Au Cameroun, la journée de ce lundi 9 janvier a été une « journée ville morte » dans les régions anglophones du pays. Le mouvement a été lancé par plusieurs groupes de la société civile afin de protester contre, selon eux, la marginalisation et le manque de reconnaissance des anglophones dans le pays. L´action a été particulièrement suivie à Bamenda et Buéa, les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest, également fiefs de l´opposition. Plusieurs témoins ont décrit Bamenda comme une ville-fantôme. Il n’y avait plus de taxis, les commerces étaient fermés et les habitants cloîtrés chez eux. Les forces de l´ordre, elles, étaient déployées en nombre, même si aucun incident majeur n´a été signalé. « Beaucoup de voyageurs en transit se sont même retrouvés coincés ici, car il n´y avait plus de transports », a raconté un habitant. Constat quasi identique à Buéa où, selon un témoin, les forces de sécurité ont interpellé plusieurs personnes chez elles dans le quartier Mile 16. Dans les deux villes, malgré l´appel des autorités, les écoles sont restées fermées alors que ce lundi devait marquer la reprise des cours après les vacances de Noël. L´indispensable dialogue « Il faut que le pouvoir dialogue », déclare maître Eric Mbah, un des leaders du mouvement contestataire. Selon l´avocat, le gouvernement doit engager un échange honnête et arrêter de prendre des mesures cosmétiques, avec un préalable, celui de commencer par reconnaître la légitimité des revendications. « Nous attendons du gouvernement qu´il contacte les leaders de notre communauté pour engager un dialogue franc, honnête, véritable et durable. Jusqu´à présent, le pouvoir est venu avec des solutions toutes faites qui sont juste cosmétiques. L´école ne reprendra pas tant que nous ne serons pas entendus. On doit être capables de s´asseoir à la même table, de discuter et les autorités doivent avant tout reconnaître que nos revendications sont légitimes », a-t-il déclaré à RFI. Regina Mundi est une élue locale. Anglophone et membre du parti au pouvoir, elle juge également que le dialogue est indispensable. Selon elle, chaque partie doit s´accorder un minimum de confiance, discuter des revendications et trouver des accords avec un calendrier. Daniel est, quant à lui, étudiant à Buéa. Alors que l´université est restée fermée, il espère que la situation va rapidement se normaliser, sinon « on risque une année blanche », dit-il. Source