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Joséphine Abiala, journaliste de Mutations, échappe à la mort

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Joséphine Abiala,  reporter au quotidien Mutations que dirige Xavier Messe, a été violemment agressée dans la nuit du 24 septembre dernier par des individus qui l’ont laissée pour morte à quelques mètres de son domicile au quartier Damase à Yaoundé.

« Elle est encore sous le choc depuis qu’elle est revenue de l’hôpital en mi-journée. Elle pleure beaucoup. Il m’est difficile à moi aussi de lui arracher même un seul mot. Elle m’a demandé de la laisser méditer. (…) Donc, si tu peux, je préfère que tu appelles même dans l’après midi ». Morceaux choisis de la brève conversation téléphonique entre le reporter du Messager et la sœur cadette de Joséphine Abiala hier jeudi 25 septembre. A en croire la sœur de la victime, la jeune reporter est encore sous le choc ; surtout après ce qu’elle a vécu la veille alors qu’elle revenait aux environs de 23h 30, du traditionnel bouclage quotidien de l’édition de Mutations, le journal qui l’emploie depuis de nombreuses années. Cela va être confirmé lorsqu’aux alentours de 14h, l’auteur de ces lignes rencontre (finalement) la concernée dans un endroit tenu secret pour des raisons évidentes.

Accoudée sur une béquille, épais foulard autour du cou, visage pâle, Joséphine Abiala a de la peine à fixer son visiteur dans les yeux. «Tu vois alors ce que je te disais ? », lâche-t-elle d’une voix entrecoupée de sanglots. En effet, la jeune journaliste a été agressée par des individus dont elle dit incapable d’identifier. « J’ai  quitté la rédaction  vers 22h 30  pour une séparante avec  un ami  au lieu dit «Rond point Express».De là j’ai emprunté une moto pour le Rond point Damase parce que je me croyais plus en sécurité», se souvient-elle. Mais alors que Abiala emprunte un taxi qui va la déposer à l’entrée de son domicile, elle se retrouve brusquement entourée de trois hommes qui lui sautent dessus, l’immobilisent et la transportent dans un véhicule garé à quelques mètres de la route bitumée. « Ils me tenaient si fort que j’ai failli étouffer. L’un d’eux me répétait tout le temps : « comme tu es têtue, cette fois-ci on va seulement te tuer ».

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Harcèlement

Pétrifiée de peur, la jeune femme demande à ses bourreaux ce qu’ils attendent d’elle. Et eux de lui répondre « qu’est-ce que tu ignores ? Lorsqu’on te dit de ne pas divulguer les informations en ta possession, tu veux nous montrer que tu es très rusée n’est-ce pas ? Nous allons te montrer que nous te surveillons à la loupe. Et après j’ai reçu un violent coup à la nuque», raconte-t-elle. La pauvre a alors perdu connaissance. Ce n’est que quelques heures plus tard qu’elle s’est retrouvée dans un établissement hospitalier où on va lui confier que c’est sa sœur cadette qui l’a retrouvée inerte au bord de la chaussée. Stupéfiée, Joséphine Abiala ignore toujours ce qui lui est reproché. En fait, depuis de nombreuses semaines, José comme on l’appelle affectueusement, n’avait de cesse de poster sur les réseaux sociaux des mises en garde à des personnes dont elle disait ignorer l’identité et dont elle recevait des appels anonymes.

L’un des plus récents remonte au mois de juillet dernier, où elle rappelait à ses « bourreaux » d’arrêter de lui proférer des menaces via des numéros masqués. Au départ, certains ont pensé qu’il s’agissait des admirateurs qui voulaient lui forcer la main. Que nenni ! Puisque avec le temps, l’exercice s’est transformé en un harcèlement inconvenant, au point où de passer le relai à des menaces de mort. Une plainte contre l’inconnu avait même été déposée à la compagnie de gendarmerie d’Efoulan. Sans suite.

Christian TCHAPMI

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