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Jacques Fame Ndongo : Hors des urnes, point de légitimité démocratique

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Les militantes et les militants du Rdpc célèbrent, aujourd’hui, sur toute l’étendue du territoire et à l’étranger, le 31ème anniversaire de leur Parti. Cet anniversaire s’inscrit dans la logique de la consolidation de la paix, de l’unité, de la sécurité, du progrès économique et social du Cameroun.

De toute évidence, lors même que d’aucuns (en mal de programme politique alternatif) glosent, supputent, diabolisent ou stigmatisent, le Rdpc travaille. Il tisse, serein et efficient, sa toile politique. Sous la haute autorité du Président National, S.E. Paul Biya, et la coordination exécutive du Secrétaire Général du Comité Central, M. Jean Nkuété, les militantes et les militants du Rdpc sont au four et au moulin. Les organes de base ont été renouvelés, sur toute l’étendue du territoire et à l’étranger. Les délégués permanents régionaux du Comité central du Rdpc ont été nommés.

Les inscriptions des militantes et des militants sur listes électorales d’Elecam se poursuivent méthodiquement et sans gesticulation ni ostentation. Le territoire politique national est ratissé avec rigueur, afin qu’aucun m2 ne soit laissé à nos adversaires (tâche d’autant plus ardue que la démocratie camerounaise est caractérisée par sa grande vitalité, depuis le retour à la démocratie et au pluralisme politique grâce à des lois votées, en 1990, par une Assemblée Nationale exclusivement Rdpc).

Célébration digne et responsable

Appuyés par les autres militants (quelles que soient leurs fonctions politiques, administratives ou techniques), les présidents de Section, en véritables chefs politiques locaux, effectuent une oeuvre remarquable sur le terrain. Aujourd’hui (24 mars 2016), ils organisent, à travers toutes les sections intérieures et extérieures et en rapport avec le thème de la 31è édition rendu public par M. le Secrétaire général du Comité Central du Rdpc (« Mobilisation totale derrière le Président National, Chef de l’Etat, Chef des Armées dans la lutte pour l’accélération de la croissance et le combat contre Boko Haram ») une célébration digne et responsable de la naissance du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais le 24 mars 1985 à Bamenda. Objectif : fidéliser les militants ayant leurs cartes d’adhésion et de cotisation, convaincre les hésitants ou les indifférents (électorat flottant), persuader les citoyens hostiles au Rdpc, contrecarrer les plans des adversaires politiques irréductibles qu’il faudra affronter tôt ou tard, à travers les urnes, en vue d’une victoire électorale, dans un contexte de liberté, de transparence et de démocratie avancée.

Au plan stratégique, le Rdpc ne dort pas sur ses lauriers et ne s’enlise guère dans les délices de Capoue ou dans un triomphalisme béat. Il sait qu’il a des adversaires politiques de taille, qu’il faudra vaincre, dans le respect des règles démocratiques universelles, ainsi que le recommande le Président National, S.E. Paul Biya, sans haine, sans acrimonie, sans condescendance. Mais, le Rdpc est abasourdi par la tournure cocasse que prennent les événements. Au regard de certains propos tenus çà et là, l’on a bien l’impression que ce n’est pas le verdict des urnes qui intéresse une frange (heureusement infime) des acteurs politiques. Quelles sont leurs priorités ? Les raccourcis anti-démocratiques (« Paul Biya doit quitter coûte que coûte la scène politique », « l’âge du Chef de l’Etat et sa longévité au pouvoir sont un handicap », « l’incarcération de tel citoyen est une technique d’épuration politique », certains faits de l’actualité récente (affaire Monique Koumateke) apparaissent également comme des mobiles de perturbation du climat politique camerounais. Qu’en est-il exactement, dans la réalité des faits et non pas dans le magma des fantasmes ?

Paul Biya doit-il quitter la scène politique coûte que coûte ?

