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Jeune Afrique: manipulation de l’information à l’épreuve des faits

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L`hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dans son édition N°2814 du 14 au 20 décembre 2014, poursuit son acharnement contre le Cameroun qu’il présente comme « une bombe à retardement ». Le Cameroun qui, de ce fait, « pourrait être, après le Burkina, le théâtre d’une insurrection ». Notamment à cause du « chômage galopant de ces jeunes de moins de 30 ans qui peinent à se faire une place dans une société confisquée par leurs aînés. »

La lecture de l’article intitulé : « Cameroun. Le péril jeune », ne laisse aux lecteurs aucun doute sur le projet macabre dudit article sur notre beau pays. Dans la mesure où il est bien clair, qu’il participe d’une campagne médiatique orchestrée depuis un certain temps, en vue de ternir l’image de marque du président de la République du Cameroun, Son Excellence Monsieur Paul Biya et ainsi, déstabiliser un pays plutôt serein et en voie de modernisation rapide, malgré les cactus, dans un monde en général, et un continent africain en particulier, tourmentés.

Certes, M. Rémi Carayol a signé sa feuille en tant qu’envoyé spécial de Jeune Afrique. L’on pourrait alors penser qu’il a été au Cameroun. Mais sa hiérarchie doit savoir que violant allègrement les exigences déontologiques, « l’envoyé spécial » s’est refusé de faire toute enquête sérieuse impliquant, en pareille circonstance, l’analyse, la confrontation des sources. Enquête sérieuse qui, aux antipodes de son condensé d’impressions
premières, de potins et d’élucubrations primaires servi pour des desseins malveillants, lui aurait permis de donner du Cameroun et de son illustre Chef, une image plus proche de la réalité et, en tout cas, moins folklorique.
Pour bien montrer que Monsieur Rémi Carayol tente d’abuser du lectorat, surtout extérieur, de Jeune Afrique dont il connaît les insuffisances évidentes de connaissances sur les réalités camerounaises (les Camerounais les connaissent mieux et restent imperturbables), il est fort loisible d’apporter les précisions qui suivent.

1) Sans s’appuyer sur des statistiques fiables, et se contentant de la caricature, J.A. parle du « chômage galopant des jeunes ». C’est ici l’occasion de rappeler qu’il y a une fête nationale consacrée à la jeunesse au Cameroun. Fête pendant laquelle les problèmes qui concernent cette catégorie font l’objet de débats publics. La jeunesse est, par ailleurs, au centre des préoccupations du Chef de l’Etat qui pour elle, a une politique qui produit ses fruits.

En effet, dans son message du 10 février 2014 à la jeunesse, le Président Paul Biya, fidèle à sa quête permanente de construction d’une « société juste et solidaire», appréhende le droit à la dignité du travail, comme une question de cohésion nationale essentielle. Et en ligne droite de son maître-ouvrage « Pour le Libéralisme communautaire », lequel dévoile sa sensibilité libéraleprogressiste, le leader camerounais expose en grandes
lignes, la politique d’emploi sus-évoquée.

Celle-ci repose sur une logique de responsabilités partagées, c’est –à-dire de solidarité et de relations d’échanges impliquant à la fois l’Etat, les collectivités décentralisées, le secteur privé et les chercheurs d’emplois qui doivent se sentir responsables eux-mêmes de leur avenir.
De ce point de vue, il est loisible de constater qu’à travers une variété d’actions, l’Etat présente un cahier de charges bien étoffé, englobant, entre autres :

a) dans la logique d’une politique d’activation du marché du travail fondée sur la qualité de la main d’œuvre :

. L’aide à la recherche ;
. les encouragements en numéraires à la performance scolaire et universitaire ; l’amélioration des conditions de vie et de travail des formateurs ; l’appui à la professionnalisation de l’enseignement ;

b) dans le cadre de la promotion d’un droit à la dignité du travail étendu au plus grand nombre :

. l’incitation par des subventions diverses, à la création de petites et moyennes entreprises soutenues par un cadre économique et politique porteur de technique au ministère des petites et moyennes entreprises, et au ministère de l’agriculture et du développement rural au travers de moult projets (Foddec…) ;

c) dans le cadre d’une politique de l’emploi s’appuyant sur la création des services :

Le financement des grands travaux infrastructurels :

les projets énergétiques, agricoles, industriels, les infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, aéronautiques, les travaux d’adduction d’eau, de distribution d’électricité, la construction des milliers de logements sociaux, des établissements scolaires, secondaires, universitaires, des hôpitaux et centres de santé (cf. message du 10 février 2014) , la volonté affichée d’accentuer la décentralisation par l’autonomie financière accordée aux territorialités décentralisées. Etc. ;

d) dans le cadre d’une insertion fondée sur la recherche harmonieuse entre droits et devoirs :

. la relance du service civique de participation au développement,
l’engagement à la formation des conducteurs de motos-taxis en particulier, de ceux qui, recourant à l’auto-emploi, ont renoncé à l’exigence d’un métier convenable en général, l’organisation de leurs professions, l’appui financier aux acteurs du secteur informel par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, comme mentionné plus haut.

