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Issa Tchiroma bakary: « Ahmed Abba est sous exploitation»

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Le journaliste correspondant de Radio France Internationale, Ahmed Abba, est aux arrêts depuis trois mois dans la région de l’Extrême-Nord. Que lui reproche-t-on ?
Monsieur Ahmed Abba n’a pas été arrêté du fait de l’exercice de sa profession de journaliste correspondant de Rfi. Son arrestation est le résultat de la synergie heureuse entre les forces de défense et de sécurité et les comités de vigilance que nous avons mis en place et qui marchent à merveille. Monsieur Ahmed Abba à l’heure où je vous parle, est encore sous investigations. Il ne sert à rien de dire la moindre chose qui fragilise les efforts et la démarche de notre expertise qui est en train de faire un travail merveilleux. J’annonce que grâce à l’exploitation dont on fait de ce Monsieur, on est en train de démanteler des réseaux. On est en train de détricoter toute la toile ou au moins une partie de celle que nous avons pu découvrir à partir de l’exploitation de Monsieur Ahmed Abba. Cette toile est donc en train d’être démantelée et grâce à cela nous avons pu épargner des vies humaines et protéger des biens.

Comment se porte Monsieur Ahmed Abba ?
Comme je l’ai dit à Rfi, Ahmed Abba se porte très bien, surtout en santé. Nous sommes d’abord un Etat de droit. Un Etat de droit accorde toujours la présomption d’innocence jusqu’à ce que le prévenu, au-delà de tout soupçon et de tout doute, soit établi coupable. Pour l’instant la présomption d’innocence lui est accordée.

Néanmoins son avocat, Me Tchoungang, dit ne pas avoir accès à son client depuis que ce dernier est détenu…
Nous nous trouvons dans la phase où le moindre contact avec toute autre personne risque de brouiller des pistes ou de brouiller les cartes. Je vous dis que grâce à son exploitation, nous avons déjoué des intrigues, nous avons déjoué des plans. C’est quelque chose de merveilleux pour nous. Son avocat aura accès à lui lorsqu’au terme de son exploitation, il sera remis, par exemple, à la gendarmerie pour l’enquête conformément à la loi anti-terroriste. Et lorsqu’on saisira donc les tribunaux, le parquet qui, à son tour, remettra le dossier au juge d’instruction. Qu’il s’agisse donc de l’enquête menée au niveau de la gendarmerie comme au niveau de l’instruction, Monsieur Ahmed Abba fera valoir ses droits conformément à la loi. S’il estime que son avocat doit l’assister lors des enquêtes et lors des investigations, à ce niveau il n’y a pas de problème. Son avocat aura donc accès à lui. Ce procès sera un procès public. S’ils veulent commettre plusieurs avocats il leur sera libre à leur convenance de commettre les avocats qu’ils voudront. Nos experts mettront à leur disposition toutes les pièces à conviction. Mais comme les faits sont têtus, ce n’est pas l’oratoire d’un avocat, quel que soit son talent qui pourra travestir les faits. Je voudrais également attirer votre attention sur le fait que ça fait trois mois qu’il est détenu. S’il n’y avait pas des faits suffisamment convaincants, on ne l’aurait pas gardé un seul jour. Et cette détention obéit aux dispositions de la loi anti-terroriste.

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Vous dites que ce cas est un résultat des performances des comités de vigilance sur le terrain. Qu’en est-il de la collaboration entre les forces de sécurité et les comités de vigilance sur le terrain ?
Grâce aux performances des comités de vigilance, Boko Haram se trouve à l’étroit. Vous savez, Boko Haram nous livre une guerre asymétrique. Ce n’est pas une armée contre une armée, mais une armée contre une nébuleuse. Le caractère invisible et imprévisible de cette secte terroriste, implique nécessairement l’information. Boko Haram n’est pas une formation ex nihilo. Il faut bien qu’ils vivent quelque part. Il faut bien qu’ils aient des accointances au sein des populations. Il faut qu’ils aient des réseaux quelque part. Nos forces de défense et de sécurité ainsi que les services de renseignement travaillent incontestablement et ça produit des résultats. Mais les comités de vigilance et nos populations apportent un supplément d’information. C’est pour cette raison qu’on ne peut pas parler de bilan maintenant. C’est maintenant que nos forces de défense et de sécurité et la Force multinationale mixte sont en train de monter en puissance.

Quel est l’apport des 300 soldats américains dont on a annoncé l’arrivée ?
Les Américains sont ici. C’est vrai qu’ils sont basés à Garoua au Cameroun, mais ils sont au service du Nigeria, du Tchad et de tous les pays de la ligne de front en matière de renseignement militaire pour la localisation de ce fléau qu’il va falloir à tout prix et le plus rapidement éradiquer.
Il ne faudrait donc pas que les uns et les autres, dans une volonté morbide d’intoxication et de désinformation, donnent une connotation différente et qui n’a rien à voir avec ce pourquoi les Américains sont ici. Je voudrais profiter de l’occasion pour dire que ce sont les Américains qui sont là aujourd’hui, demain ce sera la France, après demain la Grande Bretagne, viendra après la Chine. Lors du Sommet de Paris qui a réuni tous les pays de la ligne de front, les Etats Unis, la France, la Grande Bretagne, l’Union européenne et plusieurs autres pays se sont volontairement portés candidats à apporter soutien et assistance multiformes aux pays de la ligne de front. L’objectif étant d’éradiquer le terrorisme parce que comme le président Biya l’a dit ; «  à menace globale, riposte globale ».

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