Certains Camerounais répondent par l’affirmative. Nous respectons leurs opinions, car le Rdpc est un Parti démocratique et tolérant. Mais, les opinions d’un citoyen (fût-il le plus intelligent de la Planète Terre), d’un groupe de citoyens, d’un lobby ou d’un groupe de pression ne sauraient se substituer aux dispositions républicaines de la Loi Fondamentale qui font du peuple, souverain et maître de son destin, le seul juge en matière d’accession au pouvoir ou d’abandon de celuici.

Le principe aristotélicien du tiers-exclu veut que l’on ne puisse à la fois être et ne pas être (conjonction de coordination) : ou bien l’on est démocrate et républicain et l’on se prépare rationnellement pour affronter les urnes le moment venu, ou bien l’on est un oligarque, un autocrate ou un illuminé et l’on opte pour des raccourcis anti-démocratiques ou les passages en force par la violence verbale ou physique. A chacun de choisir sa stratégie ou, pis, son stratagème et de le faire connaître urbi et orbi. Mais, l’on ne peut pas choisir la casuistique ou un plaidoyer pro domo (« l’enfer, c’est les autres », comme dirait Jean-Paul Sartre) pour se tirer d’affaire à bon compte et en se situant aux antipodes de la seule voie démocratique qui vaille : les urnes.

L’âge et la longévité au pouvoir sont-ils un handicap ?

L’âge n’est pas un critère pertinent et rédhibitoire. Sinon, certains Présidents dont je n’ose citer les noms et qui jouissent d’un prestige indubitable ne seraient guère au pouvoir. Il est même un qui a été élu dans un pays respecté par tous et qui est plus âgé que le Président Paul Biya. Personne ne remet en cause sa présence à la tête de l’Etat. Quant à la longévité au pouvoir, la décence diplomatique m’interdit de citer le nom d’un Chef d’Etat d’une grande puissance mondiale qui est au pouvoir depuis 1952. Mais, tout observateur aura deviné le nom de cette digne et prestigieuse personne dont le temps mis au pouvoir ne déteint point sur sa perspicacité intellectuelle et son rayonnement planétaire. L’argument relatif au système politique (différent du nôtre) relève de la pure casuistique, puisqu’il n’a aucune incidence sur le nombre d’années mis au pouvoir avec, du reste, une compétence extra-nationale. Quand un homme politique très expérimenté et visionnaire comme le Président Paul Biya jouit de toutes ses capacités physiques, intellectuelles et morales, rien ne l’empêche de se présenter à une élection, surtout lorsque de nombreux citoyens le lui demandent avec insistance et au moment où il a encore beaucoup à donner au Cameroun.

Le système hospitalier est-il déliquescent ?

Le système hospitalier camerounais est, comme dans tous les pays du monde, perfectible. Il est des pays, et pas des moindres, où il repose sur le pouvoir de l’argent. Et nous connaissons tous un grand Parti politique de réputation mondiale qui soutient, mordicus, qu’il faille le maintenir en l’état, s’opposant ainsi à la vision et aux actes du chef de l’exécutif. Au Cameroun, le Président Paul Biya a substantiellement amélioré les infrastructures hospitalières (deux hôpitaux généraux, deux hôpitaux gynéco-obstétriques, plusieurs hôpitaux de référence, hôpitaux régionaux, de district etc.). Il a prescrit l’amélioration quantitative du nombre de personnels de santé et l’optimisation de la qualité de la formation (réforme de 2013).

L’ordre National des médecins dirigé par le très dynamique Dr Guy Sandjong veille, en liaison avec le ministre de la Santé Publique, sur la qualité des prestations sanitaires dans toutes les formations hospitalières publiques et privées qui ne sauraient être des « mouroirs ». L’homme étant imparfait, ondoyant et divers (Montaigne), il arrive qu’un personnel sanitaire puisse commettre, par négligence ou inadvertance, des actes répréhensible que le Rdpc condamne, surtout lorsqu’ils sont de nature à occasionner le décès direct ou indirect d’un être humain. Faut-il les mettre au passif de l’Etat ou du Président de la République, Président National du Rdpc ?

