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Jeune garçon d’origine Camerounaise décède en France aux urgences

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La mort brutale d’un enfant de 10 ans, dimanche aux urgences d’un hôpital de Seine-Saint-Denis, soulevait jeudi de nombreuses interrogations sur la prise en charge du jeune patient ainsi que la colère de sa mère, qui a déposé plainte. Zacharie est mort dimanche matin à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis. Depuis vendredi, ce garçon qui allait entrer en sixième à la rentrée se plaignait de maux de ventre.

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«Il ne mangeait plus, avait très mal. J’avais peur, je voyais que c’était pas un mal de ventre normal», raconte à l’AFP sa mère Monique, 32 ans, dans l’appartement familial d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Stoïque sur le canapé du salon, dans une robe aux motifs africains, cette mère de trois autres enfants n’arrive toujours pas à s’expliquer l’enchaînement de dysfonctionnements qui, selon elle, ont «tué» son fils.

Samedi soir, voyant que les médicaments prescrits par le médecin qui avait diagnostiqué une gastro-entérite ne faisaient pas effet, elle décide avec son mari d’emmener Zacharie aux urgences. «J’ai appelé les pompiers, ils m’ont écouté mais m’ont dit que ce n’était pas urgent», affirme-t-elle. La famille n’ayant pas de voiture, elle appelle une société de taxi. Problème, son quartier est réputé «malfamé» et on lui répond que les chauffeurs ne veulent pas venir. Monique décide de porter à bout de bras son enfant, qui vomissait et convulsait, et se met en travers de la route alors qu’un taxi passe. Le chauffeur s’arrête.

Partis vers 3H00 du matin de leur domicile, ils arrivent à Delafontaine à 05H15, heure à laquelle Zacharie a été «pris en charge immédiatement», selon l’hôpital. Après une échographie, on diagnostique une appendicite à opérer immédiatement. «Ils lui ont fait une perfusion, une échographie et l’ont préparé pour aller au bloc. Puis on a attendu le chirurgien», se souvient sa mère.

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Mais rapidement, l’état de Zacharie se dégrade. Monique est priée de sortir de la chambre mais apercevra dans l’entrebâillement qu’on lui fait un massage cardiaque. Zacharie, en arrêt cardio-respiratoire, meurt peu avant 09H00.

‘Personne n’avait rien détecté’

Persuadée que son malheur est lié au fait de vivre «dans le mauvais quartier», cette mère soutient que l’arrivée des secours aurait pu changer les choses et elle a déposé plainte pour non-assistance à personne en danger.«Ce décès est brutal et inattendu. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé une autopsie», a expliqué jeudi le docteur Simon Escoda, responsable des urgences pédiatriques de Delafontaine.

Les résultats définitifs de cette autopsie seront connus dans plusieurs semaines. Mais selon une source proche de l’enquête, ce décès pourrait être dû à une malformation cardiaque très rare, qui n’avait jamais été détectée.Pour sa mère, qui le décrit comme sportif et montre une photo de Zacharie prise lors d’un cours de judo, «personne n’avait rien détecté». «Je suis en colère car il y a eu de la négligence, mais j’aimerais surtout comprendre et qu’on me donne toutes les preuves et tous les examens médicaux qui ont été pratiqués sur mon enfant», demande-t-elle.Lors d’une conférence de presse, Guillaume Chesnel, directeur adjoint de Delafontaine, a décliné tout responsabilité de l’hôpital. «Il n’y a eu aucun dysfonctionnement et la prise en charge a été constante», a-t-il déclaré.

Le parquet de Bobigny a ouvert jeudi une information judiciaire pour «homicide involontaire» et «non-assistance à personne en danger».La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a demandé à l’Agence régionale de santé (ARS) de réaliser «dans les plus brefs délais une enquête pour établir les circonstances exactes du décès» ainsi que «les conditions de sa prise en charge depuis son domicile».Selon un porte-parole de l’ARS contactée jeudi, les premiers éléments révèlent que «les protocoles de prise en charge en urgence ont été appliqués» mais l’enquête se poursuit.

AFP

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