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Intrigue au sommet de l`État: voici pourquoi Alamine Ousmane Mey est persécuté

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Une étrange correspondance attribuée au ministre des Finances couvrant d’opprobre le ministre Adoum Gargoum, et le Dag de la présidence Hessana Mahamat, est actuellement aux mains de la police, pour enquête.Le ministre des Finances (Minfi), Alamine Ousmane Mey est aujourd’hui la cible des réseaux mafieux. En effet, ils lui attribuent la paternité d’un document défiant toute vraisemblance, adressé au chef de l’État le 2 décembre 2014. Une lettre dont la forme et le fond ne manquent pas de susciter de nombreuses interrogations.

Car, il faut le noter d’emblée, pour une correspondance «confidentielle» venant d’un ministre en fonction et supposée s’adresser au président de la République, les incohérences grossières et flagrantes qui y sont contenues, prouvent sans doute qu’il y a en toile de fond, une volonté manifeste de jeter l’opprobre sur le Minfi. Sinon, l’argentier national avait-il besoin d’utiliser le papier entête du ministère des Finances pour alerter Paul Biya sur les agissements de certaines élites du septentrion, en y apposant en plus son cachet et sa signature ? Là est la grande question qui taraude les esprits. Pour davantage mieux assimiler cette lettre à une messe de hiboux, on pointe çà et là, le style rédactionnel utilisé par son rédacteur. Pour preuve, si la correspondance se veut accusatoire, son auteur fait montre d’une méconnaissance des formules administratives. C’est d’ailleurs, entre autres incongruités, le crime imparfait qui saute à l’œil du lecteur qui parcoure le document, en son dépit, la phrase introductive : « Je m’en voudrais de grignoter quelques minutes de votre temps si précieux au service de la nation camerounaise pour soumettre à votre très haute attention, l’attitude pour le moins curieuse de Monsieur Hessana Mahamat… ».

Plus loin, pour brouiller les pistes, le contrefacteur décide malicieusement d’ajouter le nom du ministre délégué au ministère des Relations extérieures chargé du monde islamique, Adoum Gargoum, alors que l’objet de la correspondance est supposé avoir trait au seul directeur des affaires générales de la présidence. Le fabricateur soutient ainsi que ces deux fils du Logone et Chari, Hessana Mahamat et Adoum Gargoum, se sont associés pour « encourager les ressortissants de leur village respectif, à ne pas fournir des informations nécessaires à la traque des adeptes de la secte islamiste, Boko Haram ». À la réalité, passées les fautes de grammaire qui sont vraies que la lune, l’on note, à bien des égards, la légèreté du contenu de la lettre qui vise à provoquer de l’émoi au sein de l’opinion, en présentant grossièrement, Hessana Mahamat, le président de la commission des marchés de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), comme une victime résignée.


Kondengui.

Suffisant pour que, au regard de la panoplie des incohérences qui apparaissent de cette correspondance d’un autre genre, les fins limiers de la police s’en saisissent. Et, apprend-on, décident de jeter un faisceau de lumière sur ce document qui est faux. Et de confidences entrecroisées, les premières révélations indiquent que c’est le président du conseil d’administration de l’Agence de régulateur des télécommunications (Art), Hessana Mahamat, expert en stratégies obliques, qui en tiendrait lui-même, les cordes, au moment où il est attendu à bras ouverts au Tribunal criminel spécial pour détournement de près de 7 milliards Cfa, en coaction avec le directeur général, Jean Louis Beh Mengue. Selon de mauvaises langues, il serait de ceux qui soutiennent mordicus que le président de la République, Paul Biya, n’aurait pas dû porter son choix sur un jeune kotoko du Logone et Chari. Tant il est évident que la localité regorge de hauts fonctionnaires -pétris d’expérience et de surcroit grands militants du Rdpc- capables d’occuper de tels postes, pour faire d’un «newcomer» son ministre des Finances. «Voilà pourquoi, les hommes de médias et autres affidés du sénateur suppléant du Logone et Chari, sont, depuis quelques temps, mis à contribution pour nuire par tous les moyens au Minfi, en évoquant son manque militantisme au parti, oubliant tout de même que Paul Biya est le seul et lui seul, maître du jeu», confie un ancien ministre, originaire du septentrion.

