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Justice: Les affaires Eto’o-Cendrillon des temps modernes

eto'o-Nathalie Koah-Cameroun
Le 27 mai 2014, Samuel Eto’o Fils a déposé une plainte contre Hélène Séraphine Nathalie Koah au commissariat de sécurité publique du 2ème arrondissement de Yaoundé. Le capitaine des Lions Indomptables accuse son ex-copine d’abus de confiance. Le 29 mai 2014, Nathalie Koah est interpellée par des policiers et gardée à vue. Après trois jours en cellule, Nathalie Koah recouvre la liberté. Dans la foulée de son arrestation, le passeport de Nathalie Koah lui est retiré, puis restitué.
Au terme d’une enquête préliminaire effectuée par la police, le dossier d’accusation est transmis au parquet près le Tribunal de première instance de Yaoundé. Le procureur de la République a fait un réquisitoire introductif d’instance qui a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire qui est actuellement en cours et confiée à un juge d’instruction désigné par le président de ladite juridiction. Joint au téléphone hier (10 Juillet 2014) en mi-journée, Me Dieudonné Happi, l’un des avocats de Samuel Eto’o, est laconique au sujet de cette procédure. «L’affaire est en information judiciaire. Je n’entends pas commenter une affaire qui est en instruction». Il révélera cependant ce qui est peut-être la véritable raison de sa réticence: «Sans méchanceté, je ne fais aucune confiance au journal Le Jour», nous a-t-il appris. Il n’acceptera d’ailleurs d’être cité que si sa méfiance est expressément rapportée par le Jour.IndisponibilitéLe reporter du Jour a ensuite contacté Me Bonny Privat Elame, lui aussi conseil de Samuel Eto’o. Contrairement au premier, celui-ci a, dans un premier temps, accepté de rencontrer le reporter. Toutefois, l’entretien n’a pas pu avoir lieu hier, l’avocat s’étant par la suite déclaré indisponible jusqu’à hier soir au moment où nous allions sous presse. «J’ai eu une contrainte familiale. Je me trouve à l’hôpital», nous a-t-il dit. Mais, face à notre insistance, Me Elame a dit devoir d’abord s’en référer à son client Samuel Eto’o avant de nous recevoir éventuellement le lendemain (aujourd’hui, 11, août 2014. Ndlr). «Je ne suis que mandataire», rappelle-t-il.Samuel Eto’o réclame un peu plus de 200 millions Fcfa à son ex-copine. Nathalie Koah s’en défend. «Ma part de vérité est simple: déjà, il n’est et n’a jamais été question d’une relation d’affaire… plusieurs faits le démontrent. Simplement c’est une histoire entre deux personnes qui se fréquentaient, qui ont, d’un commun accord ou pas, décidé de rompre pour des raisons diverses et variées. On ne va pas débattre dessus, car, il s’agit de ma vie privée et de la sienne. La rupture est consommée et il y’a mésentente dans la gestion de celle-ci. J’ai eu ma petite idée à un moment, je me suis dit que c’était la rupture, j’ai ensuite pensé à la jalousie, mais la réaction de cet homme est tellement musclée que je suis perdue, moi également… », a affirmé Nathalie Koah dans les colonnes du Jour, édition n° 1715 du 2 juillet 2014.

Londres

Nathalie Koah, à son tour, dit avoir fait déposer par son avocat, Me Ndam Mama, deux Plaintes contre Samuel Eto’o: à Londres et à Yaoundé. La première pour «menaces sous condition, violence, et tentative de viol». La seconde plainte pour «publication de photos obscènes, atteinte à la pudeur… ». «Je vis très mal la publication de mes photos. Je trouve cela inhumain. Heureusement il y a des peines pour cela, et cette personne aussi grande, puissante ou forte qu’elle pense l’être, paiera pour cela. L’appareil judiciaire s’en charge. En ce qui concerne les critiques virulentes de certaines personnes, je préfère le prendre sur moi, et me dire c’est le prix à payer pour avoir fréquenté une personne qui ne sait pas canaliser ses émotions et multiplie des erreurs justifiées ou injustifiées, cela reste des erreurs», affirme Nathalie Koah.

