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Jeux de hasard: par ici l’addiction !

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Au fil des années, les lieux de jeux où se parie de l’argent se multiplient dans les quartiers, séduisant adultes et jeunes. Ils semblent les plus affectés par les jeux de hasard et d’argent qui ne cessent de prospérer ces dernières années dans les villes du pays.

La tranche des 18 – 25 ans est la plus nombreuse à écumer les installations de Super Goal, Scoorbet, Roisbet et autres paris sportifs. Au quartier Oyom-Abang à Yaoundé, l’une de ces maisons a désormais pignon sur rue. Ouverte aux premières heures de la matinée, elle ferme ses portes très tard dans la nuit. Et c’est par dizaines que les jeunes des environs l’investissent, toute la journée, pour parier sur des matchs de ligues étrangères. Sur les murs, plusieurs écrans plasma leur permettent de visionner les compétitions. Le promoteur a pris ses dispositions : un groupe électrogène est prêt à prendre le relais en cas de coupure d’électricité.

« On dirait que ça ne s’arrête jamais. La situation s’est empirée avec les vacances.  Désœuvrés, nombre de jeunes fréquentent assidûment cette salle, causant des nuisances sonores et même des embrouilles à leurs parents » assure un riverain, voyant d’un mauvais œil l’installation de cette salle de jeux dans le voisinage. « Il est temps que les autorités fassent quelque chose contre ces jeux. Chez moi, une pièce d’argent ne traîne plus : mes garçons adolescents la récupèrent immédiatement pour aller parier », assure Eugénie Abéga, 50 ans, mère de famille. Selon des parents rencontrés sur le terrain, les jeunes misent tout : argent de poche, frais de scolarité, frais médicaux… Et certains adultes sont tellement touchés qu’ils jouent même leur salaire mensuel. « Je connais le cas d’une dame qui met la moitié de l’argent de ration reçu de son époux dans les paris sportifs. D’autres vont jusqu’à miser l’argent des fournitures scolaires de leur progéniture dans des paris », assure Maxime D., fonctionnaire retraité.

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En vérité, les personnes sensibles aux jeux de hasard ne sont pas à l’abri de la tentation, tellement les enseignes encombrent nos rues. Entre les jeux de loterie (roulette, loto, jeux de grattage, de tirage, de dés…), paris sportifs, courses hippiques, poker, et le casino, elles n’ont que l’embarras du choix. Alors que chacun de ces jeux a son public, le « tapé-tapé », le « jambo » et les machines à sous restent très appréciés par les hommes, débrouillards et autres gagne-petit. Même si une large majorité des personnes pratiquant des jeux d’argent et de hasard le font de manière occasionnelle, la pratique à risques semble en progression, à l’observation. Dans le cas des joueurs problématiques, il s’agit plus souvent d’hommes, plus jeunes que l’ensemble des joueurs, de milieux sociaux plus modestes et moins diplômés, explique une autorité municipale.

Yvette MBASSI-BIKELE

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