De toute évidence, la recherche d’un équilibre harmonieux entre droits et devoirs susmentionnée n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière. Néanmoins, grâce à un taux de croissance de près de 5 %, elle permet la création d’un nombre non-négligeable d’emplois. A cet égard, dans son dernier message à la jeunesse, le président Paul Biya a communiqué des chiffres qu’aucun détracteur ne peut démentir par des statistiques contraires.
Ainsi en 2013, le Cameroun a créé 226000 emplois dont 165000 par les entreprises privées, 60000 par l’Administration et ses démembrements, 1000 grâce au projet d’insertion socio-économique des jeunes par la fabrication du matériel sportif.

Dans un ton délibérément optimiste et, misant sur un taux de croissance qui a atteint les 5% en 2014, le Chef de l’Etat avait annoncé la création de plus 250000 emplois nouveaux en 2014.

Nonobstant cette prospective optimiste, le président Paul Biya a une parfaite connaissance des contraintes et obstacles auxquels il se heurte inexorablement. Sur le plan endogène, il déplore la perversité morale, l’individualisme, le tribalisme, la faiblesse du taux de croissance, la faiblesse de la coordination gouvernementale. Il en appelle alors « au respect de la morale publique », en tant « qu’adhésion à l’intégration nationale qui constitue le ciment de notre nation ». Mais aussi en tant « qu’attachement aux règles de notre démocratie, modèle que nous avons choisi pour organiser une société juste et solidaire… » (cf. message du 10 février 2014)

Du point de vue institutionnel, il signale l’urgence des réformes : « nous sommes en quelque sorte à la croisée des chemins… ou nous empruntons le chemin de la facilité, en reportant à plus tard les réformes, et alors, dans 10 ou 20 ans, nous aurons accumulé un tel retard tel que nous pourrons difficilement satisfaire les besoins de notre population… » « Ou nous nous fixons des objectifs élevés, en nous imposant une discipline collective rigoureuse. Et nous serons résolument sur le chemin de l’émergence. C’est ce dernier choix que je suggère… »

Un choix fort judicieux pourrait-on dire, dans la mesure où la variété des actions possibles évoquées plus loin, montre à suffire, la difficulté qu’il y a à formuler une politique de l’emploi cohérente et largement efficace dans le contexte camerounais. Or, faute de cohérence institutionnelle et sans une croissance économique soutenue, le volontarisme que décline le dispositif gouvernemental pour la création des emplois continuera de produire des résultats mitigés.

Voilà esquissé en grandes lignes, ce que dit et fait Paul Biya pour l’emploi de ses jeunes compatriotes. Compatriotes qu’il appelle « au sursaut patriotique », en vue d’aider « notre pays à accéder à un niveau de développement tel que chaque Camerounais puisse vivre honorablement de son travail, élever dignement ses enfants, être logé décemment et protégé contre les maladies… » La jeunesse, comme on peut le voir, n’est ni exclue, toute exclusion de citoyen est au Cameroun anticonstitutionnelle, ni marginalisée. En témoignent, les nombreux départements ministériels et services publics ou parapublics affectés à la résolution des problèmes des jeunes.
Toutefois, il est tendancieux de feindre d’ignorer que le marché du travail est en crise. Dans certains pays développés à la tête desquels se succèdent de jeunes dirigeants, sans pour autant que ces changements d’hommes à la tête des Etats ne renversent la tendance, on parle même de chômage de masse.
Mais dans ces pays où les « travailleurs du savoir » peinent à trouver le remède-miracle, se contentant d’ouvrir des pistes de recherche en vue de suggérer des solutions propices à la résolution de l’épineux problème, l’on admet volontiers que lesdites pistes sont variées : « elles se situent à l’échelle personnelle, d’autres à l’échelle des organisations, d’autre encore passent par une nécessaire transformation sociale ». Car, en paraphrasant Epictète, pour éradiquer le chômage : il y a ce qui dépend un peu d’un chef d’Etat porteur de cause et ce qui ne dépend pas de lui.

