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Issa Tchiroma: «Le discours de François Hollande à Dakar ne concerne nullement le Cameroun »

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Pour le ministre de la communication, le pays connaît une évolution démocratique qui le met à l’abri de toute forme de récrimination.

Le ministre de la communication du Cameroun Issa Tchiroma Bakary ne considère pas son pays comme un de ceux que le président François Hollande visait dans son discours du 24 novembre 2014 à l’occasion du 15ème sommet de la Francophonie. Au cours de sa communication de lundi, il est revenu sur le sujet à la faveur de la question d’un journaliste qui cherchait à savoir si les propos du président français n’étaient pas une critique du régime Biya. Notre confrère a obtenu la réponse suivante : «votre question est pertinente. Je dis que le discours du président français est un hommage à la démocratie camerounaise et je vais vous dire pourquoi».

Le ministre issu de l’opposition a ensuite cité le pluralisme médiatique, Elecam qui selon lui est une « institution indépendante qui gouverne les élections » ou encore la refonte des listes électorales et la biométrie pour magnifier la progression de la démocratie camerounaise. « Ce sont des éléments que le Cameroun a », a-t-il dit pour terminer sa comparaison avec d’autres nations. « Le discours de François Hollande ne concerne nullement le Cameroun. Nous sommes à l’aise. A moins qu’il y ait des gens qui par effraction veulent accéder au pouvoir, inciter nos populations à poser des actes d’illégalité », a encore déclaré Issa Tchiroma. Non sans faire valoir aussi que tous les corps sociaux-professionnels lui écrivent ou écrivent partout tous les jours « pour dire qu’avec Paul Biya au moins ils savent ce qu’ils ont ».

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Pour lui, les mécanismes d’accession au pouvoir se retrouvent dans la constitution. Il soutient qu’elle ne prévoit pas une insurrection comme mode ou méthode d’accession au pouvoir et argue de ce que « le président Biya a toujours remis son mandat en compétition » et concouru comme en 2011 avec une vingtaine d’autres candidats sous la surveillance, avance-t-il, « d’institutions et organismes internationaux ».

Pas sûr que ce discours ait convaincu tous les journalistes présents à la rencontre de lundi dans les locaux du ministère de la communication. D’autant plus que le discours de François Hollande avait un tout autre sens. Les extraits suivants semblent bien vouloir dire qu’il ne suffit pas d’organiser des élections ou d’avoir une constitution que l’on taille sur mesure et à sa guise.

« (…) Cet accomplissement, cette transition doivent également servir de leçon. Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie. Il y a quelques semaines, le peuple burkinabè a fait une belle démonstration. A lui aussi de maîtriser ce processus, de faire en sorte que les règles puissent être posées et encore une fois respectées, que la réconciliation vienne et que l’on évite tout règlement de compte inutile. Mais aussi ce qu’a fait le peuple burkinabè, doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident. Ce sont les élections qui permettent de savoir qui est légitime et qui ne l’est pas.»

© Robert Ndonkou | CIN

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