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Nous disons « Non » ; comme l’affirmait Jean-Paul Sartre, « l’homme est responsable de ses actes et il est responsable de tout devant tous ». Autant le Rdpc (qui soutient la politique du Président de la République) reconnaît que la vie humaine est sacrée et adresse ses condoléances aux familles de tous ceux qui perdent la vie, mutatis mutandis, dans les hôpitaux publics ou privés (malgré les efforts remarquables de l’Etat, des Associations confessionnelles ou civiles), autant il souhaite que « le sursaut patriotique », le « civisme », « la rigueur et la moralisation » que recommande le Président de la République deviennent l’apanage quotidien et profond de tous les Camerounais, où qu’ils se trouvent (à l’intérieur ou hors de nos frontières), dans un hôpital public ou privé, une usine, une plantation, ou un bureau administratif etc. Les anges ne sont pas dans un camp et les diables de l’autre. Ce manichéisme est nauséabond et irréel. Nous sommes tous des citoyens camerounais.

Et nous aimons, tous, notre cher et beau pays. Par ailleurs, s’il existe quelques brebis galeuses dans tel ou tel corps, l’on ne devrait pas, par induction, couvrir d’opprobre le Renouveau National. Ce serait comme si, lorsqu’un croyant commet un péché, il faille culpabiliser le pasteur, le prêtre ou l’imam. Nous préférons la déduction à l’induction ou au raisonnement par analogie. Au demeurant, les délestages ou les pénuries d’eau sont regrettables, pénibles mais conjoncturels. Le ministre de l’eau et de l’énergie a pris des dispositions pour résoudre progressivement et de minière structurelle, ces dysfonctionnements. Il suffit de l’interroger pour connaître la réalité, car l’information authentique repose sur les faits qui sont têtus et non sur les commentaires qui sont libres et, parfois, fantaisistes.

Le Chef de l’Etat met-il ses rivaux politiques en prison ?

Cela semble absurde : les opposants politiques John Fru Ndi, Adamou Ndam Njoya, Jean-Jacques Ekindi, Kah Wallah, Pr Maurice Kamto, Dr Olivier Billé, Dr Hameni Bieleu, Dr Bob Forbin etc., sont-ils incarcérés, eux qui se sont mesurés démocratiquement au Président Paul Biya par le biais du suffrage universel ? Et quid des citoyens « lambda » (comptables par exemple) qui sont derrière les barreaux pour des infractions de droit commun ?

Avaient-ils pour ambition de briguer un mandat présidentiel ? Rêvaient-ils d’un destin national à l’instar d’un Dr Olivier Billé, chef d’un Parti politique, qui a défié le Chef de l’Etat lors de l’élection présidentielle de 2011, qui continue d’exercer pleinement, au Cameroun, sa liberté d’expression tout en officiant comme réalisateur dans un prestigieux établissement public, bien connu de tous les Camerounais tout en dispensant tranquillement ses cours dans une grande école d’une Université d’Etat ? Son épouse est, du reste, une communicatrice très professionnelle (sous- Directeur) dans un organisme fort connu de radio-télévision à Yaoundé.

Le Rdpc approuve cette démocratie avancée et tolérante qui prévaut au Cameroun. Le Pr Maurice Kamto (opposant percutant et respectable), chef d’un Parti politique qui accepte le jeu démocratique (la voie des urnes) et dont l’épouse pilote une direction névralgique dans un grand ministère camerounais de souveraineté a-t-il humé l’air de Kondengui ? Que non ! Est-il moins compétent ou avisé que ceux qui prônent la désobéissance civile et le boycott des élections ou du jeu démocratique ? Le Président Paul Biya est un libéral et un démocrate convaincu. Il respecte les idées d’autrui et des autres formations politiques.