Dans cette veine, Paul SABATIER, spécialiste français des politiques publiques, à travers le recours au concept de « deep core belief » présente le système de croyances comme un obstacle majeur à toute dynamique de changement dans la conduite de l’action publique. Cette intégration du système de croyances dans la compréhension de la mise en œuvre de l’action publique permet de relativiser la tendance très poussée de Jeune Afrique à personnaliser le problème du chômage. Ainsi au lieu de tout ramener au président Paul Biya qui fait déjà beaucoup pour contenir le fléau, il conviendrait plutôt de questionner la mentalité du citoyen camerounais encore enclin à considérer, paradoxalement, l’Etat- providence comme seul pourvoyeur d’emplois dans un contexte néo-libéral. Cette situation pousse les chercheurs d’emplois au Cameroun à se tourner essentiellement vers la fonction publique, délaissant l’exploitation d’autres opportunités qu’offre la politique gouvernementale pour l’auto-emploi.

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A cet égard, une étude menée par une ONG de droit camerounais auprès des responsables des projets d’auto emploi financés par le gouvernement, illustre que les jeunes ne s’investissent que trop peu dans l’auto-emploi. Et les rares qui s’y essayent, utilisent les sommes colossales reçues pour financer les projets d’immigration clandestine.

2) Prenant la partie pour le tout, l’envoyé spécial de J.A. affirme que la société camerounaise est confisquée par les « vieux ».

Monsieur Remi Carayol fonde son propos instrumental et mensonger sur la présentation politiquement orientée de quelques figures non représentatives de l’occupation réelle des postes de responsabilité dans l’appareil d’Etat, la Haute Administration, les sociétés parapubliques, les entités territoriales décentralisées, les forces armées et police, les entreprises privées, les médias etc.

La réalité est qu’il n’existe pas au Cameroun, un problème de confiscation du pouvoir par une gérontocratie égoïste ou exclusiviste. Tous ces jeunes quadras ou trentenaires, placés à la tête des départements ministériels, les finances par exemples, ou, dans la Haute Administration (Direction Générale des Impôts, la CSPH, la SONARA, la SCDP etc.), ne peuvent résister à la tentation de dénoncer dans la ferveur patriotique, les menées subversives de J.A. au Cameroun. Oui le président Paul Biya dirige le Cameroun en s’appuyant plutôt sur un sage dosage des ressources humaines reflétant sa politique de solidarité entre les générations.

3) J.A. corrompu par le penchant diabolique excipe contre le Renouveau, des griefs non-fondés, à l’instar de la confiscation de ces libertés dont l’exaltation par le Chef de l’Etat est pourtant l’atout cœur du régime.
Déchaîné, enragé, l’hebdomadaire en vient, au nom de la restauration des libertés « cadenassées », à appeler de ses vœux, la reproduction au Cameroun, des émeutes de la faim de 2008, afin de « créer une insurrection générale dans le pays ».

Or, la folie meurtrière du 25 au 28 février 2008 est partie d’un appel à la grève du syndicat des transporteurs urbains du fait du renchérissement des coûts de l’essence à la pompe. Une frange importante des couches les plus fragiles de la population du Cameroun s’est alors associée à cette initiative pour poser le problème général de l’inflation galopante des prix des produits de première nécessité. Malheureusement, leurs revendications qui préoccupaient le Chef de l’Etat au plus haut point, se sont transformées en insurrection. A cause de leur récupération par des entrepreneurs politiques misant uniquement sur la violence pour conquérir le pouvoir.

C’est ainsi que partant de certains quartiers de Douala, des enfants armés de fusils, de machettes et de gourdins, vont prendre en otages la capitale économique et ses populations. Ils brûleront alors les édifices publics et privés, dévaliseront les recettes des finances, les magasins privés etc.
Avec ce mélange du militaire, du politique et du crapuleux, il était clair que les milices criminalisées qui avaient mis Douala à feu et à sang, étaient désormais au service d’organisations visant la conquête du pouvoir par le coup d’Etat. Nous étions là non point en présence de procédés criminels traditionnellement discrets, mais plutôt en face d’hommes dont la volonté de plier l’Etat à leurs exigences, de prendre le contrôle direct de certains secteurs-clés de l’appareil étatique et de l’espace économique privé, n’était plus à établir.

Ces interférences entre les milices criminalisées et les entrepreneurs politiques mettaient fortement en danger la sécurité publique, la paix sociale, l’unité nationale et le développement du pays. Et voilà le scénario catastrophe que J.A. souhaite au Cameroun.

Non la liberté et la démocratie n’autorisent pas à tuer, à voler, à détruire, à violer, à bloquer le fonctionnement des institutions nationales ou internationales.