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Dimanche, 6 juillet dernier, Nathalie Koah a quitté le Cameroun à bord d’un vol Brussel Airlines à destination de Paris.

Eitel Elessa Mbassi

Nathalie Koah: Cendrillon des temps modernes

Après une enfance modeste, la fille de 27 ans a vécu une adolescence de rêve après sa rencontre avec le «prince de New-Bell».

A Nkol-Ewoué, un quartier de l’arrondissement de Yaoundé IVème, l’histoire de Nathalie Koah se raconte comme celle d’un conte de fée. Il suffit de se rendre chez « Ma’ Mô », une dame qui vend beignets, bouillie et haricots non loin du Centre d’animation sociale et sanitaire (Cass) depuis des années pour voir que l’ancienne abonnée de « Ma Mô » est une fille du coin. « Quand je vois Nathalie aujourd’hui, je me dis que Dieu est grand, car, cette fille vient d’une famille extrêmement pauvre. Aujourd’hui, elle roule carrosse et semble nous avoir oublié », nous a confié Abdoulaye Tidjani, un habitant du quartier avec qui la jeune femme de 27 ans a fréquenté le lycée d’Elig-Essono. Les propos de celui qui est devenu footballeur corroborent ceux d’une amie d’enfance de l’employée de Camair-co: «Je la connais depuis que nous sommes petites; nous faisions tout ensemble, mais, quand elle a commencé à avoir de l’argent, elle est devenue rare».

Mais, Nathalie Koah se définit autrement. Elle qui dit n’avoir pas oublié ses anciens camarades de l’école primaire du Camp Bové, du lycée général Leclerc, du lycée d’Elig-essono, du Collège Charles et Thérèse Mbakop, etc. « J’étais un peu rebelle, têtue, mais avec des points de vue très arrêtés. Du fait d’être restée orpheline très jeune, j’ai su très tôt qu’il fallait batailler très dur pour atteindre ses objectifs. Ma mère n’a pas eu les moyens de m’envoyer faire de grandes études, mais j’ai eu des opportunités qui m’ont permis de faire quelques formations ». Ainsi résume-t-elle son passé. Aujourd’hui détentrice d’un certificat d’agent d’escale, Nathalie Koah dit être chargée de la clientèle à l’aéroport de Nsimalen.

La vie de cette passionnée des métiers de l’aviation décolle véritablement lors d’une édition de la « Nuit des stars » organisée à Abidjan. C’est ici que, chargée du recrutement des hôtesses, Nathalie Koah fait la rencontre de Samuel Eto’o, qu’elle avait déjà suivi quelques temps auparavant, alors qu’elle vivait chez sa belle-sœur à Bastos (Yaoundé). Celle que nos sources décrivent comme une ancienne protégée de Léonie Bwemba, la promotrice d’Ocean agency change alors de vie et d’amis. A l’époque, sa mère, Marie-Jeanne Amogo Koah, ancienne institutrice dans une école primaire à Nkolndongo ne reconnaît pas sa fille, avec qui elle a d’ailleurs une brouille (se mère pense qu’elle est dépensière). Mais, Nathalie, qui change de quartiers (Mimboman — Mvan — Bastos), finit par s’arranger avec sa famille. Même si elle ne le dit pas comme ça, sa rencontre avec Samuel Eto’o a changé sa vie, dans la mesure où, comme elle le reconnait elle-même, il y a eu des «bouleversements». Mais, après la romance, la jeune fille, qui ne supporte plus d’être le «petit soldat» de son homme d’hier est décidée à tout laisser tomber pour chercher «du concret».

Au départ, «j’étais jeune, je voulais m’amuser ». Aujourd’hui, «ce qu’il faut retenir c’est que je ne veux plus m’amuser, je veux d’une vraie vie, le jeu et l’amusement c’est terminé. Je voulais du concret sans lui, parce que ma relation avec lui, je ne la considérais plus comme saine, surtout que j’étais déjà avertie».

Ateba Biwolé

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