particulièrement quand on passe l’interview d’un artiste, sur le bas de l’écran je n’ai jamais vu écrit « expert en droit d’auteur » quand on entretient un Johnny Haliday ; c’est toujours écrit « Artiste » tout simplement. Mais chez nous on dit tel est expert en ceci ou cela, une façon de nous montrer que tel artiste est plus intelligent ou supérieur aux autres. C’est dommage, mais aujourd’hui encore, il y a certains artistes à qui ça profite qu’il y ait guerre entre- nous ; à mon avis, il faut les Etats Généraux de la culture, car c’est tout un bordel. Je suis artiste, et non bureaucrate ; quand un artiste commence à aller au bureau, il n’est plus artiste je suis désolé. Il faut faire un choix dans la vie.

Selon toi, cette guerre s’arrêtera-t-elle finalement ?

Elle ne s’arrêtera pas tant que tout le système même du pays est complètement fou et flou. Déjà sur nos plateaux télé, je vois des footballeurs parler musique, théâtre etc. Or ailleurs c’est pas ça ; sur info sport par exemple, sans publicité, c’est des footballeurs qui débattent football et des rugbymen débattent rugby. Chez nous, pour critiquer un artiste, on prend un journaliste qui ne soit même pas capable de vous dire combien de notes existent en musique. C’est pathétique !


Daniel NGOH 

 

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