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Introverti ? Cinq conseils pour casser votre coquille

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Réfléchi, doué pour l’intimité et la solitude, vous semblez parfois trop effacé, secret, voire indifférent. Qu’à cela ne tienne! Des leaders comme Bill Gates et Maurice Levy en ont fait une force. Les solutions de Gérard Rodach, coach et fondateur du cabinet Dalett pour changer cette image.

Le manager introverti n’est pas toujours à son aise dans l’entreprise qui est aujourd’hui dans « l’open » tous azimuts. Pourtant, ce type de personnalité n’est pas rare, les chercheurs estiment que 50% des dirigeants et 10% des middle managers relèvent de cette catégorie (1). Bill Gates, (ex Microsoft), Jeff Weiner (Linkedin) ou Maurice Levy (Publicis) sont ainsi considérés comme des leaders à la force tranquille. Souvent appréciés pour leurs qualités d’écoute et leur modestie, ces caractères suscitent pourtant une circonspection vis-à-vis du monde extérieur, ce qui peut les pénaliser. Cinq façons de composer avec votre environnement sans vous renier.

Difficulté n°1: « j’ai du mal à papoter sur tout et rien… et à bâtir un réseau »

Aller à la rencontre des autres dans les cocktails ou les salons professionnels est une épreuve: ça grouille de monde! Même devant la machine à café, vous tournez vite les talons. Vous exécrez le bavardage, la futilité, le small talk. Vous préférez les échanges approfondis, chargés de sens. Une telle attitude fuyante peut déconcerter. Et vous risquez de rater une information capitale sur une innovation, un poste qui se libère, une difficulté dans l’équipe.

Le conseil. Sélectionnez les personnes clé pour focaliser votre énergie sur elles. Non pas celles du 1er cercle, côtoyées au quotidien, mais celles du 2ème cercle, avec lesquelles vous avez des rapports directs de travail et du 3ème cercle, plus éloignées mais qui connaissent votre nom. Faîtes-vous présenter par un tiers auprès des inconnus, et conversez avec eux en petit comité. Echappez-vous par instant, en dehors de la salle, pour vous ressourcer au calme.

 Difficulté n°2: « j’ai du mal à faire valoir le travail de l’équipe… et le mien »

Vos troupes contribuent à un projet, mais pour une partie seulement. Du coup, l’ingéniosité qu’elles déploient pour régler les problèmes hérités des intervenants précédents, leurs bons résultats – dont les vôtres – sont noyés dans la masse. Or, vous répugnez à vous faire mousser auprès de la hiérarchie. L’équipe va vous en vouloir puisqu’elle reste dans l’ombre. De plus, c’est mauvais pour votre image et votre carrière.

Le conseil. Utilisez l’écrit, un mode de communication qui vous sied bien, car vous vous pauserez pour rédiger à votre allure. Réalisez de mini-rapports que vous donnerez à vos n+1 et +2 pour faire connaître l’activité de l’entité (et la vôtre) en soulignant les efforts, les avancées significatives. Cela laissera des traces.

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Difficulté n°3: « j’ai du mal à exprimer mes opinions »

Lors des réunions, les « grandes gueules » accaparent l’attention, empiétant sur votre territoire que vous peinez à défendre. Elles vous coupent la parole, parce que vous, vous avez besoin de réfléchir, de soupeser la question et vos propres positions avant de parler, alors que les extravertis, eux, réfléchissent en parlant. La spontanéité, le tac au tac, n’est pas votre fort!

Le conseil. Posez des questions ouvertes, pour faire passer des idées simples et découvrir ce que pensent les participants: « Que diriez-vous de ceci? ». Proposez d’élaborer la synthèse des débats car vous savez écouter et agréger les divers points de vue. Votre verbe étant rare, il n’en aura que plus de poids.

 Difficulté n°4: « j’ai du mal à dévoiler mes émotions »

Vous êtes taxé d’impassibilité, de placidité, voire de froideur. Il est vrai que face à une réussite comme à un raté, vous intériorisez la joie, la fierté comme la colère, la déception, la tristesse… L’équipe n’a pas de boussole « affective » sur ses réalisations alors que tout message passe aussi sur ce registre là.

Le conseil. Apprenez à dire « voilà ce que je ressens« . Que ce soit en positif ou en négatif, vous construirez la confiance, à défaut de vous extérioriser, vous exploserez. Recadrez si nécessaire, mais surtout, remerciez vos collaborateurs de leur implication, congratulez, fêtez, valorisez.

 Difficulté n°5: « j’ai du mal à encaisser la pression »

L’urgence et les contraintes vous tétanisent. Vous aimez suivre votre rythme et sentir que vous avez du temps. Oui, vous êtes capable de boucler tel dossier en deux heures, mais vous détestez qu’on vous impose un délai. Votre priorité, c’est de récolter tous les éléments. Vous n’êtes ni un lent, ni un indécis, mais un studieux et un perfectionniste. Ce que l’entourage, qui piaffe en vous attendant, ne saisit guère.

Le conseil. Lâchez prise en acceptant le principe que vous pouvez faire du bon boulot avec 80% ou 70% seulement des éléments nécessaires. Entourez-vous d’adjoints impétueux, vous leur délèguerez- ça, vous savez faire- tout ce qui relève du nécessaire à court terme et restez sur le stratégique.

Gérard Rodach est l’auteur de « Je suis introverti mais je me soigne », Dalettres, juin 2015. (1) Selon l’Industrial and Organizational Psychology, étude de 2009.

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