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Jean Pierre Bekolo, « Mettre en valeur nos grands hommes »

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Le cinéaste camerounais Jean Pierre Bekolo parle de son dernier documentaire qui sera projeté ce jour à l’institut Goethe de Yaoundé. Quel est la teneur de votre dernier film « Les choses et les mots de Mudimbe » qui sera projeté ce jour ?

Il est difficile de nos jours de faire des films sur des aspects positifs de l’Afrique. Le professeur Mudimbe, c’est une réussite. Nous l’admirons tous ! C’est quelqu’un qui a cinq chaires d’universités. Il parle près de 30 langues, il maîtrise tous les aspects de la civilisation occidentale. Faire un film sur ce type de personnage est un privilège. C’est un honneur qu’il ait accepté de faire un film sur lui. J’ai passé dix jours avec lui chez lui, je le filmais tous les jours. Ce qui est important, c’est qu’il faut mettre en valeur nos grands hommes aussi. Malheureusement, le cinéma vu la manière dont il se finance ne met pas en valeur ces gens-là.

De qui parle-t-il dans ce film ?

Il parle beaucoup du professeur Fabien Eboussi Boulaga pour qui il a énormément de respect. Et quand je vois comment le professeur Eboussi est traité, avec la dimension qu’il devait avoir au Cameroun et au plan international, je suis étonné. Si Mudimbe a autant d’admiration pour Eboussi, il faut comprendre.

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Pourquoi un philosophe et un penseur congolais et non camerounais ?

Je ne pense que c’est comme cela qu’il faut réfléchir. Un sujet vient à vous et vous l’embrassez. Mudimbe, c’est un grand Africain ! Personne ne le connaît des universitaires. Ses livres sont assez hermétiques. J’ai eu la chance d’avoir la proximité avec ce géant, d’enseigner dans la même université que lui et je pense qu’il était important pour quelqu’un qui prend sa retraite dans quelque temps de me dépêcher de faire quelque chose sur lui. Ce n’est pas contre les Camerounais mais quand vous allez voir le film, vous allez comprendre qu’il n’est pas que congolais. L’idée, c’est que ce sont les grands Africains sont des modèles que les universitaires pourraient copier ; les jeunes qui ne savent pas comment on devient un grand doivent imiter. Sa vie au quotidien, c’est cela qui m’a passionné. Le film se passe dans la maison, les objets qu’il collectionne, les mémoires, les chaires d’université ; le voir se mouvoir dans sa maison, il fallait montrer comment vit un savant africain bien qu’exilé. Mais il ne se sent pas à l’étranger làbas, aux Etats-Unis. Il rend hommage aux Camerounais. Il n’y a pas qu’Eboussi, il y a Célestin Monga, etc. Il fallait faire quelque chose et j’ai tout financé moi-même. Il m’a juste hébergé et donné sa voiture pour aller le voir.

« Les choses et les mots de Mudimbe » ont été projetés lors la de la 65 ème édition du festival du film international de Berlin le mois passé, un pari gagné ?

Oui ! Ce qui était vraiment génial, c’est que le film ne reste pas un film confidentiel. Le fait qu’il était sélectionné dans cette périnéale inscrivait le film dans les grands documentaires. Il n’était plus une espèce de petite vidéo que j’aurais faite autour d’un professeur. Il a été presque validé comme un document qui intéresse ceux qui s’intéressent au documentaire. D’ailleurs, le film est également sélectionné au grand festival de Marseille qui est le plus grand festival de film qui aura lieu au mois de juillet.

© Le Jour : Propos recueillis par Jean-Philippe Nguemeta

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