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Pour une autre élite, «c’est justement ce qu’entreprend l’ancienne épouse de M. Hamadjangui, d’origine tchadienne, aujourd’hui épouse Hessana, en deuxième noce. En effet, dans les chaumières, il se raconte que c’est l’Honorable Halia Moussa -puisque qu’il s’agit d’elle, officiellement connue comme la dame sans laquelle Hessana Mahamat n’est rien- qui dispache à tour de bras, non sans brandir partout comme un trophée de guerre, le document tinté de rumeurs, de mensonges et d’invectives, pour crier haro». Et notre interlocuteur d’ajouter : «La même obsession est bizarrement observée ces derniers temps chez Hessana lui-même qui, semble se servir des armes d’un très puissant patron de groupe de presse et non moins opérateur économique, qu’on dit à tort ou à raison, proche du Dag de la présidence- qui depuis peu, a rejoint le club des affabulateurs et n’arrête plus d’égratigner Alamine Ousmane Mey, sur la base des histoires anecdotiques», suivez notre regard.

De réseaux. En tout cas, dans les salons huppés de la capitale, l’on qualifie toutes ces élucubrations ventilées contre le Minfi de pétard mouillé. Car, sachant le sens de la méfiance, de la retenue, de la discrétion et de la responsabilité de l’argentier national, l’on pense que ces histoires cousues de fil blanc (qui rentrent dans le registre des luttes du village pour le positionnement) seraient l’œuvre de M. Hessana Mahamat. Le Dag de la présidence ne rêverait plus que d’une chose : tuer le Kotoko pour prendre sa place. À défaut de le voir quitter le gouvernement, tel que souhaité depuis des mois, des tireurs à gage acquis aux anges des ténèbres sont mis à la remorque à coup de Cfa pour opposer les tribus Kotoko et Arabes-choas qui souhaitent pourtant vivre en paix. « Avec tout l’argent qu’Hessana Mahamat a amassé depuis qu’il est à la présidence, qu’est-ce qu’il a fait pour nous les Arabes Chaos ? Est-ce quand il sera ministre des Finances comme il le prétend en ce moment qu’il pensera à nous ? J’en doute fort. Qu’il n’utilise pas ce paravent là pour nous opposer à nos frères Kotoko », tranche net un Arabe Choas, rencontré à Yaoundé.

Davantage dans les cercles du pouvoir, il n’est pas rare qu’on justifie la rage vengeresse actuelle des détracteurs du Minfi, qui a réussi à diminuer de manière significative, l’hémorragie financière du fait de certains vautours insatiables. Malgré les sifflements de serpent et la médisance, les salaires des fonctionnaires sont régulièrement payés, de même pour les fournisseurs et autres prestataires en règle. À l’échelle internationale, les efforts de modernisation des finances initiés par le successeur d’Essimi Menye, sont appréciés. On comprend donc que, depuis le discours du doyen du corps diplomatique accrédité à Yaoundé, l’ambassadeur d’Algérie au Cameroun, Milat Toufik, en fin de séjour, félicitant la bonne santé économique et financière du pays de Paul Biya en ce moment, le patron des Finances est l’homme à abattre. Un homme qui jouit pourtant d’une virginité dans le concert des scandales qui meublent l’environnement sociopolitique camerounais. Mais, les pêcheurs en eaux troubles n’ont qu’à bien se tenir. Car, par le passé, des initiatives pareilles ont été prises, pour des résultats qu’on connait.


Remember.

Il y a quelques années, le sérail grouillait de sarcasmes sur l’ancien directeur général de la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) Emmanuel Etoundi Oyono, qui avait alors vu son casier judiciaire, sali. Ceci dans un scandale lié, on s’en souvient, à l’affaire d’un faux document -dont il était le commanditaire- attribué à l’ancien secrétaire général de la présidence de la République. L’homme aux lentilles, convaincu de ce que c’est Laurent Esso, alors Sg/pr, qui fut à l’origine de son limogeage à la tête du Port autonome de Douala (Pad), avait donc entrepris, par tous les moyens, y compris le faux et l’usage du faux, de ternir l’image de son «bourreau». À l’époque, la grossière manipulation, suivie d’un odieux chantage contre Laurent Esso, avait fini par entraîner (du fait des folies de M. Etoundi Oyono qui s’en est miraculeusement sorti, la complaisance de la justice aidant, de seulement une condamnation de six mois avec sursis pendant trois ans) le décès d’un journaliste, un innocent, sur cette route semée d’intrigues et de crimes de droit commun : Biby Ngota, de regrettée mémoire. Entre temps, les complices du commanditaire Etoundi Oyono, à savoir : Hervé Simon Nko’o est toujours en fuite, et Harrys Mintya Meka, sorti de prison, est devenu pasteur d’une église réveillée. À bon entendeur….

Yves Marc Kamdoum

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