Que l’on n’aille pas lui faire un procès en sorcellerie sur une épuration politique fantasmagorique ou hypothétique de ses rivaux. A la fin de chaque élection présidentielle démocratique, aucun « rival » du Président Paul Biya n’est emprisonné ou stigmatisé. Alors, de quoi parle-t-on ? Selon Montesquieu, l’on sait que la démocratie repose sur la séparation des pouvoirs. Le chef de l’exécutif est-il, en même temps, chef du pouvoir judiciaire ? L’affirmer ne correspondrait- il pas à proférer une injure à l’endroit des magistrats camerounais qui rendent la justice au nom du peuple camerounais et en leur âme et conscience, à l’aune des lois et règlements de la République qu’ils appliquent scrupuleusement ? Que je sache, le Président de la République garantit constitutionnellement l’indépendance de la Justice. Il ne saurait travestir cette indépendance (principe aristotélicien du tiers-exclu).

L’élection présidentielle sera-t-elle anticipée ?

« L’élection présidentielle est certaine, mais lointaine » : ainsi parlait le Président Paul Biya, lors de la visite officielle, au Cameroun, de M. François Hollande, Président de la République Française, en réponse à une question que lui posait un journaliste français. Au regard de la déferlante exceptionnelle d’appels à candidatures émanant de la base militante et citoyenne, ainsi que de toutes les régions du Cameroun, force est de reconnaître qu’il ne serait pas superfétatoire d’affirmer que ce scrutin est désormais « certain mais lointain ou proche ». Cette conjonction alternative vaut son pesant d’or.

En effet, le pouvoir exécutif est face à deux cas de figure : ou bien il maintient la date normale de l’élection présidentielle (2018), ou bien, au regard de la conjoncture politique, il prend toutes les dispositions constitutionnelles, législatives et réglementaires pour anticiper l’élection. Mais, d’aucuns vont vite en besogne en spéculant sur « information » qui, pour le moment et jusqu’à preuve du contraire, demeure dans le cadre de la virtualité.

Toutefois, quelle que soit l’hypothèse retenue par l’exécutif, conformément aux lois et règlements de la République, le Rdpc est prêt. Il est, résolument, en ordre de bataille politique, derrière son Président National, S.E. Paul Biya, candidat statutaire (article 24, alinéa 3 des textes de base du Parti) à l’élection présidentielle. Son prestige national et international, son éloquent bilan politique, diplomatique, administratif, économique, social et culturel, sa sagacité intellectuelle (souvenons-nous du fameux « ne reste pas au pouvoir qui veut mais qui peut »), sa probité avérée et sa grande expérience managériale militent en faveur de ce choix du Rdpc, des Partis alliés et de la société civile.

Ses adversaires ont le droit d’avoir leurs champions. Le Rdpc l’accepte et l’approuve. Il attend les élections et seules les urnes parleront. En tout état de cause, le Cameroun est un Etat de droit, un pays démocratique où tout n’est, certes pas parfait (que l’on me cite une seule Nation où tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles), mais où tout est perfectible, avec le concours de tous et pour tous (sans discrimination aucune).

Tout Parti a le droit de concourir à l’expression du suffrage, en toute liberté, ainsi que le stipule la Constitution. Le Rdpc est un Parti républicain, tolérant et rassembleur. Il respecte les droits de l’homme, les lois et règlements de l’Etat, la liberté et l’opinion d’autrui. Mais, il ne transige ni sur la légalité,ni sur la légitimité, ni sur les intérêts supérieurs de la Nation. Au Rdpc, nous le clamons haut et fort : « hors des urnes, il n’est point de légitimité démocratique ». Tous les artifices utilisés par les ennemis de la voie des urnes sont un coup d’épée dans l’eau, car le peuple camerounais n’est pas dupe. Il est mûr et responsable. On ne le manipule pas. L’Histoire du Cameroun, depuis 1884, le prouve

Jacques Fame Ndongo

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