Une triste perspective qui rappelle le Libéria après la mort de Samuel Doé, la Somalie après la chute de Syad Barré, le Zaïre après le départ du Maréchal Mobutu, la Côte d’Ivoire après l’éviction de Konan Bédié… Pays dans lesquels les Chefs de bandes ont pillé, volé, saccagé, violé à l’envi. Sans être punis. La seule intervention efficace de la communauté internationale se réduisant au plus à l’humanitaire. Et surtout aux évacuations des ressortissants étrangers et à l’abandon des africains à leurs nègreries.
Non, un Etat responsable et fort, ne saurait capituler devant une telle funeste perspective. C’est la raison d’être du récent vote par le parlement de la loi réprimant les actes terroristes. Une loi qui, loin d’être liberticide, vient plutôt renforcer le sain exercice des libertés individuelles et collectives, lequel repose sur le postulat que « la liberté de chacun s’arrête là où commence celle de l’autre. »

Il faut en convenir : si Remi Carayol, l’envoyé spécial de J.A., avait été professionnel, il aurait donné du Cameroun et de son chef, une autre image. Image montrant que le président Paul Biya est un avant-gardiste qui conduit résolument son pays sur la voie étroite du progrès, avec des résultats positifs et peu communs en Afrique. Son rôle à la tête de l’Etat n’est alors en aucun cas, réductible à la seule gestion de la jeunesse. Car il s’étend au Cameroun global.

Prenons pour l’illustrer deux domaines : la vie politique et les infrastructures socio-économiques.

. Le président camerounais a ainsi, pendant son règne en cours, fait passer le Cameroun d’un régime monolithique, autoritaire, dictatorial, à un système politique pluraliste qui se consolide jour après jour.

Résultats de cette ouverture démocratique :

. Il a été mis fin à l’exil politique qui maintenait contre leur gré des dizaines de milliers de nos compatriotes hors de nos frontières ;
. Les prisons politiques hier si tristement célèbres, et si peuplées, ont été fermées ;

. La législation d’exception liberticide a été abolie, en l’occurrence, les délits d’opinion et la subversion ;

. Le parti unique ou unifié a cédé le pas au multipartisme intégral, avec des centaines de partis légalisés qui vivent librement ;

. Le régime Juridique des associations, des manifestations et des réunions instauré sous son magistère, est extrêmement libéral. Ce qui permet au Cameroun d’avoir une vie associative et socio-culturelle intense;

. Des élections pluralistes à fort taux de participation se déroulent au Cameroun.

Et depuis 1992, le parlement camerounais est devenu pluraliste.

. La liberté d’expression et de presse, naguère bâillonnée, est garantie par des lois spécialement protectrices. Ainsi d’un seul titre en 1982, année de l’accession de Paul Biya à la magistrature Suprême, il existe en ce moment au Cameroun, une floraison de journaux privés (Jeune Afrique dans cet environnement de libre expression, doit se réjouir de se vendre librement au Cameroun, malgré ses contre-vérités), appuyés par de nombreuses radios et télévisions privées.

Tandis que les partis politiques ont un accès légalisé aux médias publics (Radio, télé).

. Le constitutionalisme camerounais a consacré la séparation des pouvoirs, faisant de la justice un pouvoir, renforçant la participation citoyenne par la décentralisation et la création des régions, protégeant, entre autres, les droits de l’homme par la création du conseil constitutionnel, consolidant le pouvoir législatif exercé par un parlement devenu bicaméral, lequel contrôle l’action du gouvernement responsable devant lui…

Sur le plan des infrastructures socio-économiques, il suffit de rappeler que sous le Renouveau, dans les domaines suivants : l’éducation nationale, le réseau ferroviaire et aéroportuaire, les postes et télécommunications, le réseau routier, la santé publique, l’enseignement supérieur etc., le président Paul Biya a déjà, en moins de temps, réalisé plus que tous ses prédécesseurs en 98 ans. Soit de 1884 (arrivée des Allemands), à 1982 (départ du président Ahidjo du pouvoir).

Les informations statistiques relatives à toutes ces réalisations sont bien disponibles. S’il l’avait souhaité, lesdites informations auraient été fournies par les personnes les mieux indiquées à l’envoyé spécial de J.A.
En tout état de cause, les camerounais et tous les observateurs objectifs savent bien que sans la crise économique africaine due notamment à la chute drastique de tous nos produits d’exportation, sans la crise de succession, sans les effets pervers de la dévaluation… Ces efforts auraient été couronnés de plus de succès dans tous les domaines.

4) Nous n’allons pas terminer notre analyse sans féliciter Rémi Carayol d’avoir mis en exergue « la prospérité économique » du Cameroun. Mais c’est pour nous l’occasion de regretter la contradiction flagrante de ce constat objectif avec l’affirmation selon laquelle : « L’inertie, cette impression tenace que tout est figé, on la voit partout à Yaoundé… ». C’est qu’en fin de compte, on s’en aperçoit : ce que la déraison refuse d’admettre, la raison nous le recommande. Le Cameroun avance, sous l’œil vigilant de son auguste leader: Paul BIYA.

Comment interpretez vous cet acharnement de Jeune Afrique sur le Cameroun ?

Simon Pierre MFOMO

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