Une berline introuvable, un proche indexé, une expatriée victime, le Tpi de Douala-Bonanjo juge. Costume et cravate sombres, chemise immaculée et chaussures neuves, l’homme dans le box des accusés du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo ce mardi, 25 août 2015 se présente comme un Dg de sociétés, élu local, marié, etc. « Trop de responsabilités » pour avoir le temps de s’occuper des « voitures des gens qui sont en France… ». Largement agacé et tout autant offensif, il a l’air de vouloir vraiment « qu’on en finisse avec cette affaire dont » il dit ne rien savoir.

Pour l’essentiel du moins. Car, a reconnu Etienne Songa accusé d’abus de confiance par une dame nommée Moreau, Camerounaise demeurant en France, il a juste donné quelque conseils et argent, introduit une demande de carte grise et une plainte au nom de son ancienne amie à la suite de la disparition d’une berline appartenant à cette dernière.

L’affaire commence en mai 2013. La voiture, fraîchement importée par Mme Moreau et transformée en taxi-brousse, disparaît du parking d’une station-service de Bonateki à Deido. Qui l’a enlevée ? Les enquêtes ouvertes et classées ne le disent pas. Ce qui est vrai c’est que M. Songa a retiré la plainte. Or, le chauffeur et le gardien entendus par les gendarmes le mettent en cause d’après des procès-verbaux lus par l’accusation.


Le premier assure que le prévenu était utilisateur de la voiture quand il a été amené à l’exploiter par l’entremise d’un parent. Lequel l’a mis en contact avec M. Songa et de fil en aiguille, avec la plaignante. Pis, d’après le gardien interrogé à la gendarmerie, c’est autour du mois d’août 2012 que le prévenu est venu garer la voiture à l’essencerie, lui annonçant qu’il cherchait un chauffeur. Ce qui est fait quelques semaines plus tard et ouvre la voie à une affaire dans laquelle le gardien est aussi dépositaire des clés et des recettes, sans connaître la propriétaire.

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Comment donc Etienne Songa se dit-il « observateur » et étranger ? C’est simple d’après lui : il a voulu aider une amie. Si elle s’est retournée contre lui en déclarant que le récépissé de la demande d’une carte grise qu’il lui a remis dans ce cadre est un faux, à elle de le prouver. Il est convaincu que la carte a été établie et attend sa titulaire. Pareillement, elle devra lui montrer un contrat de gestion qui l’autorisait à superviser l’exploitation de la voiture introuvable. Lui qui clame ne connaître le gardien que comme simple usager de la station-service et pas du tout le chauffeur.

Il n’y a certes pas de contrat écrit, reconnaît la plaignante mais « c’est bien lui qui m’a fourni le chauffeur et indiqué le lieu » où il préférait voir garée la voiture. Deux semaines après, il n’y avait plus de voiture et l’amitié entre les deux protagonistes a disparu avec elle. Ce d’autant plus que Mme Moreau a elle-même été interpellée comme faussaire au moment de retirer la carte grise demandée par son ex-ami, ce qui lui a mis la puce à l’oreille. Autant qu’une promesse qu’il aurait faite (niée par l’accusé) de remplacer la voiture volée. Le 22 septembre prochain, la suite du procès permettra au juge d’être mieux édifié.