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Journée de deuil national Entre recueillement et jour férié

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En tout cas, certains Camerounais ont lu à leur manière le décret décret présidentiel instituant cette journée de deuil national. Ils en ont fait un jour férié. Et ont du coup choisi de rester à la maison pour « pleurer » les morts de la Mecque. Non sans profiter d’une grasse matinée de vendredi 16 octobre 2015 très ensoleillée.

Il est un peu plus de 11 heures, ce vendredi 16 octobre 2015. Landry traîne les pas sur le bitume du quartier commercial Akwa. Nous l’accostons tout juste au niveau de la Cathédrale Saints Pierre et Paul. La chemise à moitié trempée et le visage dégoulinant de grosses gouttes de sueurs. Il tient à la main gauche une chemise verte et à l’autre main des tranches de papaye pour assurément atténuer la soif provoquée par la canicule qui s’abat sur le cuir chevelure et recharger ses « batteries ». Malgré tout, deçu, l’homme consent de nous accorder quelques minutes sous cette chaleur étouffante Camer.be. En effet Landry vient de Bonanjo, nous apprend-il. Il s’y est rendu pour se faire établir une nouvelle carte nationale d’identité. La précédente étant égarée. Malheureusement, il rentre bredouille pour ainsi dire. Landry n’a pas pu effectuer ce pourquoi il s’est rendu dans les locaux de la Police judiciaire du Littoral.

«On m’a demandé de repasser lundi, les bureaux sont vides. Sans qu’on me le dise, j’ai moi-même constaté que les bureaux étaient vides», déplore-il. Pour cause ce vendredi 16 octobre 2015 a été décrété journée de deuil national par le président de la République pour rendre hommage aux Camerounais morts en pèlerinage à la Mecque. Près de 71 de nos compatriotes sont passés de vie à trépas dans les bousculades dans ce lieu de pèlerinage où les fidèles musulmans vont accomplir l’un des cinq piliers de l’islam. A la sous-préfecture de Douala 1er, la cour est presque déserte. Seuls quelques usagers et démarcheurs rôdent dans les couloirs. Les fonctionnaires se tournent les pouces dans les bureaux. Nombre d’entre eux ont répondu aux abonnés absents fait savoir un démarcheur qui n’ignorent rien des habitudes de ces lieux.

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« Les gens travaillent. Mais il y a certaines faces que je n’ai pas vues ce matin (vendredi 16 octobre ndlr). J’ignore les raisons de leur absence. Moi-même j’ai cru que ce jour était férié. C’est juste par curiosité que je suis venu au travail » témoigne le jeune homme. Dans les rues, ce n’est guère le décor remuant habituel qu’on connaît dans les rues de la métropole économique. Elles sont presque désertes. Pas de bouchons, même si les commerces sont ouverts. De quoi laisser le boulevard aux amateurs de rodéo. Déjà, dès l’annonce la veille de ce décret, des coups de fil allaient de part et d’autres pour savoir si demain la journée sera fériée. Comme, on peut le constater, la journée de deuil national décrétée par Paul Biya a laissé libre court à toutes sortes d’interprétations. D’aucuns, accros des fériés chômés ont purement et simplement choisi de pleurer les morts de la Mecque à la maison. Autour d’une bière fraiche pourquoi pas. Il faut dire que les journalistes de la Crtv qui ont lu le décret présidentiel devraient compléter l’information en précisant qu’une journée de deuil national n’est pas un jour férié. Tout en donnant des indications qui caractérisent une telle journée.

Blanchard BIHEL

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